/news/green
Navigation

Deux carcasses d’un mammifère en péril ont été saisies à Montréal

Une enquête mondiale a réservé des surprises aux agents canadiens

Une photo d’un pangolin vivant, un petit animal qui vit en Afrique et en Asie.
Photo Adobe Stock Une photo d’un pangolin vivant, un petit animal qui vit en Afrique et en Asie.

Coup d'oeil sur cet article

Pour la première fois au pays, les douaniers ont saisi deux carcasses de pangolin, ce mammifère le plus braconné au monde, à l’aéroport de Montréal, ce printemps, dans le cadre d’une enquête mondiale contre le braconnage. 

«Comme c’est la première fois qu’on voit ça ici au Canada, nos agents vont gratter un peu», promet le directeur général de l’application de la loi sur la faune chez Environnement et Changement climatique Canada, Sheldon Jordan, qui a fait le bilan mercredi de l’opération Thunderball au pays. 

Les deux carcasses provenaient du Cameroun, dit-il, ajoutant qu’une enquête est en cours. 

Deux carcasses de pangolins ont été saisies ce printemps à l’aéroport Montréal-Trudeau par des douaniers, dans le cadre de l’opération mondiale Thunderball contre le braconnage.
Photo courtoisie, Environnement et changement climatique Canada
Deux carcasses de pangolins ont été saisies ce printemps à l’aéroport Montréal-Trudeau par des douaniers, dans le cadre de l’opération mondiale Thunderball contre le braconnage.

Pénis d’ours noirs 

Ce petit animal d’Afrique et d’Asie, recouvert d’écailles, est très menacé. En 2017, une étude mondiale estimait que jusqu’à plus de deux millions de pangolins étaient capturés chaque année. Comme pour de nombreux animaux victimes de braconnage, certaines cultures lui prêtent des vertus miraculeuses. 

Les pangolins n’étaient pas la seule surprise qui attendait les agents du ministère. Surveillant la chasse à l’ours en Ontario, au Nouveau-Brunswick et en Saskatchewan, ils ont saisi 16 os de pénis d’ours noirs. Du jamais-vu, selon M. Jordan, qui ajoute avoir aussi épinglé des testicules et des pattes d’ours. 

Auparavant, c’était surtout la vésicule biliaire de l’ours qui était prisée par les braconniers. 

D’autres saisies canadiennes incluent aussi des cornes d’antilopes des steppes, du caviar d’esturgeon et des pilules amaigrissantes contenant du hoodia, une plante africaine en péril. 

Hirondelles de rivage 

Les efforts du ministère se sont aussi portés sur les espèces canadiennes en péril. M. Jordan souligne que cinq chantiers de construction, dont deux à Montréal, ont été frappés d’une ordonnance pour cesser les travaux afin de protéger les hirondelles de rivage. 

L’espèce a vu sa population s’effondrer de 98 % en 40 ans, souffle-t-il. Ces hirondelles se retrouvent souvent dans les carrières, puisqu’elles creusent des tunnels dans le sol pour y faire leur nid. 

109 pays 

Un record de 109 pays ont participé ce printemps à l’opération Thunderball d’INTERPOL. 

Au-delà des résultats canadiens, les saisies mondiales ont permis de reprendre des milliers de mammifères, reptiles, tortues ou plantes. Six cents suspects ont aussi été identifiés. 

Selon Sheldon Jordan, il faut éviter de penser au braconnage comme uniquement celui d’espèces exotiques à des centaines de kilomètres de chez nous. Car le braconnage est «bien présent» au Canada, tant dans l’importation que dans l’exportation. 

«Ça nous affecte», poursuit-il à propos des 2550 mètres cubes de bois illégal saisis. 

«Ça coupe le marché pour les produits d’ici», rappelle-t-il, soulignant que de 15 à 20 % du bois sur le marché mondial proviendrait de coupes illégales. 

CE QUI A ÉTÉ SAISI À TRAVERS LE MONDE  

  •  23 primates vivants 
  •  30 grands félins 
  •  440 défenses d’éléphant 
  •  5 cornes de rhinocéros 
  •  Près de 10 000 tortues 
  •  Plus de 4300 oiseaux 
  •  2550 mètres cubes de bois d’œuvre (équivalant à 74 chargements de camion) 
  •  Plus de 2600 plantes 
  •  Un peu moins de 1500 reptiles 
  •  Près de 10 000 spécimens d’espèces sauvages marines (coraux, hippocampes, dauphins requins) 
  •  Près de 7700 parties d’animaux sauvages de toutes les espèces, dont plus de 30 kg de viande de gibier  

 Source : INTERPOL