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Meurtre à Laval: encore la trace du crime organisé

Un proche du trafiquant de 35 ans abattu dans un stationnement à Laval était associé aux cartels mexicains

FD-MEURTRE-LAVAL
Photo Agence QMI, Pascal Girard

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Un trafiquant associé à un importateur de coke d’un cartel mexicain a été tué par balles dans la nuit de vendredi à hier, à Laval, dans un nouveau règlement de comptes du monde interlope.  

Michail Michakis, 35 ans, a été trouvé sans vie vers 0h45 dans le stationnement de l’immeuble qu’il habitait, rue Phil-Watson, dans le quartier Chomedey.  

Après avoir été atteint par un projectile, il s’est effondré dans une mare de sang non loin d’un véhicule.  

«Je pensais que c’étaient des feux d’artifice. Quand j’ai vu plein de lumières de police, j’ai compris que c’était des coups de feu. Je suis sorti sur mon balcon et j’ai vu l’homme qui était au sol dans son sang», a raconté un voisin encore ébranlé, qui ne voulait pas s’identifier. 

Les policiers ont été présents toute la journée d’hier sur la scène de crime, en quête d’indices pouvant permettre d’identifier le tireur.
Photo Stéphane sinclair
Les policiers ont été présents toute la journée d’hier sur la scène de crime, en quête d’indices pouvant permettre d’identifier le tireur.

Connu des policiers  

Selon nos sources, l’individu entretenait des liens avec des membres de la mafia italienne comme distributeur de drogue.  

Michakis avait d’ailleurs plaidé coupable à des accusations de trafic de stupéfiants à Laval en février. Il avait été condamné à 6 mois de prison.  

Son meurtre est survenu à quelques pas de son ancien domicile sur l’avenue Eliot où des voisins savaient qu’il s’adonnait à des activités louches.  

«La police est venue quelques fois puis, il y a deux ans, ils l’ont embarqué et on ne l’a jamais revu. Son condo a été vendu il y a 8 à 10 mois», raconte le résident Constantino Retsnas.  

Michakis était aussi proche de Philippos Kollaros, un défunt importateur de cocaïne et client du dangereux cartel mexicain du Sinaloa autrefois dirigé par Joaquin Guzman, alias El Chapo.  

Violence  

Le Journal rapportait le 5 juillet l’inquiétude grandissante au sein des forces de l’ordre que la violence associée au crime organisé latino-américain prenne de l’ampleur au pays.  

Dans un rapport, le Service canadien du renseignement criminel (SCRC) mentionnait qu’«un nombre anormal d’importateurs de cocaïne de haut niveau du Canada [...] ont été tués dernièrement au Mexique et au Canada».  

Le SCRC identifiait notamment le meurtre de Kollaros à Montréal, l’automne dernier, comme un signe de cette flambée de règlements de compte.  

À Laval, sur les six homicides survenus cette année, celui-ci est le quatrième à porter la signature du crime organisé.  

En février, Eliott Blanchard, 35 ans, un producteur de métamphétamine, avait été abattu dans un stationnement.  

Un autre importateur de coke, Ray Kahno, avait connu un sort similaire quelques jours plus tard.  

Enfin, en mai, Salvatore Scoppa, le frère d’un chef de clan de la mafia mont­réalaise, se faisait cribler de balles à l’hôtel Sheraton, devant sa famille.  

Le meurtre du mafioso en pleine réception a amené la police de Laval, en collaboration avec la Sûreté du Québec (SQ) et la Gendarmerie Royale du Canada, à partir en guerre contre les acteurs de la pègre.  

Hier, les policiers ont passé la journée dans le secteur à recueillir des indices.  

L’enquête a été transférée à la SQ en raison des liens avec le crime organisé.  

En fin de soirée, aucun suspect n’avait été appréhendé. 

 – Avec la collaboration de Stéphane Sinclair