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Disparition en hélicoptère du président de Savoura: un signal cellulaire aide la recherche

La Sûreté du Québec a fouillé un lac pendant qu’avions et hélicoptères survolaient une zone réduite

Serres Savoura
Photo Martin Chevalier

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SAINTE-SOPHIE | L’émission d’un faible signal de téléphonie cellulaire le jour de la disparition en hélicoptère du président de Savoura et de son fils a permis de réduire la zone de recherche et de commencer à sonder les profondeurs d’un lac.

La Sûreté du Québec (SQ) a sillonné avec un sonar le réservoir Mitchinamecus situé à environ 125 km au nord de Mont-Laurier en espérant trouver une masse qui pourrait être l’appareil dans lequel le PDG de Savoura, Stéphane Roy, et son fils prenaient place lorsqu’ils ont disparu le 10 juillet­­­ dernier.

Depuis jeudi, l’armée et la SQ faisaient des recherches du haut des airs.

Depuis vendredi, une vingtaine de propriétaires d’hélicoptères scrutent aussi le vaste territoire à partir du ciel, bénévolement.

« Certaines [nouvelles] informations dont des signaux de télécommunication et les plans de vol habituels de M. Roy nous poussent à fouiller dans cette direction [du réservoir] », explique la porte-parole de la SQ, Hélène Nepton.

Une tour de téléphonie a capté un signal le jour de la disparition dans ce secteur.

Un hélicoptère Griffon de l’armée canadienne­­­ a décollé hier de l’aéroport de Mirabel où le poste de commandement des recherches a été installé. 
Photo Agence QMI, Martin Alarie
Un hélicoptère Griffon de l’armée canadienne­­­ a décollé hier de l’aéroport de Mirabel où le poste de commandement des recherches a été installé. 

Cette information a permis de réduire la zone de recherche lundi.

Parallèlement, des appareils de l’armée et de civils ont continué de survoler celle-ci à la recherche d’indices.

La SQ fouille une zone de 14 km2 de l’étendue d’eau d’une superficie totale de 64,75 km2 (l’île de Manhattan à New York fait 59,1 km2) située à 5 km du chalet du Lac-De la Bidière dans lequel l’homme et son adolescent se trouvaient pour un séjour de pêche.

On s’explique mal ce qui a pu se passer lors du vol de retour du duo qui devait revenir à sa résidence de Sainte-Sophie.

Selon Environnement Canada, aucun élément significatif pouvant nuire à un vol n’a été observé.

Manœuvre périlleuse

L’hypothèse que M. Roy ait dû poser son hélicoptère de type Robinson R44 sur l’eau fait partie des pistes explorées, mais ceci s’apparenterait à une manœuvre complexe selon les experts consultés.

« Amerrir n’est pas le meilleur des scénarios. L’eau peut parfois être aussi dure que le ciment », explique l’expert en aviation civile Jean Lapointe.

Selon ce dernier, il est préférable de se poser dans les arbres puisqu’« à très basse vitesse, certains conifères ont la capacité d’amortir la chute ».

Chef pilote chez Passeport Hélico, Patrick Lafleur précise que poser son hélicoptère sans flotteurs sur un plan d’eau requiert du sang-froid, mais qu’il est possible de s’en sortir.

« Quand le pilote réussit à contrôler l’appareil jusqu’à l’amerrissage et que le moteur fonctionne, il faut d’abord couper le système électrique. Ensuite, on ouvre les portes et on arrête le moteur. À ce moment, l’hélicoptère va verser d’un côté ou de l’autre. Le problème, c’est que le choc peut être assez intense quand les pales du rotor frappent l’eau. Il faut ensuite réussir à se détacher. »

Si l’appareil se trouve en effet sous l’eau, cela pourrait expliquer pourquoi la balise d’urgence (ELT) ne fonctionne pas. Elle pourrait aussi ne pas s’être déclenchée si l’appareil s’est enfoncé progressivement dans l’eau, sans choc.

Même s’ils survolent des plans d’eau, les occupants d’un hélicoptère ne sont pas tenus de porter un gilet de sauvetage, contrairement à ceux qui se trouvent dans des hydravions.

Le réservoir Mitchinamicus est généralement parsemé de plages sablonneuses à ce temps-ci de l’année, mais en raison des crues printanières, le niveau d’eau y est encore élevé. Les plages sur lesquelles l’hélico aurait pu se poser sont donc à peu près inexistantes.

Les proches restent confiants

Du côté de l’entreprise et de la famille de M. Roy, l’espoir est toujours présent et on demande aux gens de rester à l’affût du moindre détail qui pourrait permettre de localiser l’appareil.

« On est confiants de les retrouver, mais on souhaite qu’il y ait plus de recherches sur le terrain », a dit le directeur affaires publiques et gouvernementales de Savoura, Marc-André Laurier Thibault.

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