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Ils craignent de perdre leur tranquillité

Le terrain sur lequel est planifié un nouvel aérodrome, dans Lanaudière, est situé à 1,5 kilomètre d’un camping

Alexandre Caron, propriétaire du camping Horizon, et Doris Beaudin, qui y possède une roulotte depuis 5 ans, s’opposent au projet d’aérodrome. 
Photo collaboration spéciale, Simon Dessureault Alexandre Caron, propriétaire du camping Horizon, et Doris Beaudin, qui y possède une roulotte depuis 5 ans, s’opposent au projet d’aérodrome. 

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SAINT-ROCH-DE-L’ACHIGAN | Le propriétaire d’un camping situé tout près du terrain acheté pour la construction d’un aérodrome craint de perdre sa clientèle à cause du tapage que pourraient produire les engins volants.

« On entend les automobiles de l’autoroute 25 tôt le matin, mais on ne veut pas entendre des avions toute la journée », avance Alexandre Caron, propriétaire du camping Horizon à Saint-Roch-de-l’Achigan, dans Lanaudière. Le terrain de 180 sites saisonniers est situé à 1,5 kilomètre de l’emplacement du futur aérodrome.

Depuis l’annonce de l’achat du site en juin dernier en remplacement de celui de Mascouche, des citoyens et des élus de la région s’opposent vertement au projet.

Campeurs inquiets

M. Caron affirme que la controverse entourant l’aérodrome commence déjà à se faire sentir sur ses affaires. « Une cliente a vendu sa roulotte à quelqu’un qui est venu la chercher pour l’emporter en Abitibi, au lieu de pouvoir la vendre à quelqu’un qui planifiait venir ici », déplore l’homme d’affaires, qui dit aussi qu’il ne pourrait pas vendre son terrain à cause du projet.

Des campeurs sont déjà craintifs quant à l’éventuelle arrivée de leur nouveau « voisin ».

« Ça fait énormément jaser dans le camping », affirme Gisèle Guay, qui y séjourne depuis 1996. Elle s’est d’ailleurs acheté une maison mobile à côté, en 2009, tellement elle aimait le secteur.

« C’est sûr que ça va nous déranger, on est tellement tranquilles ici », soutient Doris Beaudin, qui stationne sa roulotte sur ce terrain depuis cinq ans.

Pas d’étude acoustique

Questionné sur les doléances des détracteurs du projet, le promoteur de l’OBNL Aérodrome Saint-Roch-de-l’Achigan (SRA), Yvan Albert, mentionne que les gens peuvent écrire leurs objections dans le cadre de la consultation publique qui s’échelonnera jusqu’au 4 août. Le promoteur fera ensuite un rapport à Transports Canada.

Ce dernier a ajouté qu’une étude acoustique n’est pas requise par Transports Canada pour l’implantation de l’aérodrome.

Anthony Girard, ingénieur en acoustique pour la compagnie Soft dB, mentionne qu’on peut facilement entendre un avion qui est à plus de 10 000 mètres, en campagne. « Une étude de bruit d’aéroport requiert des centaines d’heures et le nombre de décibels dégagés dépend de plusieurs facteurs », a expliqué M. Girard.

Transports Canada a de son côté indiqué par courriel que le calcul du niveau de décibels générés ne fait pas partie du champ de compétences du ministère.