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«La brousse, c’est notre université à nous»

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Le Journal a consulté le commandant de bord Dominic Daoust, un ancien pilote de brousse maintenant pilote de ligne.

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Le Beaver est-il un appareil d’une autre époque ?

C’est très vieux, mais c’est un avion qui dure encore aujourd’hui parce qu’il a fait ses preuves. Il n’y a rien de moderne qui bat les performances de cet avion. Des manufacturiers pourraient essayer de bâtir un avion aussi fort et performant, mais ça serait huit fois le prix. On ne change pas une recette qui fonctionne. C’est comme une vieille Mustang ou une Camaro. La mécanique est très simple. Il n’y a rien qui peut briser. C’est extrêmement rare.

Existe-t-il des craintes à son sujet ?

Un passager peut avoir des petits frissons, mais les statistiques le prouvent. C’est un avion mythique au Canada. N’importe qui dans le Nord connaît le Beaver. La plupart des pilotes passent par le Nord. Les commandants de ces avions peuvent faire une carrière au complet sur le même type d’avion et ils deviennent extrêmement connaisseurs de leur avion et du terrain.

Comment qualifier le Grand Nord pour un pilote ?

C’est des centaines de kilomètres avec absolument rien. C’était sûrement les heures les plus excitantes de ma carrière. La brousse, c’est notre université à nous. C’est là qu’on se perfectionne. L’expérience se prend dans le Nord. C’est la meilleure école que nous avons. C’est pour ça que les pilotes canadiens sont si bien vus dans le monde entier parce qu’on fait de tout.

Sommes-nous dans une série noire en aviation ?

Le Beaver n’est pas plus difficile à piloter qu’un autre appareil. C’est l’environnement qui peut être difficile. Je ne pense pas que nous sommes dans une série plus noire qu’une autre période. Nous sommes dans le temps de l’année où tous les avions sortent. C’est une période très active. C’est malheureux, mais ça va sûrement toujours arriver. J’arrive à 7000 heures et je n’ai jamais eu de gros problèmes. C’est extrêmement sécuritaire ce qu’on fait.