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Écrasement mortel d'Air Saguenay : le pilote volait au Labrador depuis sept ans

L’appareil qu’il pilotait avait par contre été impliqué dans un écrasement en 2001

Écrasement mortel d'Air Saguenay : le pilote volait au Labrador depuis sept ans
Photo tirée du site web de la pourvoirie Three Rivers Lodge

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Le pilote qui était aux commandes du Beaver qui s’est écrasé au Labrador, Gilles Morin, cumulait plus de 20 000 heures de vol selon son patron qui le décrit comme un pilote d’expérience qui connaissait bien le secteur du Labrador.

M. Morin, 61 ans, pilotait depuis 2011 chez Air Saguenay. Selon nos informations, il ferait partie des quatre personnes toujours portées disparues par les autorités. 

Ce dernier attitré depuis quelques années au contrat de la pourvoirie Three Rivers Lodge au Labrador faisait aussi des contrats de chasse à l’automne. 

Dans les bureaux et les différentes bases d’Air Saguenay, tout le monde était sous le choc mardi. 

«Tout le personnel volant et les employés, on est tous très touchés par cette tragédie-là. Je dirais même qu’on est incrédules parce que c’est un pilote tellement prudent et sécuritaire. On ne peut pas s’imaginer comment ça a pu lui arriver à lui», souligne Jean Tremblay, président d’Air Saguenay, le décrivant comme un homme «très consciencieux». 

Pilote en demande

Gilles Morin connaissait bien le secteur du Labrador où s’est produit l’écrasement puisqu’il volait dans la région depuis sept ans. En fait, le pourvoyeur exigeait même que ce soit lui qui se charge de ses clients année après année. 

«Le pourvoyeur, Three Rivers Lodge, me le redemandait tous les ans. C’était comme une exigence pour eux que ce soit Gilles le pilote. Il était très apprécié de la clientèle et professionnel jusqu’au bout des doigts», ajoute Jean Tremblay. 

À première vue, ce dernier s’étonnerait qu’un pépin mécanique ou la météo ait causé le drame. 

«Je pense beaucoup plus pour l’instant à une erreur humaine ou à un malaise. Tout le monde a son médical, mais personne n’est à l’abri d’une crise de cœur ou quelque chose du genre», souligne Jean Tremblay. 

Avion déjà impliqué dans un crash

Quant à l’appareil impliqué dans le crash, Le Journal a pu confirmer que ce dernier avait déjà été impliqué dans des incidents par le passé. 

Le DHC-2 de Havilland immatriculé C-FJKI a notamment été impliqué dans un écrasement le 7 juillet 2001. L’accident, survenu à environ 200 kilomètres au nord de Chicoutimi avait fait cinq blessés. 

Selon le récit fait de l’accident dans les médias à l’époque, l’appareil avait heurté des arbres lors d’un virage serré pour éviter un épais banc de brouillard. Après l’impact initial, l’avion s’était retourné avant de s’écraser dans la végétation. 

Heureusement, ni le pilote ni les quatre passagers n’avaient péri dans l’écrasement. Les cinq occupants avaient malgré tout été transportés à l’hôpital pour y soigner des blessures. 

Le grand patron d’Air Saguenay a confirmé qu’il s’agissait bien du même appareil. L’avion avait été reconstruit l’hiver suivant et avait repris les airs à l’été 2002. 

«Il avait été rebâti et on a continué à voler. C’était refait selon les normes», a précisé M. Tremblay mardi. 

L’expert en aviation Jean Lapointe assure de son côté que la compagnie avait l’habitude de faire les choses de la bonne façon. «C’est une compagnie qui a une bonne réputation», confie l’expert, saluant notamment la longévité de l’entreprise fondée dans les années 1970.