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Les membres de club-écoles des Hells jugés dangereux?

Ils contestent la révocation de leurs permis d’armes à feu

Les membres de club-écoles des Hells jugés dangereux?
Photo tirée de Facebook

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Des membres bien affichés de club-écoles des Hells Angels tentent de retrouver leurs permis d’armes à feu retirés par le Bureau du contrôleur des armes à feu qui estime qu’ils sont un risque pour «la sécurité publique».  

Depuis le retour en force des Hells Angels en 2016, les club-écoles «autorisés» par le groupe dominant pullulent. Selon Patrice Boucher, spécialiste en renseignement sur les motards criminels à la SQ, près de 50 club-écoles comptant environ 700 membres affichent leurs couleurs au Québec.  

Il existe différents niveaux de support aux Hells Angels par ces clubs, mais l’expert indique que ceux qui ont une veste trois-pièces avec dans le dos les lettres MC (pour Motorcycle club) doivent avoir «l’autorisation» des Hells pour la porter. Ces clubs offrent aussi de la «main-d’œuvre» au club dominant et participent à leurs démonstrations de force annuelles, comme la First Run ou encore la Canada Run.  

Armes à feu  

Devant la proximité de ces groupes, le contrôleur des armes à feu a fait annuler les permis de possession d’armes de 97 membres appartenant à 39 clubs supporteurs en septembre 2018, estimant que ceux-ci représentaient un risque pour la sécurité publique. Plusieurs contestations ont déjà eu lieu, mais cinq autres membres de la région de Québec se sont adressés au tribunal cette semaine pour ravoir leurs permis.  

De ce nombre, Alexandre-Pierre Aubin, un ex-militaire membre des Guerriers Rive-Nord, à Québec. En plus de porter le sigle MC, la dizaine de Guerriers portent aussi le «1 %» sur leur veste, signifiant être en marge de la société. Aubin a aussi été vu à quelques reprises avec l’un des membres en règle des Hells Angels section de Québec, Patrick Pruneau.  

Or, M. Aubin n’a aucun casier judiciaire. Il possède une arme, enregistrée, pour faire du tir à la cible dans un club de tir qui se trouve «dans un poste de police», à Beauport. Le père de trois enfants parle des Guerriers comme d’une «fratrie masculine».  

Collectionneur  

Un collectionneur d’armes de poing souhaite aussi ravoir son permis de possession d’arme restreint. Thomas Collins, lui aussi ex-militaire, est membre des Brotherhood «Capital City», dans le «top 10» des clubs supporteurs, selon l’expert de la SQ. Des membres des Brotherhood ont été observés par le renseignement dans différents événements des Hells, mais M. Collins n’a pas été vu spécifiquement.  

M. Collins possède une douzaine d’armes à feu toutes enregistrées et conformes, comme en fait foi une vérification quelques semaines après la frappe du contrôleur des armes à feu. 

En plaidoiries, les avocats des cinq hommes qui contestent la décision ont fait valoir que les armes utilisées par les motards criminels n’étaient certainement pas des fusils enregistrés chez le Contrôleur des armes à feu. Ils ont déploré que la suspension des permis a été faite d’un coup, en une seule journée pour traiter 97 dossiers différents. La poursuite présentera ses plaidoiries dans un mois.