/news/provincial
Navigation

Dans nos archives: le Concorde visitait Québec en 1984

C’était il y a 35 ans

Concorde
Photo d'archives, Leopold Rousseau

Coup d'oeil sur cet article

Le 14 juillet 1984, il y a 35 ans, 50 000 personnes se déplaçaient à l’aéroport international Jean-Lesage pour saisir une rare chance de voir – et entendre – le mythique Concorde.

La venue du célèbre avion supersonique est un véritable événement à Québec.

Le Journal lui consacre d’ailleurs sa une deux fois plutôt qu’une. « Salut, Concorde ! », peut-on lire sur la page frontispice de votre quotidien, le jour où il doit atterrir, pour souligner le 450e anniversaire de l’arrivée de Jacques Cartier au Canada.

« Quelle merveille ! », titre encore Le Journal, le lendemain, faisant état d’une visite « historique » et d’une foule monstre sur les terrains de l’aéroport.

Quand il se pose sur la piste 06, avec son nez abaissé et ses ailes en delta iconiques, l’appareil est déjà une légende.

Après tout, avec une vitesse de croisière de 2150 km/h, c’était le seul avion commercial capable de franchir l’Atlantique en un peu plus de trois heures. C’est deux fois plus rapide que ce qu’il en faut encore aujourd’hui aux avions modernes.

À son arrivée à Québec, le 14 juillet 1984, le Concorde avait attiré une foule de curieux à l’aéroport.
Photo d'archives, Leopold Rousseau
À son arrivée à Québec, le 14 juillet 1984, le Concorde avait attiré une foule de curieux à l’aéroport.

3 h 36

Ce 14 juillet 1984, jour de fête nationale en France, le Concorde aux couleurs d’Air France a mis précisément 3 h 36 pour relier Paris à Québec, dont 2 h 33 à une vitesse supersonique. Une escale qu’il réalise pour la première fois de son histoire.

« Un vol sans histoire, donc un bon vol », s’exclame le commandant de bord, Pierre Conte, tout juste sorti du supersonique et portant un veston sobre et des lunettes de soleil.

84 passagers prenaient place à l’intérieur, en majorité des Québécois. Beaucoup en étaient à leur première expérience sur un vol qui dépasse la vitesse du son.

« Je me suis senti au ciel. C’est plus cher, mais c’est encore abordable si l’ont tient compte qu’il s’agit d’une expérience extraordinaire », a expliqué l’un d’eux, Jean-Marie Goulet, de Gatineau.

Le début de la fin

À l’époque, cela fait seulement huit ans que la fierté des Français et des Britanniques a entamé sa carrière.

Déjà, malgré toutes ses innovations, le programme du Concorde semble s’essouffler : en 1984, seulement deux compagnies aériennes l’ont réellement adopté parce qu’il coûte cher à utiliser, tant en carburant qu’en maintenance, et plusieurs aéroports le boudent parce qu’il fait trop de bruit.

En fait, depuis l’année précédente, l’aéronef de 100 places ne dessert plus que New York, si l’on ne tient pas compte des vols nolisés.

Pourtant, son règne dans le ciel est loin d’être terminé et il continuera d’émerveiller des passagers pendant 19 ans, jusqu’à son retrait en 2003, provoqué par une crise des transports aériens et bien entendu par l’écrasement dramatique d’un Concorde d’Air France le 25 juillet 2000, tuant 113 personnes.

— Texte et recherche : Dominique Lelièvre et Stéphane Doré