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Deux fois plus d’aînés dans 50 ans

Cette croissance de population, chez les personnes âgées de plus de 65 ans apportera de nombreux défis

Elderly couple at table in autumn forest
Photo Adobe Stock D’ici l’année 2066, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus pourrait avoir plus que doublé au Québec.

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Le Québec doit se préparer à accueillir près de deux fois plus d’aînés d’ici 50 ans selon une nouvelle étude dévoilée hier.  

Il s’agit de l’une des prévisions tirées d’un document publié par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) à l’occasion de la journée mondiale de la population.   

  

Une situation qui risque de causer bien des maux de tête aux futurs gouvernements si rien n’est fait pour encourager ces gens à rester sur le marché du travail plus longtemps ou à développer leur autonomie, estime la présidente du Réseau FADOQ, Gisèle Tassé-Goodman.    

« C’est bien beau de débloquer des fonds pour encourager les gens à rester à la maison, à être autonomes, mais s’il n’y a pas de main-d’œuvre pour en prendre soin, le problème reste entier », dit-elle, ajoutant être « inquiète » pour l’avenir du réseau de la santé.    

Croissance au ralenti  

Si le Québec compte actuellement 8,4 millions de résidents, ce nombre devrait passer à 9 millions en 2030 et à près de 10 millions en 2066, nous apprend l’ISQ.    

Mais cette croissance se fera au ralenti à compter de 2030. L’augmentation de la population sera alors due essentiellement à l’immigration puisque le nombre de décès au Québec devrait alors surpasser celui des naissances.   

La majorité des Québécois qui s’ajouteront seront des aînés (65 ans et plus) en 2066. Selon les prévisions de l’ISQ, cette tranche de la population pourrait presque doubler en passant de 1,5 million en 2016 à plus de 2,7 millions en 2066.    

D’ailleurs, dès 2022, le nombre d’aînés devrait dépasser celui des jeunes âgés de moins de 20 ans, notent les auteurs du document.   

Ces données permettent ainsi de voir venir certains problèmes auxquels le Québec devra faire face dans un avenir plus ou moins rapproché, indique le document.   

« Vieillissement, renouvellement de la main-d’œuvre, changement structurel et répartition régionale de la population sont autant d’enjeux auxquels la société québécoise sera confrontée », peut-on lire dans le document de l’ISQ.   

« 50 ans, ce n’est pas si loin »  

Les aînés québécois doivent aussi s’attendre à travailler plus longtemps alors que le nombre de personnes âgées de 20 à 64 ans n’augmentera que légèrement dans les prochaines décennies.     

« Il faut trouver un moyen d’encourager les aînés qui souhaitent rester sur le marché du travail à le faire », insiste d’ailleurs Mme Tassé-Goodman.    

« Ce que nos chiffres ne disent pas, c’est si les aînés seront en bonne santé, s’ils seront autonomes », explique le démographe à l’ISQ Frédéric Fleury-Payeur.    

À ce propos, la présidente de la FADOQ espère une amélioration du Supplément de revenu garanti pour assurer aux aînés un meilleur train de vie. « Cinquante ans, ce n’est pas si loin. Nos enfants et nos petits-enfants vont tomber dans ces statistiques-là. Il faut tout de suite commencer à y réfléchir », insiste-t-elle.    

L’Est-du-Québec devrait écoper d’ici 20 ans   

Le maire de Gaspé, Daniel Côté, craint pour l’avenir de nombreux petits villages dans sa région alors que l’Institut de la statistique du Québec prévoit que l’Est-du-Québec verra le nombre de ses habitants diminuer considérablement dans les prochaines décennies.    

C’est le cas de la Côte-Nord, de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, du Bas-Saint-Laurent et du Saguenay–Lac-Saint-Jean qui devraient tous perdre des effectifs d’ici 2041 (voir carte).   

« Ce n’est pas surprenant. Des villages de 200 ou 300 habitants où l’âge moyen est de 70 ans risquent de disparaître d’ici quelques années si rien n’est fait », plaide celui qui porte aussi le chapeau de vice-président de l’Union des municipalités du Québec.    

« C’est surtout le bilan migratoire qui est en cause dans ces cas-ci. Peu de Québécois d’autres régions migrent vers ces régions, les jeunes de ces régions vont partir pour le travail ou les études et les immigrants de l’international ne s’y établissent pas », explique le démographe de l’Institut de la statistique du Québec Frédéric Fleury-Payeur.     

Boom dans les villes  

Une façon d’inverser cette tendance serait d’encourager davantage d’immigrants à s’établir en région, insiste d’ailleurs Daniel Côté.    

À l’inverse, les régions de Laval et des Laurentides devraient connaître les hausses de population les plus marquées.   

C’est aussi dans les villes qu’on verra la plus forte augmentation de population dans les prochaines années. Ainsi, on s’attend à ce que 798 000 personnes s’établissent à Montréal d’ici 2041.    

À Québec, on prévoit que 92 000 personnes s’y établiront pendant la même période.   

Exception dans le Nord  

L’une des exceptions notables aux tendances observées par l’ISQ se produit dans le Nord-du-Québec où la population très jeune présente un taux de fécondité, donc d’enfants par femme, bien supérieur à la moyenne québécoise.    

« Ils ont là-bas une population très jeune qui continue d’avoir beaucoup d’enfants », explique Frédéric Fleury-Payeur.   

Le Québec en chiffres   

Population au Québec   

2018 : 8,4 millions   

2030 : 9 millions   

2066 : 10 millions   

Nombre de personnes âgées de 65 ans et plus  

2016 : 1,5 millions   

2066 : 2,7 millions   

Âge moyen des Québécois  

1971 : 29,9 ans   

2016 : 41,9 ans   

2066 : 46,4 ans   

Part des aînés dans la population (65 ans et plus)  

2016 : 18 %   

2066 : 28 %   

Le nombre de Québécois âgés de 85 ans devrait quadrupler en 50 ans  

2016 : 188 000   

2066 : 736 000   

Pourcentage de la population âgée de 20 à 64 ans et qui compose la majorité des travailleurs.  

2016 : 61,1 %   

2066 : 52,8 %   

Le nombre de centenaires devrait exploser d’ici les prochaines décennies  

2016 : 2000   

2066 : 45 000   

33% des résidents de 3 régions, le Bas-Saint-Laurent, la Mauricie la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine pourraient avoir 65 ans et plus en 2041.    

*Source : Institut de la statistique du Québec  

Variation de la population d’ici 2041    

  • Abitibi-Témiscamingue : -0,1 %  
  • Bas-Saint-Laurent : -6,4 %  
  • Capitale-Nationale : +11,8 %  
  • Centre-du-Québec : +9,3 %  
  • Chaudière-Appalaches : +5,2 %  
  • Côte-Nord : -14,6 %  
  • Estrie : +13,0 %  
  • Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine : -9,4 %  
  • Lanaudière : +18,2 %  
  • Laurentides : +22,0 %  
  • Laval : +22,4 %  
  • Mauricie : +2,9 %  
  • Montérégie : +16,2 %  
  • Montréal : +18,5 %  
  • Nord-du-Québec : +16,6 %  
  • Outaouais : +15,8 %  
  • Saguenay–Lac-Saint-Jean : -5,6 %