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Tour de France: La gloire pour deux recrues

Dylan Teuns remporte la 6e étape et Julian Alaphilippe perd cruellement le jaune

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Photo AFP Le Belge Dylan Teuns a créé la surprise en remportant la sixième étape du Tour de France jeudi.

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Au terme d’une fin d’étape inespérée, le Belge Dylan Teuns de l’équipe Bahrein-Merida a remporté le plus beau succès de sa jeune carrière au sommet de La Planche des Belles Filles. 

Malgré une accélération tardive pour sauver sa précieuse tunique, le Français Julian Alaphilippe (Deceuninck- Quick Step) a perdu son maillot jaune par seulement six petites secondes.  

Julian Alaphilippe
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Julian Alaphilippe

Rescapé de l’échappée du jour, l’Italien Giulio Ciccone (Trek-Segafredo), que personne n’attendait, s’empare de la tête du classement général avec une fin de course qui marquera sa jeune carrière. Le scénario n’était pas prévu puisque Teuns et Ciccone disputent tous deux leur première Grande Boucle. 

« C’est incroyable. Je ne trouve pas les mots. C’est le rêve de tout le monde qui fait du vélo », a affirmé Ciccone, 24 ans, quelques minutes après avoir endossé le maillot jaune. 

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Encore jeune 

Déjà vainqueur d’étape au dernier Tour d’Italie, mais également du classement de la montagne, Ciccone a pris le 2e rang à l’arrivée, seulement 11 secondes derrière Teuns. En prime, Ciccone met la main aussi sur le maillot blanc de meilleur jeune. 

Cette 6e étape était attendue depuis longtemps et elle a répondu aux attentes très élevées. Cette première semaine du Tour de France 2019 continue de surprendre avec du suspense et des moments enlevants. 

Au départ à Mulhouse jeudi, un groupe de fuyards a pris jusqu’à huit minutes. L’avance était toujours très confortable dans l’ascension du Ballon d’Alsace, avec environ une cinquantaine de kilomètres à faire, puis également dans le Col des Chevrères, avec 20 kilomètres à pédaler. 

Après une attaque de Thomas De Gendt, ce sont finalement quatre hommes qui ont poursuivi l’aventure ensemble : Tim Wellens, Dylan Teuns, Giulio Ciccone et Xandro Meurisse. Wellens a craqué et Meurisse a terminé 3e de cette étape. À l’arrière, l’impulsion des grands favoris a vite réduit l’écart. Alaphilippe pouvait encore sauver son maillot et la foule surveillait attentivement le compteur. 

favoris 

Dans un final poussiéreux de 800 mètres sur un chemin de gravelle à 24 %, le Français a tout donné en écrasant les pédales. À la ligne, le chronomètre est cruel, mais le cycliste est allé au bout de ses ressources en montagne. Il pourrait toutefois récupérer son bien vendredi lors de l’étape la plus longue du Tour. Le profil plat sur 230 km lui donnera peut-être une chance de récupérer cette poignée de secondes. 

Parmi les favoris, Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) a affiché sa grande forme, tandis que Romain Bardet (AG2R) et Vincenzo Nibali (Bahrein-Merida) ont connu des difficultés. Aucun Français n’a gagné le Tour de France depuis Bernard Hinault en 1985, il y a 34 ans. 

Woods assure 

Pour sa part, le champion en titre Geraint Thomas semble également très à l’aise et bien entouré chez Ineos. Dans cette première bataille, Thomas et Pinot ont terminé 4e et 5e de l’étape. 

Le Canadien Michael Woods, qui avait ciblé cette étape, a terminé avec le groupe de meneurs. Il se trouve actuellement au 9e rang du classement général à 1 min 13 s de Ciccone. Woods possède deux secondes d’avance sur son coéquipier Rigoberto Uran. Pour la formation Education First, le capitaine pourrait changer.  

Classement général provisoire 

1. Giulio Ciccone, TTS en 23 h 14 min 55 s 

2. Julian Alaphilippe, DQS à 6 s 

3. Dylan Teuns, TBM à 32 s 

4. George Bennett, TJS à 47 s 

5. Geraint Thomas, INS à 49 s 

9. Michael Woods, EF1 à 1 m 13 s 

Le moral à la hausse au sein de l’équipe Astana 

Après six jours et 987 km, Hugo Houle n’a pas connu d’ennuis de santé.
Photo courtoisie
Après six jours et 987 km, Hugo Houle n’a pas connu d’ennuis de santé.

Après la 9e place de Jakob Fuglsang à seulement neuf secondes du champion défendant Geraint Thomas, l’équipe Astana a obtenu l’assurance que son capitaine pouvait livrer bataille aux meilleurs. 

Tous les favoris sont également au sommet de leur condition physique, mais le résultat de jeudi lors de la 6e étape permet d’espérer une remontée graduelle vers un éventuel podium. 

À long terme 

Hugo Houle était à nouveau satisfait de sa journée au boulot. Avec environ trois kilomètres à faire au Col des Chevrères, à 20 kilomètres de l’arrivée, les dirigeants de l’équipe lui ont dit d’économiser ses forces pour la suite. Il ne restait qu’à redescendre et grimper La Planche des Belles Filles. 

« Un beau 24 % de pente, ça ne me fait pas rêver, mais c’était propre et sécuritaire », a-t-il lancé en parlant de la qualité du spectacle. Dans son cas, tout le travail de préparation effectué dans les dernières semaines a porté ses fruits. 

« Je vais bien. Fuglsang était content. Il se sentait bien, pas à 100 % encore, mais pour nous c’est bon. On va bâtir là-dessus. Pour le podium du Tour, il faut être vraiment top. Il y a une quinzaine de gars qui ont à peu près le même niveau. La course est jeune. Théoriquement, il devrait monter en forme au fil des jours », a confié le Québécois. 

Un choix 

Dans le groupe initial de 14 coureurs en échappée, Astana n’a pas placé de joueur à l’avant de la course. Coup manqué ou stratégie à long terme ? « On a préféré ne pas y aller et ne pas jeter des forces pour rien. Izagirre aurait pu, mais ce n’était pas l’idéal », a ajouté l’olympien. Houle croit également aux chances de Julian Alaphilippe d’aller récupérer temporairement le maillot jaune. Peut-être pas vendredi lors de l’étape la plus longue du Tour, sur 230 kilomètres, entre Belfort et Chalon-sur-Saône, mais dimanche entre Mâcon et Saint-Étienne avec une succession de côtes relativement courtes. La première journée de repos est prévue seulement mardi à Albi après la 10e étape. 

Vendredi Étape 7 

  • Belfort / Chalon-sur-Saône
  • 230 km 

Sur la route... 

Le directeur sportif des Grands Prix de Québec et de Montréal, Charly Mottet, voulait parler jeudi de la 10e édition de l’événement, en septembre. « Serge Arsenault a annoncé deux tours de plus pour le circuit de Montréal. On va avoir une distance qui se rapproche des championnats du monde avec 219 km et près de 5000 mètres de dénivelé, ce qui permettra aux coureurs de faire six heures d’efforts. Ça peut être très intéressant. À Québec, on peut difficilement allonger les choses en raison du voyage à encaisser », a expliqué l’ancien vainqueur de trois étapes au Tour de France. Selon lui, le tenant du titre Geraint Thomas est redevenu le favori numéro un du Tour jeudi, suivi par Thibaut Pinot.