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Patinage de vitesse courte piste: Charle Cournoyer aura été discret jusqu'à la fin

Charle Cournoyer ne regrette pas son choix à 28 ans d’accrocher ses patins

Patinage de vitesse courte piste: Charle Cournoyer aura été discret jusqu'à la fin
Photo Alain Bergeron

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Charle Cournoyer laissera deux empreintes dans l’histoire canadienne du patinage de vitesse : une médaille olympique individuelle et l’image d’un athlète apprécié et réservé.

Avec la discrétion qu’on lui connaît, le patineur âgé de 28 ans a confirmé récemment qu’il tirait un trait sur sa carrière après huit saisons avec l’équipe nationale, marquée par une médaille de bronze à l’épreuve de 500 m aux Jeux olympiques de Sotchi et trois victoires en Coupe du monde. Cette décision de partir qu’il a prise au mois de décembre, il l’a annoncée à ses coéquipiers au terme des championnats mondiaux en mars dernier.

« J’ai adoré m’entraîner toute l’année avec Éric (Bédard, ex-entraîneur-chef) et avec la “gang”, mais je n’avais plus la flamme pour compétitionner. J’avais hâte que les fins de semaine de compétitions se terminent pour retourner m’entraîner. Rendu là, aussi bien passer à autre chose », explique le natif de Boucherville, qui débutera à l’automne des études en génie logiciel à l’École de technologie supérieure.

Jamais flamboyant

Le trait le plus apparent de ce spécialiste du sprint, qui a ensuite étendu sa palette dans les épreuves de distance, se trouvait dans son prénom de Charle écrit sans le « s » habituel. Pour le reste, il l’avoue lui-même, il a toujours joué un rôle effacé.

Valeur sûre dans le relais masculin, dans lequel il a contribué à la médaille de bronze aux Jeux de Pyeongchang, il passait souvent sous le radar derrière Charles Hamelin, Samuel Girard, Marianne St-Gelais et les autres habitués auprès des médias, durant les dernières années.

« Les gens vont se rappeler de moi pour différentes raisons, mais j’espère avoir toujours été quelqu’un “le fun” à côtoyer dans le patin. J’ai amené une certaine énergie dans le groupe, que ce soit en voyage ou durant les entraînements. Je patinais parce que j’avais du plaisir et parce que j’aimais vivre dans l’entourage du patin. Je faisais des blagues, je chantais dans le vestiaire et j’ai été content de faire rire les gens », souhaite-t-il.

« Les gens ont vu que je n’ai jamais été flamboyant dans les médias et je n’ai jamais voulu aller chercher de l’attention. Je suis toujours resté moi-même et la personne que j’étais depuis le début. J’espère que c’est ce dont les gens vont se souvenir de moi. »

Rare médaillé olympique

Au-delà de sa personnalité, il y a cependant quelque chose de tangible qu’il laissera comme héritage à son sport. Dans l’épreuve du 500 mètres aux Jeux de Sotchi, là où les yeux étaient surtout rivés sur Olivier Jean (13e) et Charles Hamelin (32e), un jeune patineur de 22 ans sauvait le Canada, le soir du 21 février 2014, en terminant troisième de la finale derrière le champion russe Victor An et le Chinois Wu Daijing.

On l’a souvent oublié durant la suite de sa carrière, mais Cournoyer restera l’un des rares médaillés individuels olympiques du pays en courte piste. Il appartient désormais à la même catégorie que les Charles Hamelin, Marc Gagnon, François-Louis Tremblay, Samuel Girard, etc.

« Je n’ai jamais prétendu être une personne spéciale parce que j’ai une médaille olympique. Ça a toujours été quelque chose de spécial davantage pour moi. J’ai patiné et j’ai voulu me rendre jusque là, puis j’ai réussi. C’est tout ce qui compte pour moi. Je faisais du patin parce que j’aimais ça et j’ai eu des résultats que je voulais. »

Effacé jusqu’à la fin...