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Conseil de la fédération: Legault isolé sur l’oléoduc

Il s’est opposé à la relance d’un projet de pipeline qui traverserait le Québec

François Legault
Photo Patrick Bellerose Le premier ministre François Legault a participé, jeudi, à la conférence de presse de clôture du Conseil de la fédération, à Saskatoon.

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SASKATOON | François Legault a rejeté l’idée qu’Ottawa puisse imposer un oléoduc pétrolier au Québec, comme l’affirme Jason Kenney, au terme du Conseil de la fédération.

« Pour des raisons légales et pour des raisons politiques, je ne vois pas comment on pourrait avoir un nouvel oléoduc sur le territoire québécois sans l’approbation des Québécois. Présentement, il n’y a pas d’acceptabilité sociale pour un nouvel oléoduc de pétrole », a déclaré le premier ministre François Legault. 

Il venait de conclure sa première rencontre du Conseil de la fédération, qui réunit annuellement les premiers ministres provinciaux et territoriaux de tout le pays. 

La veille, le premier ministre albertain Jason Kenney avait déclaré que le gouvernement fédéral peut, en vertu de la constitution, imposer une infrastructure interprovinciale, malgré l’opposition d’une province. En refusant d’agir ainsi, le gouvernement Trudeau accorde un « veto » au Québec pour bloquer le projet, a déploré M. Kenney. 

Plusieurs autres premiers ministres, de l’Ouest et des Maritimes, souhaiteraient eux aussi que le Québec permette d’exporter le pétrole issu des sables bitumineux vers l’Atlantique. « C’est vrai, c’est un des points sur lesquels nous ne nous entendons pas », a convenu M. Legault, tout en soulignant qu’il rejoint ses collègues sur plusieurs autres enjeux. 

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Élections fédérales

Parmi les arguments légaux qui permettraient au Québec de bloquer un nouvel oléoduc, le premier ministre Legault cite l’évaluation environnementale que doit mener la province.

 « Je pense que l’angle environnement, c’est sûrement un angle qui peut être utilisé par les provinces », dit-il. 

« Mais au-delà de la légalité, l’argument le plus fort, c’est un argument politique, ajoute M. Legault. Il n’y a pas de politiciens, autant au provincial qu’au fédéral, qui veulent se mettre à dos une majorité de la population. » 

Il reconnaît toutefois se baser sur les sondages publiés à l’époque du projet Énergie Est pour affirmer que les Québécois s’opposent à un nouvel oléoduc. Dans l’opposition, la CAQ avait pourtant démontré de l’ouverture au projet de TransCanada, surtout s’il était accompagné de redevances pour le Québec. 

Et François Legault refuse de dire qu’un parti fédéral serait boudé par les électeurs québécois s’il proposait un oléoduc. « Ce n’est pas le seul sujet sur lequel les gens vont s’exprimer », note-t-il. 

Legault, hôte en 2020

Ironie du sort, François Legault, auteur du budget de l’an 1 d’un Québec indépendant, accueillera les premiers ministres provinciaux et territoriaux de tout le pays au Château Frontenac, à l’été 2020, pour la prochaine rencontre du Conseil de la fédération. 

M. Legault a d’ailleurs cosigné, jeudi, avec l’ensemble de ses homologues, une lettre adressée aux chefs de partis fédéraux. « À l’approche des élections, l’ensemble des premiers ministres ont une chance unique de réaffirmer leur engagement à l’égard du fédéralisme canadien », y lit-on.

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