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Calme ton drame!

Calme ton drame!
Photo courtoisie compte Twitter Jean-François Roberge

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Quand j’étais petit et que je me chicanais avec mon jeune frère pour une peccadille, ma mère nous disait de calmer notre drame sans plus de considération pour nos larmes ou notre rage. Si ma mère était encore de ce monde, il y a fort à parier qu’elle reprendrait la même formule pour les enragés des réseaux sociaux et les journalistes canadiens qui s’excitent pour une photo du ministre Roberge au côté de Malala Yousafzaï. Elle en dirait autant probablement au Conseil national des musulmans et à l’Association canadienne des libertés civiles pour leurs recours juridiques!

La loi québécoise plus que modérée sur la laïcité exige que certains employés de l’État ne portent pas de signes religieux dans l’exercice de leur fonction. C’est le cas pour les personnels en autorité y incluant le personnel enseignant et le personnel de direction d’écoles à qui on demande d’avoir apparence de neutralité en plus de l’être dans la dispensation des services. Toutes ces personnes pourront continuer de porter leurs signes religieux en dehors de leurs heures de travail, car la loi n’a pas consacré la disparition de tous les signes religieux dans l’espace public. Toutefois, la loi affirme la neutralité de l’État et pose des contraintes plus grandes à certains employés qui ont un pouvoir de contrainte ou un devoir de modèle.

Comme l’exprimait le premier ministre Legault, le Québec est loin de faire œuvre de pionnier en matière de laïcité alors que de nombreux pays ont déjà les mêmes restrictions et parfois plus. La chose est simple, aurait dit ma mère, si tu veux faire certains métiers, tu devras te plier aux exigences du poste. Pas de port de signes religieux pendant les heures de travail est loin de constituer une contrainte excessive et grand bien fera à ceux qui ne peuvent s’y résoudre de ne pas postuler. Il y a effectivement certaines contraintes vestimentaires posées pour exercer certains métiers et les personnes qui ne peuvent se résoudre à porter l’habit, à mettre un filet sur leurs cheveux ou même à les couper doivent s’orienter vers d’autres métiers.

Ce qui est en cause, c’est un choix de la société québécoise que certains groupes voudraient contrer au nom d’une liberté qui est loin d’être brimée. Chaque camp peut avoir ses excellentes justifications, mais il arrive un jour en démocratie où la santé d’une société s’exprime par un vote majoritaire et le ralliement à la mouvance gagnante. Que des journalistes canadiens fassent dans le Québec « bashing », nous en avons l’habitude et il ne faudrait pas s’user à tenter de leur expliquer quoi que ce soit, car ils n’ont surtout pas envie de comprendre la volonté des Québécois. 

Je demeure toutefois plus perplexe avec les professionnels de l’information du Québec qui nourrissent le ressentiment avec la photo du ministre Roberge au côté de madame Malala, certains allant jusqu’à affirmer qu’il manque de sens politique et que c’était plutôt ironique de le voir à ses côtés. On se calme le pompon, car il y en aura beaucoup d’autres photos de ministres caquistes au côté de citoyens de différentes confessions arborant des signes religieux. La loi sur la laïcité ne rend pas infréquentable les personnes arborant un signe religieux et il était de bon ton que le ministre pose avec cette héroïne pour ensuite en diffuser la photo avec fierté. Si madame Malala veut vivre au Québec elle devra le faire en considérant les contraintes de notre société comme les Québécois qui veulent vivre ailleurs doivent le faire, tenue vestimentaire incluse.

Les opposants à la loi sur la laïcité voudraient qu’elle soit suspendue en argüant qu’il n’y a pas crise et qu’elle est inutile, le gouvernement peut rétorquer que la loi 21 n'est pas un drame et qu’il est de son ressort d’instituer des lois d’intérêt public.

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