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Dans le monde des ninjas

Dossier Beauharnois
Photo Chantal Poirier Catherine Mallette participera aux championnats du monde de l’Ultimate Ninja Athlete Association (UNAA) à la fin du mois.

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En moins de deux minutes, ils franchissent une dizaine d’obstacles plus grands que nature et offrent toute une performance devant des millions de téléspectateurs. Il y a toutefois plus au sport du Ultimate Ninja. Rencontre avec Catherine Mallette, qui se rendra aux championnats du monde de l’Ultimate Ninja Athlete Association (UNAA), du 26 au 28 juillet.

« Dans les émissions comme Ninja Warrior, les épreuves sont très courtes. En compétition, on est sur le parcours beaucoup plus longtemps », explique Catherine Mallette.

« Longtemps », comme dans un effort de moins de 10 minutes. L’athlète de Boisbriand a bouclé le parcours d’obstacles en 8 min 41 s en avril dernier, une performance qui lui a valu sa qualification pour les championnats du monde.

« Ça paraît interminable ! L’intensité est vraiment élevée. Tout le haut du corps fait mal, et j’étais tellement à bout de souffle que j’en ai perdu la voix après ma performance », ajoute la « ninja » de 28 ans.

La naissance d’une ninja

Catherine Mallette a découvert le sport en janvier dernier, alors qu’une compétition de ninja se déroulait pour la première fois au Crux, à Blainville, où elle s’entraîne en escalade. Son bagage athlétique de course à pied, de soccer et de gymnastique, combiné à son expérience en escalade, laissait présager de bonnes qualités physiques pour s’attaquer à un parcours à obstacles relevé.

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Photo Chantal Poirier

« J’ai failli ne pas m’inscrire, puis je me suis inscrite, et j’ai failli ne pas me présenter », dit l’infirmière de profession.

Participer à une compétition d’ultimate ninja exige de la puissance, de l’endurance musculaire, de l’équilibre, de l’explosivité, de la vitesse et de la coordination... mais aussi beaucoup de courage. Il y a la peur de se buter contre un obstacle plus grand que soi. Frapper un mur, en somme.

Les épreuves de l’Ultimate Ninja se terminent d’ailleurs par une rampe de 14 pieds à franchir. Tout un mur.

« Et on l’affronte alors qu’on est épuisé physiquement. C’est ça le réel défi en ninja. Chaque obstacle individuellement, ça peut à la limite aller, mais l’accumulation des huit, douze ou quinze obstacles enchaînés, sans répit, c’est stressant et épuisant », fait valoir Catherine Mallette.

Elle avait peur de tomber, et elle n’est pas tombée. « C’est d’ailleurs l’une de mes forces : je ne lâche pas. »

Le mental est solide, mais aussi sa poigne. L’endurance du haut du corps et la force de préhension qu’elle a déjà développées en escalade valent leur pesant d’or dans un sport où les pieds touchent à peine au sol.

Première fois

Le sport fait fureur au Japon depuis les années 1990, et il attire les foules aux États-Unis depuis plus de 10 ans. Au Québec, on s’y intéresse depuis 2017, à peine. Cette année, une compétition de l’Ultimate Ninja Athlete Association (UNAA) se déroulait pour la première fois dans la province, au Motion Park de Granby. Conséquemment s’ouvrait une porte aux Québécois qui souhaitaient s’initier à ce sport, et du même coup se qualifier pour ses championnats du monde. Tout un baptême !

Catherine Mallette est du nombre. L’accompagneront Béatrice Moyen-Sylvestre et Jason Francœur, ainsi qu’une petite délégation de jeunes ninjas et de masters.

« C’est tout nouveau pour nous, et on ne sait pas encore à quoi s’attendre », dit Catherine Mallette.

« J’aimerais qu’un Québécois soit sur le podium ! Et tant mieux si c’est moi », dit l’athlète de Boisbriand, mi-sérieuse.

« J’espère surtout faire découvrir ce sport aux jeunes. C’est l’fun et ça demande un entraînement pluridisciplinaire complet, » précise Catherine Mallette.

Le Ninja au Québec

Embryonnaire : voilà qui résume l’état du sport Ultimate Ninja dans la province, voire au pays. Au Québec, pour l’instant, trois gyms proposent des installations officielles ninja : le Crux à Blainville, le Motion Park à Granby et le Voltizone à Mascouche.

« Ce sont jusqu’à maintenant majoritairement les jeunes qui embarquent massivement dans le sport. Ils trouvent ça trippant ! On dirait que les adultes n’osent pas autant », dit Jean-François Carrier, copropriétaire du gym Crux.

L’ouverture d’un nouveau grand centre spécialisé pour les athlètes est prévue en 2020 sur la Rive-Sud par les fondateurs de Clip ’n Climb.

« Le but, c’est de rendre le sport accessible et sécuritaire. On croit vraiment à l’intérêt de ce sport pluridisciplinaire qui intègre le parkour, l’escalade, la gymnastique et le CrossFit. », dit Marc-André Roy de Clip ’n Climb.

En septembre 2019 sera en outre lancée la première ligue canadienne d’Ultimate Ninja : la Canadian Ninja League. Selon les organisateurs, déjà 13 événements canadiens sont confirmés, dont trois Québécois.

La finale canadienne se tiendra ensuite à Vancouver en août 2020.