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Scotchée à sa cantine tous les jours depuis 45 ans

Les clients de l’octogénaire de Saint-Hyacinthe paient encore leur club sandwich 5,40$

Restaurant
Photo Magalie Lapointe

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SAINT-HYACINTHE | Une dame de 84 ans de la Montérégie travaille dans sa cantine 365 jours par année, du matin au soir, sans aucun employé depuis 45 ans.  

« Les 12 premières années, je travaillais la nuit comme infirmière et de jour ici [à la cantine]. J’ai été infirmière pendant 31 ans. Je ne voulais pas laisser mon travail. J’aime le public. Je ne suis pas prête à arrêter », lance la propriétaire de la cantine Chez nous, Yolande Gendron.  

Ses cheveux blancs, sa petite taille, la sueur au front, le physique de la dame ne ment pas. L’octogénaire a passé 64 ans de sa vie à servir les autres. Voir les gens sourire, voilà sa paie.  

Mme Gendron sert trois repas par jour, été comme hiver, sans jamais prendre congé. Elle ouvre sa cantine à 9 h et la ferme à 19 h 30.  

En plus de servir le menu traditionnel des cantines, comme la poutine ou les hot-dogs, elle prépare aussi un menu du midi. « Mais pas le soir, par exemple ! Juste s’il en reste. Sinon, tant pis », dit-elle. 

La roulotte, dont la femme de 84 ans est propriétaire depuis 1974.
Photo Magalie Lapointe
La roulotte, dont la femme de 84 ans est propriétaire depuis 1974.

Tout à 5,40 $  

Peu importe le repas, le prix reste toujours le même : 5,40 $, café inclus.  

« Je n’ai jamais changé mon menu en 45 ans. Les prix sont bas. Je n’ose pas les remonter et je n’ai pas d’employés à payer », explique-t-elle.  

À peine plus grande que le comptoir de la roulotte, la propriétaire ne s’en laisse pas imposer. « J’essaie de faire plaisir à tout le monde. Ceux qui ne sont pas contents, eh bien ils ont juste à aller ailleurs », lance-t-elle.  

Reconnaissante, elle soutient que, sans son conjoint, elle ne pourrait pas gérer sa cantine.  

Toujours à deux  

Tous les jours, son amoureux âgé de 84 ans, Raymond Gendron, va acheter les aliments frais. Aucun aliment n’est acheté en vrac.  

Le couple prend tous ses repas ensemble à la cantine. Le soir venu, vers 20 h 45, ils dégustent une rôtie avec de la compote de pommes et un morceau de fromage, en sirotant leur café.  

Ils vont au lit vers 23 h 15. Et le lendemain, à 8 h, la routine reprend.  

Et cette octogénaire n’a vraiment pas peur du travail.  

« Ce n’est pas parce que demain je serai dans Le Journal que j’irai plus vite. Les gens attendront. C’est pas vrai ça ? » mentionne-t-elle, le sourire en coin.