/opinion/columnists
Navigation

La bataille de l’air conditionné

Coup d'oeil sur cet article

Elle est de retour, aussi prévisible que le train de cinq heures, la sempiternelle discussion que j’ai avec ma blonde chaque été, à savoir si nous devrions doter notre logis d’un système de climatisation.

Pas d’avance

Je supporte mal la chaleur, mais je crois que la poignée de nuits trop chaudes dans un été québécois normal ne justifie pas l’achat et l’installation d’un appareil qui va finir par fonctionner en permanence. Nous habitons un rez-de-chaussée (et je suis peut-être un peu cheap aussi).

Ma conjointe argue que, les deux derniers étés, on a eu plus d’une dizaine de nuits caniculaires, que la tendance ne va pas aller en baissant et que bien dormir, ce n’est pas quelque chose sur lequel on devrait chercher à économiser.

Personnellement, je continue de penser que de lutter contre les effets des changements climatiques en contribuant à les accentuer, ça revient un peu à tourner en rond.

Irréversibles

Selon les travaux, rapportés dans nos pages, du Dr Pierre Gosselin de l’Institut national de santé publique et spécialiste de l’effet du climat sur la santé humaine, il faudra se résoudre à avoir plus de jours plus chauds, comme l’été dernier où 90 personnes sont mortes de chaleur. Dans la région de Montréal, les jours de chaleur intense passeront d’une douzaine à une quarantaine d’ici 20 ans.

Les effets se font sentir depuis longtemps. Les pertes annuelles causées par des événements météorologiques extrêmes au Canada sont passées d’une moyenne de 405 millions $, de 1983 à 2008, à 1,8 milliard $, de 2009 à 2017. La maladie de Lyme et le virus du Nil progressent.

Ces changements sont plutôt irréversibles. Il faut davantage s’adapter, en plantant des arbres pour réduire les îlots de chaleur, par exemple.

Bref, il semble bien que je sois en train de perdre la bataille de l’air conditionné et que je doive bientôt contribuer à étendre les îlots de chaleur dans mon quartier.