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Un travailleur meurt sur un chantier

L’homme de 59 ans a été soufflé par l’éclatement brutal d’un réservoir à air comprimé

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Un travailleur de 59 ans a tragiquement perdu la vie à Lévis, mercredi matin, lorsqu’il a été atteint directement par le puissant souffle provoqué par la décompression d’un réservoir.

L’événement est survenu un peu avant 10 h, sur le pont du boulevard Guillaume-Couture qui surplombe la rivière Etchemin, dans le secteur de Saint-Romuald.

L’ouvrier participait à des travaux sur le pont du boulevard Guillaume-Couture qui surplombe la rivière Etchemin, dans le secteur de Saint-Romuald, à Lévis.
Photo Agence QMI, Guy Martel
L’ouvrier participait à des travaux sur le pont du boulevard Guillaume-Couture qui surplombe la rivière Etchemin, dans le secteur de Saint-Romuald, à Lévis.

Le malheureux, qui n’habite pas à Lévis, se serait retrouvé au mauvais endroit, au mauvais moment, quand, pour une raison encore inconnue, le bouchon latéral du réservoir à air comprimé, servant au décapage par jet de sable, a cédé.

Pour une raison inconnue, le bouchon de ce réservoir à air comprimé a cédé sous la pression, entraînant la mort du travailleur.
Photo Agence QMI, Guy Martel
Pour une raison inconnue, le bouchon de ce réservoir à air comprimé a cédé sous la pression, entraînant la mort du travailleur.

Le quinquagénaire travaillait pour Versailles 48, une entreprise basée à Montréal. Selon ce qu’il a été possible d’apprendre, il sortait simplement d’une pause.

« Le travailleur passait au même moment dans la trajectoire du jet. C’est vraiment le souffle du jet de pression qui a atteint le travailleur. Celui-ci a ensuite été projeté », explique la porte-parole de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), Audrey-Ann Lafrenière.

Incompréhension

Il est trop tôt pour dire si la victime a aussi été percutée par le bouchon, mais le souffle était lui-même d’une grande intensité. Sur place, une étendue de sable noir témoignait d’ailleurs de l’énergie générée par l’expulsion de l’abrasif contenu dans le réservoir.

Un autre ouvrier a été blessé, mais on ne craint pas pour sa vie. D’autres employés ont été traités pour des chocs nerveux.

Un superviseur de l’entreprise BSL, qui dirige le chantier de construction, a indiqué que le travailleur est mort sur le coup.

Il s’explique mal comment le couvercle a pu céder. « J’ai parlé avec des contremaîtres de 30 ans d’expérience et ils disent n’avoir jamais vu ça. Ils ne comprennent pas », a exprimé l’homme, qui a préféré taire son nom.

Il a émis l’hypothèse d’une pièce défectueuse ou d’un mauvais fonctionnement du système de sécurité, ajoutant que la pression du réservoir est d’environ 100 à 125 livres.

Une témoin ébranlée

Martine Rancourt, une femme qui se trouvait au parc juste à côté du lieu de l’accident, raconte que l’expulsion du couvercle a eu l’effet d’une explosion. « On a entendu un bruit épouvantable, c’est certain que ce n’était pas normal », raconte la dame.

Elle voulait s’approcher pour voir si quelqu’un avait besoin d’aide, mais cela était impossible, puisqu’elle s’occupait de plusieurs enfants.

« On a entendu crier, un homme criait à l’aide. Les autres ouvriers ne pouvaient pas entendre, parce qu’il y avait trop de bruit de leur côté », poursuit la dame.

Elle croit que c’est probablement l’homme légèrement blessé qui a demandé de l’aide. « J’ai sifflé aux autres ouvriers en pointant du doigt et ils sont partis à la course vers l’homme en détresse », termine-t-elle.

La police n’a pas voulu préciser, mercredi, le lieu de résidence de la victime. Son identité n’a pas été dévoilée.

– Avec la collaboration d’Elisa Cloutier

Son employeur « vraiment attristé »

La mort d’un travailleur a créé une onde de choc au sein de l’entreprise qui l’employait, Versailles 48, basée à Montréal et spécialisée dans les traitements anticorrosifs.

« Nous sommes vraiment attristés », a reconnu le vice-président et directeur général de l’entreprise, Alain Beaulieu, dans une brève déclaration au Journal.

L’employeur a tenu à préciser que « la santé et la sécurité au travail dans notre entreprise ainsi que le bien-être de nos employés sont à la tête de nos valeurs et de nos priorités ». De l’aide est offerte à la famille du défunt.

Versailles 48 a indiqué qu’elle collaborerait à l’enquête, qui mêle plusieurs partenaires.

Pour le moment, tout porte à croire qu’il s’agit d’un triste accident, a laissé savoir le porte-parole du Service de police de la Ville de Lévis (SPVL), Patrick Martel.

« À l’heure actuelle, on n’est pas au niveau criminel. Des expertises seront faites sur l’appareil, à savoir si une défectuosité, un dysfonctionnement ou une erreur humaine [aurait pu causer le décès]. Tout ça sera vérifié en temps et lieu », a-t-il mentionné.

Au moment des faits, personne n’opérait l’équipement qui sert à décaper de la peinture, selon la police.

La victime est morte presque immédiatement après avoir été heurtée par le souffle qui s’est dissipé, et possiblement par le bouchon qui a cédé.

Les premiers répondants n’ont pu que constater le décès de la victime qui travaillait pour l’entreprise montréalaise Versailles 48, spécialisée dans les traitements anticorrosifs.
Photo Agence QMI, Guy Martel
Les premiers répondants n’ont pu que constater le décès de la victime qui travaillait pour l’entreprise montréalaise Versailles 48, spécialisée dans les traitements anticorrosifs.

Inspecteurs sur place

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a aussi envoyé des inspecteurs sur place pour faire ses propres constatations et rencontrer des témoins.

Elle devrait rendre ses conclusions dans six mois.

« Nous sommes au début de l’enquête. On n’est pas en mesure de faire des corrélations avec d’autres événements », a soulevé sa porte-parole, Audrey-Ann Lafrenière, en réponse à une question du Journal sur la fréquence de ce type d’accident.

Incidents rarissimes

M. Martel a de son côté indiqué que les incidents impliquant la décompression d’un réservoir sont heureusement rarissimes sur le territoire de Lévis. « Je n’ai jamais vu un accident semblable », a-t-il dit.

Le Bureau du coroner s’est lui aussi joint à l’enquête et aura la responsabilité d’établir ce qui a précisément causé la mort du travailleur.