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Sanctions américaines: Cuba prévoit une baisse de 15% du nombre de touristes

Sanctions américaines: Cuba prévoit une baisse de 15% du nombre de touristes
Photo AFP

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LA HAVANE | La Havane a revu à la baisse de 15% ses prévisions sur le nombre de touristes à Cuba en 2019 après la décision des États-Unis d’interdire aux navires de croisières américains de faire escale sur l’île caribéenne, a reconnu jeudi le gouvernement.

«Malgré les mesures du gouvernement des États-Unis pour freiner le tourisme dans notre pays, nous accueillerons en 2019 4,3 millions de visiteurs», a déclaré le ministre du Tourisme, Manuel Marrero, dans une allocution devant le Parlement retransmise par la télévision d’État.  

Si «la tendance actuelle se maintient», l’objectif d’accueillir 5,1 millions de touristes en 2019 sera atteint à 84,3%, a-t-il ajouté. 

Ceci impliquera une baisse de 10% du nombre de touristes dans le pays par rapport à 2018.  

Le 5 juin, les États-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions sur l’industrie touristique cubaine, un secteur essentiel pour l’économie de l’île accusée d’ingérence au Venezuela pour son soutien au régime du président Nicolas Maduro. 

Washington interdit désormais aux Américains de se rendre à Cuba en voyages de groupe. Les sanctions visent également les bateaux de croisière, de pêche ou de plaisance et l’aviation privée ou d’affaires.  

Cuba, sous embargo de Washington depuis 1962, avait reçu plus de 400 000 touristes américains entre janvier et mai. 

«Le tourisme est une des activités qui fait entrer le plus de devises dans le pays», a reconnu lors de la même session parlementaire le président cubain Miguel Diaz-Canel. Après la vente de services médicaux, le tourisme est la deuxième activité économique de l’île, avec des revenus estimés à 2,5 milliards de dollars par an.  

Le ministre du Tourisme a également indiqué qu’en raison des sanctions, des agences de voyages en ligne avaient écopé d’amendes et avaient supprimé de leurs offres plusieurs hôtels cubains, craignant de faire l’objet de plaintes dans le cadre de la loi Helms-Burton. 

Le chapitre III de cette loi, entré en vigueur en mai, permet aux exilés cubains de poursuivre devant les tribunaux américains les entreprises qui ont réalisé des gains grâce à des sociétés nationalisées après la révolution cubaine de 1959. 

Depuis 1996 et pour éviter des frictions avec de nombreux alliés, les administrations américaines successives n’avaient pas activé cet article. Donald Trump a donné le feu vert à son application au mois de mai.