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1000 pylônes fabriqués ici pour une ligne de 1,3 milliard de dollars

À peine 15 % de l’acier utilisé pour la fabrication des imposantes structures provenait de l’étranger

Hydro-Québec
Photo Pierre-Paul Poulin Le grand patron d’Hydro-Québec, Éric Martel (en complet), était tout sourire, hier, dans la métropole québécoise, lors de l’inauguration de la ligne Chamouchouane–Bout-de-l’Île.

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La très grande majorité des 1000 pylônes de la nouvelle ligne d’Hydro-Québec Saguenay–Lac-Saint-Jean-Montréal inaugurée hier matin ont été fabriqués au Québec, une bénédiction pour les PME de chez nous.

« On gagne notre vie à transporter de l’énergie pour le peuple québécois. Hydro-Québec, c’est l’or noir des Québécois », a partagé au Journal avec fierté Martin Chagnon, PDG de GLR, une PME de construction et d’entretien de lignes de L’Ancienne-Lorette, qui a obtenu plus de 30 millions $ de contrats grâce au projet Chamouchouane–Bout-de-l’Île.

À Québec, le directeur des opérations de Prometek, Jean-Sébastien Gagné, ne cachait pas lui non plus sa joie d’avoir pu participer au plus important projet de ligne à 735 kV de l’axe nord-sud depuis 25 ans dans la province.

« Ça a été un 60 % de notre production entre 2016 et 2017. C’est une commande de plus de 10 millions $ », a-t-il indiqué, qualifiant la ligne Chamouchouane–Bout-de-l’Île de projet « le plus beau » de la dernière décennie.

« Ça donne du boulot à des sous-traitants en usinage, en boulonnerie, en galvanisation. Dans notre cas, c’est l’approvisionnement 100 % québécois », a ajouté le cadre de Prometek, qui fait partie des fournisseurs d’ici comme Fabrimet de Drummondville, Locweld de Candiac, qui ont pu tirer leur épingle du jeu.

Plus de 84 % de l’acier utilisé pour fabriquer la nouvelle ligne Chamouchouane–Bout-de-l’Île, soit 28 000 tonnes des 33 000 tonnes « proviennent de fournisseurs québécois », a indiqué au Journal hier la société d’État avec fierté.

« Si on le met en pylônes, environ une centaine probablement sur les 1000 sont venus de l’extérieur », a illustré son PDG Éric Martel en conférence de presse en parlant de la nouvelle ligne de 400 kilomètres.

« On va toujours privilégier les achats au Québec. On doit s’assurer aussi que nos fournisseurs demeurent compétitifs », a cependant précisé le dirigeant, en soulignant que le projet de 1,3 milliard $ a coûté entre 25 millions $ et 100 millions $ moins cher que prévu.

Retombées d’un milliard $

Hier, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, qui participait aussi à l’inauguration, a salué « les retombées économiques importantes pour le Québec de 1,1 milliard $ en services spécialisés et en achats de biens et de matériaux » du projet.

Plus de 1250 personnes ont participé à la construction des pylônes depuis trois ans, a rappelé le ministre du gouvernement Legault avec fierté, un symbole fort pour son gouvernement qui dit vouloir miser sur l’hydroélectricité.

« Le projet permet de réduire les pertes électriques. C’est autant d’électricité en réalité qui n’est plus envoyée aux petits oiseaux et que l’on va pouvoir utiliser concrètement », a-t-il laissé tomber en conférence de presse, provoquant les rires dans la salle.

Le projet Chamouchouane-Bout-de-l’Île

  • Coût : 1,3 MILLIARDS $
  • Conducteurs (câbles) : 5040 KM
  • Heures travaillées : 2,5 MILLIONS
  • 1000 pylônes
  • 33 000 tonnes d'acier utilisées