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Saskatchewan, tu m’as pris ma flamme

François Legault
Photo d’archives François Legault, critique péquiste en matière de finances, en 2007, soutenait que le Conseil de la fédération était nuisible.

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François Legault au Conseil de la fédération, qui s’ouvre ce matin à Saskatoon, ce n’est quand même pas banal !

D’abord parce que Legault a été un souverainiste ardent, auteur du « budget de l’an 1 » entre autres.

Ensuite, parce que dans l’opposition péquiste, il a très souvent soutenu que ce Conseil – invention de Jean Charest et de son ministre Benoît Pelletier –, qui réunit les provinces pour faire pression sur le fédéral, était inutile, voire nuisible.

En 2005 par exemple, critique en matière de finances, Legault soutenait que Charest et Pelletier avaient tout « misé sur une collaboration entre provinces pour faire avancer le fédéralisme ». Or, disait Legault, ces deux-là devaient « regarder les choses en face : leur stratégie a échoué sur toute la ligne », notamment en matière de financement de la santé.

En février 2007, dans le débat sur le déséquilibre fiscal, il notait que ce même Conseil ne se réunissait « même plus, par peur des chicanes. Ils font leurs rencontres par téléphone. Le Conseil est devenu une famille dysfonctionnelle ».

Un appui opportun

Quel contraste avec les derniers mois, où M. Legault, au contraire, semble avoir tout fait pour rendre plus fonctionnelle la famille des PM du Dominion.

Premièrement, il a rétropédalé sur sa dénonciation, l’automne dernier, du « pétrole sale » de l’Ouest, qui avait soulevé l’ire des premiers ministres de l’Ouest. Depuis le début de 2019, M. Legault a toujours refusé de reprendre ces termes, qu’il a qualifiés de « mal choisis ». Au reste, il a fermement appuyé le projet « Gazoduq » de 750 km qui aboutirait à Saguenay et permettrait l’exportation du gaz de l’Ouest.

Mais c’est hier que la nouvelle la plus favorable à l’harmonie du Conseil est tombée : le gouvernement Legault a annoncé qu’il interviendra, du côté de la Saskatchewan, dans la contestation de la taxe fédérale sur le carbone.

Le premier ministre de la « land of living skies », Scott Moe, tressaillait de joie, raconte-t-on. Tellement que les PM de l’Ouest, qui se sont réunis avant le Conseil de la fédération, ont renoncé à adopter une résolution contre la loi 21 sur la laïcité, ce qu’avait proposé Brian Pallister, PM du Manitoba, qui disait y voir une « menace à nos libertés et à notre réputation en tant que pays ».

Lorsqu’ils seront questionnés sur le sujet, les PM de l’Ouest se borneront à dire qu’ils n’adopteraient pas une loi semblable, mais que c’est l’affaire du Québec.

Legault a raison

Quant à l’appui du Québec à la contestation de la taxe carbone fédérale, le gouvernement Legault a de bons arguments. Il ne s’agit pas de nier la nécessité de lutter contre les changements climatiques, mais de déterminer quel palier, dans une fédération comme le Canada, doit le faire et comment.

Or, le gouvernement Trudeau a opté pour une manière et un argumentaire (« la paix, l’ordre et le bon gouvernement ») qui pourraient justifier à l’avenir des intrusions massives dans de nombreux champs de compétence provinciaux. Le gouvernement Legault, nationaliste, ne pouvait rester les bras croisés. Même sa propre bourse du carbone risquait d’en pâtir.

 

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