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Lueur d’espoir pour des centres de tri touchés par la crise du recyclage

La fermeture d’un centre et l’enfouissement de ballots sont évités de peu

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 Deux centres de tri de l’Est-du-Québec durement touchés par la crise du recyclage sont en sursis. L’un a pu éviter d’enfouir son recyclage alors que le deuxième, qui menaçait de fermer, renégo­ciera ses contrats avec les villes. 

 Il y a deux semaines, notre Bureau d’enquête révélait que la Régie intermunicipale de traitement des matières résiduelles de Gaspésie (RITMRG) comptait envoyer au dépotoir des tonnes de plastiques qui s’entassaient depuis 18 mois, faute de trouver des acheteurs. 

 De son côté, le centre de tri de Mont-Joli qui reçoit le recyclage de 97 municipalités menaçait de mettre la clef sous la porte, après plus de 22 mois dans le rouge. 

 Les ballots qui s’accumulaient dans la cour de la régie des matières résiduelles de Gaspésie n’ont pas été enfouis puisque depuis la médiatisation de la situation, des acheteurs de matières recyclables se sont manifestés. 

 « J’ai senti qu’il y avait beaucoup de réactions, donc je suis assez confiante, mais il faudra rester vigilant et maintenir la cadence, précise la directrice de la Régie Nathalie Drapeau. Ça sort, mais au compte-gouttes. » 

 Par contre, pour éviter d’autres accumulations de la sorte, le centre de tri ne recycle plus les sacs en plastique et certaines fibres (cartons et papier) contaminées. 

 « On trie un peu différemment, explique Mme Drapeau. On n’accumule plus les sacs en plastique. On les laisse passer jusqu’à l’enfouissement d’ici à ce qu’on trouve une solution permanente. » 

 Pas avant l’automne 

 Le gouvernement prévoit une enveloppe de 100 millions $ pour améliorer la gestion des matières résiduelles, avait rappelé le ministre de l’Environnement Benoit Charette, en réaction à notre reportage. 

 Le détail de ce plan sera présenté cet automne, mais d’ici là, il n’envisage pas d’aide d’urgence pour éviter la fermeture du centre de Mont-Joli. 

 Le Groupe Bouffard qui gère ce centre de tri ne pourra pas attendre l’automne. Après discussion avec les municipalités et les MRC, il a été convenu de tenir une rencontre d’ici la fin de l’été afin de discuter d’une aide financière, mais aussi de réouverture des contrats. 

 « On s’est mis en mode solution, a confirmé Vincent Dufour, coordonnateur en gestion des matières résiduelles pour les MRC La Métis et Matapédia. Il ne faut pas que les opérations cessent, parce que du point de vue tant environnemental qu’économique, ce serait choquant, sans parler de la confiance du public envers le système de collecte. » 

 Signer de nouveaux contrats 

 Dominique Bouffard, président du Groupe Bouffard, ne voit pas d’autres solutions que la signature de nouveaux contrats. « Si quelqu’un ne veut pas, il se trouvera un autre centre de tri », dit-il. 

 Il souhaiterait des ententes permettant de moduler les prix en fonction des prix de vente, comme cela se fait avec le pétrole.