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Est-ce encore possible de prendre sa retraite à 55 ans?

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À peine diplômé, Sébastien, 24 ans, a décroché un emploi dans une firme d’ingénieurs. Économe de nature, il espère avoir les moyens de prendre sa retraite tôt... aussi tôt que 55 ans ! Pourra-t-il atteindre son objectif ?  

Durant ses études, Sébastien ne s’est pas endetté. Il est resté chez ses parents en plus de travailler à temps partiel durant l’année scolaire et à plein temps durant l’été. Résultat : il n’a accumulé aucun passif et a même réussi à déposer 8000 $ dans un CELI.  

Avec un salaire annuel de 55 000 $ brut, il voit désormais l’avenir s’ouvrir devant lui avec beaucoup de confiance. En quête d’autonomie, il espère quitter la résidence familiale à court terme et se louer un appartement.  

S’il aime aussi voir du pays et voyager une fois par année, il ne s’endette pas pour le faire. Il utilise plutôt à cet effet ses économies ainsi que les sommes qu’il reçoit pour son anniversaire et à Noël, puisqu’il a demandé à ses proches de lui donner de l’argent plutôt que des cadeaux.  

Sébastien n’est pas dépensier et ses besoins sont modestes. Pour le moment, il n’a pas l’intention de modifier son train de vie, préférant mettre de l’argent de côté afin de réaliser son rêve ultime : prendre sa retraite à 55 ans et bénéficier de toute la liberté qu’il désire. Est-ce un projet réaliste ? La conseillère en sécurité financière Mylène Lapointe l’a aidé à répondre à cette question et lui a bâti un plan d’action.  

REER et CELI  

Lorsqu’il prendra sa retraite, Sébastien aura besoin de 80 % de son revenu net actuel, soit 31 000 $, en dollars d’aujourd’hui. Si l’on se base sur une espérance de vie de 93 ans, et compte tenu du fait qu’il ne souhaite pas toucher ses rentes de retraite gouvernementales avant 65 ans, comment parviendra-t-il à constituer le pécule nécessaire ?  

Pour réussir, il devra cotiser non seulement à ses REER, mais aussi à son CELI, recommande Mylène Lapointe, qui évalue les rendements de ces placements à 5 % avant la retraite et à 3,5 % après.  

« Puisqu’il n’a pas l’intention d’utiliser cet argent avant de nombreuses années, il peut se permettre un portefeuille croissant, qui rapportera un peu plus – 5 % – que les portefeuilles plus prudents », explique la conseillère.  

Le plan d’action  

Pour prendre une retraite hâtive, Sébastien doit verser 5000 $ dans son CELI chaque année jusqu’à ses 55 ans, ce qui représente 416,67 $ par mois.  

Il lui faudra aussi cotiser 7200 $ par an dans ses REER.  

« La première année sera la plus difficile, car il ne pourra pas utiliser le remboursement d’impôt qui lui sera octroyé par la suite, et il devra déposer le plein montant de 7200 $, soit 600 $ mensuellement », indique Mylène Lapointe.  

En incluant les différentes subventions gouvernementales, elle a calculé que ce remboursement s’élèvera à 3100 $ environ dans les années subséquentes. Dès la deuxième année, en appliquant immédiatement son remboursement d’impôt en cotisation REER, Sébastien n’aura plus à débourser que 4100 $ (soit l’équivalent de 341,66 $ par mois), pour atteindre le montant annuel de 7200 $.  

Afin de se faciliter la tâche, le jeune homme pourrait toutefois utiliser une partie de son CELI pour cotiser à son REER la première année, ce qui lui éviterait d’avoir à trop se serrer la ceinture. Ou il pourrait demeurer chez ses parents une année supplémentaire afin d’économiser sur le coût d’un loyer.  

Mylène Lapointe mentionne également que lorsque Sébastien partagera sa vie avec quelqu’un, il pourrait souhaiter acheter une maison avec sa conjointe. Dans ce cas, il pourrait se servir de ses REER dans le cadre du régime d’accès à la propriété (RAP), ainsi que de son CELI, pour constituer une mise de fonds. Est-ce que cela nuira à son projet de retraite ? Pas du tout, car non seulement la vie en couple permet de partager les dépenses, mais le fruit de la vente de la maison viendra également s’ajouter à son épargne à la retraite. Il devra en revanche rembourser son RAP dans les délais prescrits (15 ans).  

CONSEILS    

  •  Lorsque vous recevez votre salaire, prenez l’habitude de toujours vous « payer en premier », en mettant de côté un montant que vous verserez dans vos REER et CELI, par exemple.    
  •  Dès que vous recevez votre remboursement d’impôt, investissez-le sans attendre dans votre REER ou votre CELI, pour éviter de succomber à la tentation de le dépenser...    
  •  Idéalement, il faut augmenter progressivement le montant de ses cotisations REER pour tenir compte de l’inflation (2 % par an actuellement). Vous touchez une augmentation de salaire ou une prime ? Consacrez-les à l’épargne !   
  •  Préparer son budget est la base pour réussir à atteindre ses objectifs et pour s’assurer qu’on peut se permettre certaines dépenses.