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Desjardins lance la balle à Ottawa

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OTTAWA | Le président de Desjardins Guy Cormier, appelé à Ottawa hier pour répondre du vol de données de millions de ses membres devant les parlementaires, a plutôt exigé que le fédéral fasse ses devoirs pour mieux protéger les Canadiens.  

On sentait que le PDG de Desjardins ne voulait pas y être, dès la première phrase de son témoignage devant le Comité permanent de la sécurité publique nationale hier. 

«Nous étions, chez Desjardins, ambivalents face à cette séance extraordinaire du comité», a lancé M. Cormier, ajoutant qu’il la jugeait «prématurée» à cause de l’enquête policière toujours en cours. 

«D’autre part, cette séance spéciale représente une occasion d’alerter les législateurs et l’opinion publique sur l’enjeu de la sécurité des renseignements personnels, et sur la nécessité de repenser la notion d’identité numérique au Canada», a-t-il ajouté. 

  • Écoutez l'entrevue avec Steve Water­house, expert en sécurité de l’information, à QUB Radio:

Former un comité 

M. Cormier a proposé à Ottawa de créer un comité multipartite pour se pencher sur la question de la protection des données numériques et des renseignements personnels des Canadiens. 

«Le statu quo n’est pas acceptable», a-t-il dit. 

M. Cormier est toutefois resté vague quand les députés lui ont demandé ce qui manquait présentement aux lois canadiennes. 

«Qu’ils se penchent sur comment on souhaite que l’information circule à l’ère du numérique, a-t-il répondu. Est-ce qu’on est ensuite capables de faire circuler cette information sur des plateformes ou mécanismes où les gens sont capables de sentir tous les niveaux de sécurité, par exemple?» 

Le PDG de la coopérative s’exprimait dans le cadre d’une réunion d’urgence demandée par les conservateurs. Les députés voulaient mieux comprendre comment il était possible qu’un ex-employé puisse voler les données personnelles de 2,9 millions de membres de la coopérative, dont 2,7 millions de particuliers. 

Plusieurs députés membres du comité ont révélé qu’ils étaient parmi les victimes et qu’ils s’inquiétaient d’un possible vol d’identité. À ceux-ci, M. Cormier a souvent répété les mesures prises par la coopérative pour protéger ses membres, dont le programme de protection annoncé le matin même. 

Changer les NAS? Mauvaise idée, dit Ottawa 

La proposition de changer le numéro d’assurance sociale des victimes du vol de données chez Desjardins est une fausse bonne idée, dit Ottawa. 

«L’obtention d’un nouveau numéro d’assurance sociale ne protégera pas les particuliers contre la fraude. L’ancien numéro continue d’exister et il est toujours lié au particulier», a expliqué Élise Boisjoli, sous-ministre adjointe chez Emploi et Développement social Canada. 

Plus de facilitateurs de cybercrimes 

Il y a de plus en plus d’organisations illégales qui aident les voleurs de données potentiels à sévir, constate la police fédérale. 

«Nous avons remarqué une augmentation de la cybercriminalité en tant que service, donc quand on aide d’autres à commettre un cybercrime, a expliqué le surintendant Mark Flynn, directeur général, Criminalité financière et cybercriminalité, à la GRC. C’est un secteur clé qu’on vise, et nous nous attaquons davantage à ceux qui facilitent les cybercrimes plutôt que chacun de leurs clients.» 

Il faut surveiller son crédit 

Les hauts fonctionnaires qui se sont prononcés devant le comité parlementaire hier étaient d’accord sur un point : tous les Canadiens devraient s’abonner à un service de surveillance de crédit comme Equifax. Selon eux, c’est la façon la plus fiable de savoir si son identité a été volée ou si une carte bancaire a été compromise par des fraudeurs.