/news/health
Navigation

Cancer de l’ovaire: elle veut sensibiliser les femmes

Une survivante du cancer des ovaires souhaite faire connaître davantage cette maladie sournoise

Coup d'oeil sur cet article

 Foudroyée par un très grave cancer de l’ovaire, une survivante de Charlevoix souhaite sensibiliser les femmes à cette maladie méconnue et insidieuse qui, en plus, est difficile à diagnostiquer. 

 « Le cancer s’est attaqué à un organe qui est capable du beau. J’ai donné la vie à mes trois filles grâce à cet organe et ironiquement, il va m’enlever la mienne », lâche Katia Bilodeau. 

 En décembre dernier, cette mère de famille et infirmière âgée de 46 ans s’est présentée à l’urgence pour ce qu’elle croyait être une hernie ombilicale apparue au fil de ses entraînements. Or, le médecin lui annonce qu’elle souffre d’un très grave cancer gynécologique ou gastrique, avant de lui suggérer d’aviser ses enfants et son conjoint. 

 « Je me souviens d’avoir enlevé mes souliers, de leur avoir dit, et ils sont partis à rire. Ils ne me croyaient pas. J’étais tellement en forme et je n’avais aucun symptôme », dit Mme Bilodeau. « Un mois plus tôt, j’avais passé des prises de sang et subi un examen gynécologique, et tout était beau. C’était la surprise totale. » 

Un mois avant de savoir qu’elle souffrait d’un cancer des ovaires de stade 4 avec métastases, Katia Bilodeau avait passé des prises de sang et subi un examen gynécologique dont les résultats ne démontraient aucune trace de la maladie.
Photo courtoisie
Un mois avant de savoir qu’elle souffrait d’un cancer des ovaires de stade 4 avec métastases, Katia Bilodeau avait passé des prises de sang et subi un examen gynécologique dont les résultats ne démontraient aucune trace de la maladie.

 « Difficile à diagnostiquer » 

 L’infirmière de profession affirme que ce type de cancer est « extrêmement méconnu » et très difficile à diagnostiquer par l’absence de symptômes. 

 « Au travail, je palpe des utérus après l’accouchement et je n’ai même pas été capable de voir ça chez moi, c’est vraiment sournois et difficilement détectable. C’est souvent détecté trop tard, quand un cumul de symptômes apparaît, ou encore inopérable », affirme Mme Bilodeau dont l’état s’est rapidement détérioré, au point où elle peinait à se lever et à s’habiller le matin, deux jours après sa consultation. 

 L’ascite, soit une accumulation de liquide dans l’abdomen, lui donnait « l’effrayante » impression qu’elle allait étouffer. Elle est donc retournée à l’urgence où elle a été hospitalisée jusqu’à sa biopsie, le 24 décembre, avant d’apprendre qu’elle souffrait d’un cancer de l’ovaire de stade 4 avec métastases. 

 « Le choc s’installe immédiatement. Tu ne dors plus. Les symptômes s’intensifiaient, j’avais peur de mourir. J’ai pleuré pendant tout le temps des Fêtes. On n’a pas eu de réveillon. Je n’écoutais plus la télé. J’ai arrêté de vivre, c’est pas compliqué, le temps s’arrête », avoue l’infirmière qui a été opérée le 14 janvier, deux jours après le diagnostic. 

 Ainsi, Mme Bilodeau a notamment subi une hystérectomie où l’utérus et ses ovaires ont été retirés, de même que l’ascite et les métastases. Puis, elle a amorcé des traitements de chimiothérapie qui se sont terminés récemment. 

Son conjoint, Jean-François Boies, de même que ses trois filles, Laurence, Maude et Émilie Bouchard, l’ont épaulée afin de l’aider à traverser cette rude épreuve.
Photo courtoisie
Son conjoint, Jean-François Boies, de même que ses trois filles, Laurence, Maude et Émilie Bouchard, l’ont épaulée afin de l’aider à traverser cette rude épreuve.

 En rémission 

 « On m’a dit que je suis en rémission pour 18 à 36 mois, si je suis chanceuse, avant que ça ne revienne parce que j’ai un cancer agressif. [...] J’ai le spectre de la mort qui plane au-dessus de ma tête, alors je profite du moment présent avec mes enfants. » 

 Le rêve de Mme Bilodeau est que le cancer de l’ovaire devienne aussi connu que celui du sein ou de la prostate, chez l’homme. Elle entend participer à la Randonnée de l’espoir le 8 septembre prochain, dont l’objectif est d’amasser des fonds destinés à cette cause. 

 « Je veux m’impliquer pour qu’il y ait de l’argent pour la recherche de tests de dépistages, de nouveaux traitements et aussi pour mieux faire connaître cette maladie. Pour que les femmes soient en mesure de reconnaître un peu plus les signes, même s’ils sont quasi inexistants », partage la mère de famille. 

 « La vie a décidé de me stopper. De me voler ma liberté. Je voudrais avoir encore des dizaines d’années devant moi. J’espère que la science va avancer suffisamment, mais je n’ai pas l’impression qu’ils peuvent faire des miracles. » 

 Cancer de l’ovaire  

  •  Maladie extrêmement méconnue et difficile à diagnostiquer. Les symptômes apparaissent généralement quand la tumeur croît et entraîne des changements dans le corps. 
  •  2800 Canadiennes reçoivent un diagnostic chaque année. 
  •  1800 en sont décédées en 2017. 
  •  Une femme sur deux ne survit pas au-delà de 5 ans. 
  •  Le taux de survie moyen au-delà de 5 ans est de 44 %. 
  •  Le taux de survie des femmes n’a pas augmenté depuis 50 ans. 
  •  La Randonnée de l’espoir aura lieu le 8 septembre dans 35 villes du Canada. 
  •  Elle vise à amasser des fonds afin de soutenir les femmes atteintes, de sensibiliser la population et de financer la recherche. L’objectif est d’amasser 25 000 $ lors de l’événement, à Québec.