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Suspendu après avoir mordu les cheveux d’une prof

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Un enseignant de Montréal a tenté de contester sa suspension pour avoir « mordu les cheveux » d’une collègue et tiré ceux d’une autre en guise d’avances.

« Aimes-tu ça quand les hommes font ça ? » a demandé l’enseignant Gary Lindner à une collègue à qui il venait de tirer les cheveux devant d’autres profs, peut-on lire en anglais dans un jugement du tribunal d’arbitrage rendu en avril.

M. Lindner travaillait depuis 33 ans à la Commission scolaire Lester-B.-Pearson. Il était responsable du programme de musique de l’Académie Beurling, une école secondaire anglophone de Verdun.

Le 22 septembre 2016, M. Lindner entre dans la salle des employés et se dirige vers une des enseignantes qui discute avec des collègues.

Prise de tête

« Il lui fait une prise de tête au niveau du cou et lui mord les cheveux sur le dessus de la tête. » La femme, qui « sent de la salive sur sa tête », est alors « en état de choc », raconte-t-on dans le document.

Quelques secondes plus tard, M. Lindner s’approche d’une autre collègue, puis « agrippe ses cheveux en queue de cheval et les tire tout en lui demandant si elle aimait [cela] », relate le jugement.

Plus tard dans la journée, il croise la première enseignante, s’approche d’elle et « l’enlace ». Quand elle s’éloigne vers la voiture, il lui demande « où elle s’en va et si elle est mariée », indique-t-on.

Le prof suspendu avait déjà l’habitude d’envoyer des messages non reliés au travail à la seconde enseignante.

« Je t’observe et tu m’intéresses même si je dois attendre en file », lui écrivait-il dans un courriel en juin 2015.

M. Lindner a écopé d’une suspension de 20 jours pour ses gestes de septembre 2016. Son syndicat a déposé un grief pour contester cette punition.

Pas sexuel ?

Lors des audiences, l’enseignant s’est défendu en expliquant que ses actions n’avaient pas de connotation sexuelle, mais relevaient de « blagues » et d’une certaine maladresse, peut-on lire.

« C’était une mauvaise journée. Tout ce que j’essayais de faire pour m’excuser ne faisait qu’empirer les choses », a-t-il argué.

L’arbitre a plutôt retenu la version des victimes au détriment des explications « peu crédibles » de M. Lindner.

Par exemple, il niait avoir mordu les cheveux d’une prof, mais il lui a tout de même envoyé un texto disant « j’ai appris que tu étais inconfortable que j’aie mangé tes cheveux ».

Estimant que les actes étaient bel et bien de « nature sexuelle », l’arbitre a finalement rejeté le grief et ainsi donné raison à la commission scolaire.

M. Lindner ne fait toutefois face à aucune accusation criminelle en lien avec ces événements.

Au moment de publier, ni la commission scolaire, ni le syndicat, ni M. Lindner n’avaient répondu à nos messages.