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Sur les traces de son père

Arturo Gatti fils aimerait faire carrière dans la boxe

Amanda Rodriguez
Photo PIerre-Paul Poulin Arturo Gatti fils estime avoir le même style guerrier que son père.

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Tel père, tel fils. Cette expression s’applique bien au fils du défunt boxeur Arturo Gatti.

Arturo Gatti fils n’avait que 10 mois lorsque son paternel est décédé. Toutefois, les gènes de celui-ci sont toujours bien présents, surtout ceux de la passion pour la boxe.

Après avoir essayé plusieurs disciplines, Arturo a demandé à sa mère Amanda de tenter sa chance dans un sport de combat. Celle-ci a alors embauché un professeur de kickboxing pour qu’il vienne donner des cours à son fils à la maison.

Cependant, il manquait quelque chose à l’enfant, qui avait huit ans à ce moment.

« Je trouvais cela ennuyant, a indiqué Arturo Gatti fils au représentant du Journal de Montréal. Je voulais goûter à l’expérience d’un gymnase et m’entraîner avec d’autres personnes. »

Arturo Gatti fils avec son entraîneur Moe Latif.
Photo PIerre-Paul Poulin
Arturo Gatti fils avec son entraîneur Moe Latif.

Il a alors décidé de s’inscrire au gymnase Ring 83, à quelques kilomètres du condo familial situé dans le nord de Montréal. Depuis deux ans, il s’entraîne avec Moe Latif. Pour le moment, le garçon de 10 ans n’a pas encore participé à un combat, mais il piaffe d’impatience de le faire.

« Moe m’a dit qu’on va s’entraîner bientôt pour un combat, a précisé celui qui ressemble comme deux gouttes d’eau à son paternel. J’aimerais faire carrière comme mon père. »

Des combats de papa

Arturo n’a jamais vu son père en action. Toutefois, il regarde régulièrement des vidéos des combats légendaires de celui qui était surnommé « Thunder » durant sa carrière.

Amanda Rodriguez
Photo PIerre-Paul Poulin

« C’est spécial parce que j’ai l’impression de me voir dans le ring. Nos styles se ressemblent beaucoup. J’ai le même côté guerrier que lui, a raconté Gatti dans un français parfait. Mon combat préféré de mon père est le deuxième choc avec Micky Ward.

Je regarde souvent le premier combat contre Ivan Robinson également. »

Sa mère se joint à lui de temps en temps.

« Il n’aime pas les regarder avec moi parce que je deviens trop émotive. Je pleure souvent, a indiqué Amanda Gatti. Lorsque ça touche les deux, ça me touche encore plus. »

Lorsqu’il regarde la carrière fructueuse de son père, Arturo en est très fier. Ce n’est pas pour rien qu’il aimerait l’imiter un jour.

« Je me vois devenir professionnel et gagner ma vie avec ce sport. J’aimerais faire mon nom à moi et devenir champion du monde. »

La crainte d’une maman

Amanda Gatti n’a pas sauté de joie lorsque Arturo lui a demandé de faire de la boxe.

« J’étais contre, a-t-elle affirmé. Cependant, il est très athlétique et il a du succès dans tous les sports qu’il touche. Arturo parle de la boxe depuis qu’il a 4 ans.

Amanda Rodriguez
Photo PIerre-Paul Poulin

Il voulait goûter à l’expérience du gymnase. Je me suis fait à l’idée en me disant que chaque sport apporte de la discipline. La boxe lui a déjà appris beaucoup de choses.

Il est heureux dans un gym de boxe. »

On ne sait pas encore si un autre Gatti fera carrière dans le monde de la boxe un jour. Toutefois, Arturo fils est animé par la même passion que son paternel. Un ingrédient essentiel qui pourrait l’amener très loin.

La réincarnation de « Thunder »

Amanda Rodriguez
Photo PIerre-Paul Poulin

On s’est rendus au gymnase où s’entraîne Arturo Gatti fils afin de voir le garçon en action.

Le gymnase Ring 83 est un petit gymnase où une cinquantaine de boxeurs se défoulent sur une base quotidienne.

Amanda Rodriguez
Photo d'archives

Après avoir mis ses bandages, le petit Arturo enjambe les câbles. Il se met à faire du shadow boxing et quelques déplacements. Les similitudes avec son défunt père sont frappantes, pour ne pas dire épeurantes.

« C’est comme une réincarnation de son père, a mentionné l’entraîneur de Gatti, Moe Latif. Dès le premier jour qu’il est venu au gymnase, j’ai été frappé par son jeu de pieds, qui est identique à celui de son paternel.

Arturo Gatti père (<i>à gauche</i>)
Photo d'archives
Arturo Gatti père (à gauche)

Je passe mon temps à lui dire de garder les mains hautes. Il se fout de la défensive. Il veut foncer et frapper comme son père. Tant que vous ne l’avez pas vu, vous ne pouvez pas le croire. »

Un combat bientôt

Gatti s’entraîne avec Latif depuis deux ans. Il a hâte à son premier combat amateur, mais son entraîneur veut prendre son temps avec lui.

« Arturo pourrait déjà faire des combats, a expliqué Latif. Il y a un programme pour les enfants âgés de 8 à 10 ans, mais ils peuvent seulement frapper au corps et pas à la tête.

Je sais déjà qu’Arturo ne serait pas capable de suivre cette règle. Il l’a dans le cœur. Il foncerait sur son adversaire pour le cogner et lui faire mal. Je sais qu’il serait disqualifié. Il n’aurait pas de plaisir. »

Arturo, qui aura 11 ans à l’automne, devra attendre à l’âge de 12 ans avant de pouvoir frapper un adversaire à sa guise dans un combat amateur.

« Je ne lui mettrai jamais de pression parce qu’il est le fils d’une ancienne grande vedette de la boxe. C’est un enfant comme les autres, a souligné Latif. Je traite mes boxeurs comme si c’était mes frères et mes enfants. On est dans un gym très familial. »

Fier d’être un Gatti

Pour un garçon, ce n’est pas toujours évident de porter le nom de son père, surtout lorsqu’il a été champion du monde. Les exemples sont nombreux dans l’histoire de la boxe.

On peut penser à Ronald Hearns ou à Aaron Pryor, qui ont échoué dans leur objectif d’imiter les exploits de leur paternel respectif. Le nom de famille vient très souvent avec une certaine pression, et ce, peu importe le sport.

« Je suis fier de le porter, a indiqué Arturo fils lorsqu’il a été interrogé à ce sujet. Ce n’est pas difficile d’avoir le nom de famille Gatti. Je demeure moi-même.

À l’école, les autres savent très bien qui était mon père et ce qu’il représente pour moi. »

Digne d’un temple

Pour démontrer que son père est un élément de fierté dans sa vie, Arturo fils nous a fait visiter sa chambre. Lorsqu’on effectue un premier balayage, c’est impressionnant.

Les deux ceintures de champion du monde de Gatti sont accrochées au mur dans des boîtiers. Sur les étagères, on remarque plusieurs trophées remportés par le Montréalais durant sa carrière.

Il y a aussi quelques affiches des combats où « Thunder » était la vedette. On remarque peu de choses qui sont relatives à un enfant de 10 ans.

Puis, Arturo dit : « Je vais vous montrer quelque chose. »

Le garçon va dans une pièce et rapporte un gros sac transparent. Dans celui-ci, on y retrouve d’anciennes culottes utilisées pendant les combats de Gatti et des peignoirs que « Thunder » a portés lors de ses marches vers le ring.

Il ne serait pas surprenant qu’Arturo porte ces objets un jour afin de rendre hommage à son paternel. Après tout, la pomme n’est pas tombée très loin de l’arbre.