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Un groupe métal iranien condamné à 74 coups de fouet

Un groupe métal iranien condamné à 74 coups de fouet

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Deux membres de la formation Confess ont demandé l’asile en Norvège après avoir été accusés de jouer leur musique «profanatrice».   

En plus d’être condamnés à recevoir 74 coups de fouet, ils devront purger une peine d’emprisonnement pour avoir présenté des spectacles en Iran.   

Consequence of Sound rapporte les faits à l’origine du contentieux. L’histoire remonte à 2015, quand les deux musiciens Nikan «Siyanor» Khosravi et Arash «Chemical» Ilkhani ont été arrêtés par le Corps des gardiens de la révolution islamique, une organisation paramilitaire iranienne.   

Si l’histoire remonte à quelques années, la sentence a été officiellement prononcée le 3 juillet dernier.   

Les deux musiciens, âgés de 21 et 23 ans, sont tous deux accusés de blasphème pour avoir exprimé des idées allant à l’encontre de la religion dans leurs pièces. On leur reproche aussi de se prononcer contre le régime iranien par leur musique.   

Au départ, Khosravi devait être incarcéré durant 12 ans et demi, et Ilkhani en avait pour 6 ans. Sa sentence avait été diminuée à deux ans à la suite d’une nouvelle décision des autorités judiciaires de Téhéran.    

Loudwire a d’ailleurs obtenu une copie du document officiel regroupant les chefs d’accusation visant Confess. On les accuse, entre autres, d’avoir «insulté le caractère sacré de l’islam», en plus d’avoir «troublé l’opinion publique en produisant une musique contenant des paroles contre le régime au contenu insultant».   

Confess est également blâmé pour avoir accordé des entrevues aux «médias de l’opposition», ce qui aurait eu pour effet d’«insulter le guide suprême et le président.»    

De plus, Nikan «Siyanor» Khosravi et Arash «Chemical» Ilkhani ont accordé des entrevues à des radios étrangères, ce qui a pu aggraver leur dossier déjà fort accablant aux yeux des autorités.   

Selon Khosravi, le groupe a profité d’une lacune dans la charia pour échapper à la peine capitale. En entrevue avec Loudwire, il a résumé la subtilité judiciaire qui leur a permis d’échapper à une exécution.   

«Si tu insultes le prophète, tu vas être exécuté. Parce qu’il est mort et qu’il ne peut se défendre. Mais si tu blasphèmes contre Dieu en remettant en cause son existence, il peut te pardonner. Voilà pourquoi nous n’avons pas été exécutés.»     

En plus des coups de fouet et de la prison, les autorités réclamaient à Confess une somme équivalente à 30 000$ US. Cette somme représente une amende que le groupe doit payer pour avoir quitté le pays illégalement en avril 2017. Voulant échapper à la condamnation, les musiciens s’étaient envolés pour la Turquie.   

Selon Metal Injection, les deux inculpés ont versé l’argent en février dernier.   

Les deux musiciens sont toujours en Norvège pour le moment. Ils y ont obtenu l’asile et peuvent y exercer leur art.   

Toutes ces mésaventures leur ont bien sûr inspiré une chanson qui ne fera pas la joie des autorités de leur pays d’origine. Le nouveau single s’intitule Evin, un nom inspiré de celui de la prison où ils ont séjourné.   

Leur nouvel album Revenge At All Costs devrait paraître au cours de la prochaine année. Les pièces qui y figureront ont été écrites durant les tribulations judiciaires et l’emprisonnement de deux des membres du groupe.