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La France en liesse

Julian Alaphilippe est le premier cycliste de l’Hexagone à porter le maillot jaune depuis 2014

Auteur d’un brillant numéro en solitaire, Julian Alaphilippe a endossé le maillot jaune après sa victoire à Épernay.
Photo AFP Auteur d’un brillant numéro en solitaire, Julian Alaphilippe a endossé le maillot jaune après sa victoire à Épernay.

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ÉPERNAY | Au sommet de ses ambitions, le Français Julian Alaphilippe est devenu le cycliste le plus en vue sur la planète lundi, dans la capitale du champagne.

Après une attaque dévastatrice au meilleur moment, Alaphilippe a brillamment remporté la 3e étape du Tour de France, endossant du même coup un maillot jaune « pétillant », le premier soleil d’une belle carrière après le maillot à pois l’an dernier.

Pour l’arrivée au pays après deux jours en Belgique, Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) a fait plaisir à tout un peuple à Épernay, où le champagne coule à flots. Aucun Français n’avait porté le jaune sur le Tour depuis Tony Gallopin, qui l’avait arboré une seule journée, en 2014.

« Ce n’était pas prévu que je fasse les 15 derniers kilomètres tout seul, mais j’étais concentré sur cette étape et je voulais gagner », a résumé le champion. Au classement général, Alaphilippe possède 20 secondes d’avance sur le jeune Belge Wout Van Aert, et 25 secondes sur Steven Kruijswijk, tous deux chez Jumbo-Visma.

Un coup fatal

Dans la côte de Mutigny, Alaphilippe a fondu sur le Belge Tim Wellens (Lotto-Soudal) pour s’enfuir seul avec 15 km à faire dans cette étape. Ce coup décisif a pavé la voie au plus beau jour de sa vie. Même le Colombien Egan Bernal (Ineos) l’a regardé partir sans essayer de le contrer.

Auteur de plusieurs succès cette saison, le puncheur a résisté au retour de ses adversaires sans être vraiment menacé. À 27 ans, la vedette signe ainsi une troisième victoire d’étape en carrière après un superbe numéro en solitaire, dont lui seul a le secret. En 2018, il avait aussi gagné deux étapes. Le profil de la 4e étape mardi joue en sa faveur pour conserver sa tunique au moins un jour de plus.

Les attaquants Michael Matthews, Jasper Stuyven, Greg Van Avermaet et le Slovaque Peter Sagan, confortable avec le maillot vert, ont complété le top cinq du jour, à 26 secondes du gagnant. Cette étape, longue de 215 km, a été avalée à un train d’enfer par le peloton avec une moyenne de 46 km/h.

Wellens à l’attaque

Bien positionné dans l’échappée du jour, Tim Wellens avait d’abord faussé compagnie à ses partenaires pour prendre la tête de course à 48 km de l’arrivée, soit à 5 km de la première ascension classée. Le vainqueur du Grand Prix de Montréal en 2015 avait pourtant augmenté son avance à 1 min et 45 s, avant l’accélération fatale du Français Alaphilippe que personne n’a pu suivre.

Toujours à la recherche d’une première étape sur le Tour de France, Wellens n’a pas tout perdu puisqu’il portera le maillot à pois de la montagne mardi au départ à Reims.

En bonne forme, le Canadien Michael Woods s’est également montré à l’avant dans la côte de Mutigny, mais Alaphilippe était imbattable, a-t-il confié.

« J’ai essayé de faire quelques points, mais la bosse n’était peut-être pas assez longue pour moi. Je ne pouvais pas suivre Alaphilippe aujourd’hui (lundi). Il était vraiment très fort », a expliqué l’Ontarien de 32 ans, qui se replace à la 11e position du classement général à seulement 51 secondes du maillot jaune.

Après un week-end extraordinaire, le Néerlandais Mike Teunissen a perdu près de cinq minutes lundi et son rêve est terminé.

Mission accomplie pour Hugo Houle

Après trois jours de course, Hugo Houle répond aux attentes de son équipe.
photo jean-françois racine
Après trois jours de course, Hugo Houle répond aux attentes de son équipe.

L’attaque dévastatrice de Julien Alaphilippe a sonné la fin des hostilités pour Hugo Houle, qui avait alors rempli son mandat de bien positionner son capitaine en première ligne.

Chez Astana, Jakob Fuglsang a terminé à l’avant avec les favoris de ce Tour de France 2019. Les craintes semblent donc complètement dissipées. Il n’a pas cédé une seule seconde.

« Je l’ai placé dans le muret et c’était son terrain de jeu. Je pense qu’on a fait ça à la perfection dans la montée où Alaphilippe a attaqué. Après je me suis écarté. Ça va placer les cartes. C’était tendu toute la journée », a commenté son coéquipier Hugo Houle, satisfait de sa journée de travail.

Au boulot

Pour les amateurs de chiffres, Houle a complété le parcours à 8 min 35 s du gagnant, ce qui le place au 85e rang du classement général. Jusqu’ici, le Québécois suit les consignes du patron à la lettre. « Ma job était faite. Je suis rentré tranquille. C’était une bonne journée et tout le monde va être rassuré et un peu plus calme. Je suis content de voir que Fuglsang était à l’aise. »

Après la déconfiture du premier jour, toute l’équipe Astana s’est placée aux avant-postes dès le départ. « On ne voulait pas prendre de chance. Ça nous a coûté un peu plus d’énergie. Il y avait beaucoup de villages et de petites routes. On sentait le stress dans le peloton », a-t-il ajouté.

Houle a également salué la victoire du Français Julian Alaphilippe. « Il est impressionnant. Ça prend du panache pour sortir comme ça en solitaire. Il mérite pleinement son maillot jaune. »

Des stratégies

Mardi, entre Reims et Nancy, l’arrivée semble promise aux sprinteurs sur une dernière ligne droite de 1500 mètres. À environ 15 km de la fin, une ascension longue de 3,2 km à 5 % de moyenne pourrait toutefois brouiller les cartes. Un coup de bordure peut aussi faire des dégâts pour ceux qui sont moins vigilants.

« Les côtes sont moins raides et c’est plus roulant dans le final. Il y a des équipes qui vont vouloir rouler très vite pour faire sauter les sprinteurs comme Dylan Groenewegen ou Peter Sagan. Il faut voir le vent aussi. Si ça souffle de côté, ça risque d’être un facteur. »

La route est encore longue avec 18 étapes à faire et plusieurs ont déjà un œil sur l’arrivée de jeudi en montagne.

Classement général provisoire

  • Julian Alaphilippe (DQT) en 9 h 32 min et 19 s
  • Wout Van Aert (TJV) à 20 s
  • Steven Kruijswijk (TJV) à 25 s
  • George Bennett(TJV) à 25 s
  • Michael Matthews (SUN) à 40 s

À l’infirmerie lundi

  • Simon Geschke (CCC)
  • Patrick Bevin (CCC)
  • Benjamin King (TDD)
  • Stephen Cummings (TDD)
  • Jack Haig (MTS)
  • Lars Bak (TDD)
  • Kasper Asgreen (DQT)

Sur la route...

À Épernay, l’avenue de Champagne, aussi baptisée « Champs-Élysées du champagne », est réputée pour ses dizaines de kilomètres de galeries creusées pour abriter des millions de bouteilles.

MARDI : Étape 4

  • Reims/Nancy
  • 213,5 km