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Tragédie routière: son mari et sa cadette luttent pour leur vie après le décès de sa fille

La famille de Val-d’Or espère un miracle pour que les deux sortent du coma

Collision mortelle
Photo courtoisie Alice et Éléonor Létourneau, lors du mariage de leurs parents Kevin Létourneau et Fanie Chassé, le 20 avril 2018, à Cuba.

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Une mère fredonne du Pierre Lapointe au chevet de sa fille dans le coma alors que son mari lutte pour sa vie dans un autre hôpital et que son aînée est décédée dans une collision survenue vendredi en Abitibi.  

« Ce matin-là, mes filles ont chanté à tue-tête Formidable de Stromae, juste avant d’aller me reconduire au travail, raconte Fanie Chassé. Je leur ai dit : “Je vous aime.” Elles m’ont répondu : “Je vous aime.” J’ai quitté l’auto. Elles étaient comme ça, mes filles. Elles répondaient toujours au nous. »      

Le destin a voulu que ce soit leurs derniers échanges. Quelques heures plus tard, vers 13 h 40, le drame survenait quand un poids lourd emboutissait la Mitsubishi familiale sur la route 117 à Rivière-Héva, fauchant la vie d’Alice Létourneau, 5 ans.     

Selon toute vraisemblance, le père aurait tenté d’éviter un chien qui traversait la route.      

Vendredi matin, Alice et sa petite sœur, Éléonor, 4 ans, sont allées rejoindre leur maman dans son lit. C’était la routine.      

Mme Chassé devait aller coiffer ses clientes dans un salon de Val-d’Or, alors que son mari, Kevin Létourneau, 29 ans, partait avec les deux filles au chalet familial situé à La Motte, à 37 minutes de route du salon de coiffure.    

Le camion lourd qui a heurté la Mitsubisihi Lancer de la famille.
CAPTURE D'ÉCRAN, TVA NOUVELLES
Le camion lourd qui a heurté la Mitsubisihi Lancer de la famille.

Cauchemar  

Éléonor et son père Kevin Létourneau sont toujours dans le coma.     

Le jour de l’événement, les clientes de Mme Chassé ne cessaient de parler de la collision. Occupée, la maman n’a jamais regardé les réseaux sociaux. C’est finalement à 15 h 56 qu’un policier lui a appris que sa famille était impliquée.     

« J’ai appelé ma mère et je lui ai demandé de s’en venir. Elle a apporté des framboises aux filles pour prendre la collation dans la salle d’attente. Jamais on n’a pensé à la gravité de la chose », dit-elle.      

Sur place, un médecin est venu voir les membres de la famille déjà arrivés. Il leur a annoncé qu’une des deux filles était décédée.     

Vu la ressemblance et les 11 mois de différence d’âge entre les deux enfants, les spécialistes n’arrivaient pas à déterminer qui était qui.     

 « Ils ont ouvert une grande porte et c’est à ce moment que j’ai appris quelle était la fille qui me restait. J’étais incapable d’identifier celle qui était morte, j’ai donc identifié celle qui me restait », raconte la mère émotive.     

Rêve de Docteure  

Malgré le jeune âge d’Alice, l’enfant rêvait de devenir médecin pour prendre soin des enfants de sa sœur.      

« C’est ironique. Quand je vois les médecins, je l’imagine et je sais qu’elle aurait très bien pu devenir une bonne docteure. Elle voulait soigner les enfants de sa sœur. Parce qu’Éléonor, elle, son rêve c’est de devenir maman, soupire-t-elle. On a perdu Alice, mais aussi perdu tous ces rêves-là. »     

Un deuil et l’espoir qu’ils survivent à l’accident     

Les deux sœurs inséparables.
Photo courtoisie, Fanie Chassé
Les deux sœurs inséparables.

La mère éplorée par la collision mortelle ne peut pas vivre son deuil, alors qu’elle garde toutes ses énergies pour les deux survivants miraculeusement en vie.     

« Tout est mis sur pause pour le deuil. Nous sommes conscients de la tragédie. Nous aimerions être tranquilles, mais là, on ne peut pas », souffle Fanie Chassé assise sur un banc d’hôpital.     

Résidents de Val-d’Or, les deux blessés et la maman ont atterri à Montréal par avion dans la nuit de vendredi à samedi. Vu l’état critique des deux personnes, Kevin Létourneau et l’enfant ont été transférés dans deux hôpitaux montréalais.     

Depuis, une partie de la famille reste au chevet de M. Létourneau, alors que l’autre entoure Éléonor.     

Avenir incertain  

Pour le moment, le plus difficile pour les proches est de ne pas connaître l’avenir. L’état du papa et celui de l’enfant demeurent encore très critiques, selon la famille.      

« Comment on va annoncer le décès d’Alice sans nuire à leur santé ? s’interroge la maman. On demeure positifs. Nous aurions pu perdre les trois. »      

Même questionnement pour la petite Éléonor qui a perdu sa complice.      

« Leur chimie ensemble était parfaite. Elles passaient toujours pour des jumelles. Alice était une vraie petite maman. Elle pensait toujours à sa petite sœur. S’il restait un biscuit, elle le séparait en deux et elle lui donnait la moitié », se remémore la maman.      

La famille devait déménager bientôt dans sa première maison familiale, alors que les deux sœurs avaient déjà choisi leur décoration.

♦ Une collecte de fonds GoFundMe a été créée pour aider la famille dans cette épreuve.