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Sexualité programmée

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Vouloir un enfant représente, pour un bon nombre de personnes, un souhait tout à fait réalisable. Il suffira d’être un peu patient, diront certains.

Mais ce désir de maternité ne vient pas toujours sans son lot de préoccupations, du moins pour plusieurs femmes. La chambre à coucher connaît alors des ­mouvements peu habituels... Voyons comment le désir ­d’enfant peut à la fois être excitant, mais également ­bouleversant. Peut-on s’épargner une certaine « ­programmation » de la vie sexuelle ?

Le vouloir sans qu’il n’arrive

Lorsque le désir d’accueillir un enfant dans la famille est ­partagé et bien énoncé, il arrive assez fréquemment que les couples espèrent concevoir dans les semaines ou mois qui suivent. Naturellement, nul ne peut prévoir l’instant de conception ! Toutefois, plusieurs personnes désireuses de grossesse tentent de mettre toutes les chances de leur côté, y compris faire l’amour lors des jours les plus fertiles. Même si cette sexualité peut prendre des airs prévisibles, il n’en demeure pas moins que ces premières semaines vécues de cette manière s’avèrent excitantes pour plusieurs. C’est notamment le cas de Justine*, une lectrice de 29 ans : « Quand André* et moi avons verbalisé notre désir d’enfant, nous avions 22 ans et nous venions de nous rencontrer ! On s’aime à la folie. André lui aussi vient d’une famille nombreuse et c’était donc tout à fait normal que nous pensions nous aussi fonder une famille un jour. Mais on était tous les deux aux études quand on a commencé à vivre ensemble en appartement. Je voulais qu’on attende d’avoir notre maison, mais André m’a dit : “On est aussi bien de commencer à essayer tout de suite quand on va décider que c’est le bon moment pour nous, plutôt que d’attendre d’avoir une maison”. Et une chance, parce que j’avais 27 ans quand on a commencé à essayer que je devienne enceinte et à 29 je ne le suis toujours pas. Au début, nous avons fait l’erreur d’en parler avec nos familles. Ils étaient emballés, mais ça nous a vite ­énervés parce que je ­n’arrivais pas à tomber enceinte et qu’eux ­continuaient à nous dire : “Pis... c’est pour bientôt ce bout de choux ?” L’horreur. Ils n’avaient aucune idée de ce qu’on endurait. On a finalement dit que ça ne marchait pas pour le moment, mais là, les conseils ont fusé ! Pas guère mieux comme situation. En plus, notre vie sexuelle s’en allait à vau-l’eau, André et moi sentions que rien n’allait plus. Nous avons prévu rencontrer une ­psychologue référée par la clinique de fertilité, je pense que ça va nous faire du bien. Parce que si les premiers mois étaient excitants, on le faisait lorsque j’ovulais, donc c’était comme programmé. Avec le temps et les menstruations qui ­confirmaient que ça n’avait pas marché, on a commencé à s’inquiéter et à se stresser. Nous avons décidé d’aller en fertilité après 18 mois d’essais infructueux. Le plus difficile maintenant, c’est que chacun se blâme (peut-être même, secrètement blâme l’autre) pour notre infertilité. Pourtant, nos mères ont donné naissance plusieurs fois et facilement. »

Vouloir cet enfant, espérer qu’il s’installe au creux du ventre et voir apparaître les menstruations, tout cela est certainement bien difficile à vivre pour plusieurs couples infertiles et qui tentent de concevoir.

Comment bien vivre cette démarche ?

Selon l’Institut de la statistique du Québec 1, on estime à 83 800 le nombre de naissances au Québec en 2018, un nombre semblable à celui enregistré en 2017 (83 855). L’indice synthétique de fécondité s’établit à 1,59 enfant par femme, soit une légère ­diminution ­comparativement à 1,60 en 2017. La fécondité poursuit son recul chez les femmes de moins de 30 ans et semble se stabiliser au-delà de cet âge. L’âge moyen des mères à la naissance d’un premier enfant est en moyenne de 29,1 ans, soit 4 ans de plus qu’en 1975. Tous rangs de naissance confondus, l’âge moyen à la maternité est de 30,7 ans. Selon l’Agence de santé publique du Canada 2, près de 16 % des couples canadiens (ou 1 sur 6) sont ­touchés par l’infertilité. Ce nombre a doublé depuis les années 1980. [...] ­L’infertilité est attribuable autant à l’homme qu’à la femme, voire les deux.

  • Trois fois sur dix, l’homme est en cause.
  • Quatre fois sur dix, la femme est en cause.
  • Deux fois sur dix, une ­combinaison de facteurs chez l’homme et la femme est en cause.
  • Une fois sur dix, il n’est d’abord pas possible de déterminer la cause exacte de l’infertilité.

Afin de connaître une démarche de fertilité agréable, il n’existe malheureusement, ou ­heureusement, aucune méthode absolue. Toutefois, afin que cela se passe bien et que la vie sexuelle ne soit pas trop bouleversée, la communication et la demande d’aide s’avèrent parfois être de bonnes solutions. Ne restez pas seuls !


1. Naissances, décès et mariages au Québec en 2018 – ­Données ­provisoires, Institut de la ­Statistique du Québec, juin 2019, volume 23, numéro 3.

2. Agence de santé publique du ­Canada, Gouvernement du ­Canada, Fertilité, 28 mai 2019.