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Une mère souhaite que Québec paie

Ni la Régie de l’assurance maladie ni les assurances privées ne remboursent un appareil pour les diabétiques

Michaella Etienne
Photo PIerre-Paul Poulin Michaëlla Étienne espère faire bouger les choses et obtenir le remboursement par la Régie de l’assurance maladie du Québec d’un appareil qui lui permet de suivre en temps réel sur son cellulaire le taux de sucre dans le sang de sa fille diabétique, Annie. 

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Une mère de famille part en croisade pour obtenir le remboursement par la RAMQ d’un appareil « essentiel » pour sa fille diabétique de 4 ans et qui pourrait changer la vie de dizaines de milliers de Québécois, selon un expert.

« Ce n’est pas un luxe, c’est un outil médical essentiel », plaide Michaëlla Étienne, dont la fille de 4 ans a reçu, il y a deux ans, un diagnostic de diabète de type 1.

Sauf que la maladie de l’enfant ne présente pas de symptômes. Son taux de sucre peut donc radicalement chuter, sans même que sa mère s’en rende compte, ce qui pourrait provoquer de graves conséquences pour la fillette, explique l’endocrinologue Rémi Rabasa-Lhoret.

Grâce à des connaissances aux États-Unis, Mme Étienne a appris l’existence d’un appareil qui permet de suivre en temps réel le taux de sucre de sa fille grâce à son téléphone : le Dexcom.

5000 $ par année

Or, il en coûte près de 5000 $ par année pour se procurer et faire fonctionner cet appareil (incluant des cartouches au prix de 89 $ chacune qui doivent être changées tous les 14 jours, estime Mme Étienne.

Mais son usage est si bénéfique que de nombreux patients comme elle n’hésitent pas une seconde à débourser l’argent nécessaire pour se le procurer même s’il n’est pas remboursé par les assurances privées, explique le Dr Rabasa-Lhoret.

« C’est très rare pour un médecin de voir ça. Les gens comprennent tout de suite les avantages [de ce dispositif]. Sans même réveiller les enfants, on peut mesurer leur taux de sucre », ajoute l’endocrinologue qui soutient que de 30 000 à 50 000 personnes au Québec sont atteintes du diabète de type 1 et pourraient en profiter.

Sans cela, les personnes diabétiques doivent se piquer plusieurs fois par jour, parfois à plus d’une dizaine de reprises, pour faire le suivi du taux de sucre dans leur sang.

Une Pétition

Après avoir fait des appels, envoyé des lettres et même contacté le cabinet de la ministre de la Santé, Danielle McCann, Mme Étienne s’est finalement tournée vers l’Assemblée nationale, où elle a récemment déposé une pétition.

Elle réclame que les appareils de suivi du glucose en continu, comme le Dexcom, soient remboursés par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ).

« Il y a des appareils qui sont disponibles pour aider les populations les plus vulnérables, dont les enfants. Ce doit être remboursé », plaide Mme Étienne, selon qui de nombreuses familles comptant des enfants diabétiques ne peuvent se permettre une telle dépense.

La ministre McCann vient tout juste d’autoriser le remboursement d’un appareil du même genre, le Freestyle Libre, après une étude de l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux diffusée en octobre dernier.

Un avis en ce sens doit être publié dans les prochains jours, a appris Le Journal.

Un premier pas

Or, plusieurs critères doivent être respectés pour obtenir le remboursement de cet appareil qui serait toutefois moins fiable que le Dexcom.

Notamment, les personnes qui souhaitent être dédommagées pour le Freestyle Libre doivent être âgées de 18 ans et remplir plusieurs conditions médicales.

Il s’agit d’un pas dans la bonne direction, selon Mme Étienne, qui garde espoir que d’autres appareils plus adaptés aux besoins de sa petite fille seront éventuellement remboursés par la RAMQ.