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Des citoyens craignent d’être enclavés à Oka

Des centaines d’entre eux ont fait entendre leurs inquiétudes, mercredi

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 OKA | Des centaines de citoyens d’Oka ont manifesté mercredi soir leur appui au maire, qui craint de voir les terrains à l’entrée de la municipalité passer aux Mohawks de Kanesatake. 

 Ils étaient au moins 400 résidents réunis à l’église d’Oka à la demande du maire Pascal Quevillon. 

À l’invitation du maire d’Oka, Pascal Quevillon, des centaines de résidents se sont réunis dans une église, sur la rue des Anges.
Photo collaboration spécial, Stéphane Sinclair 
À l’invitation du maire d’Oka, Pascal Quevillon, des centaines de résidents se sont réunis dans une église, sur la rue des Anges.

 « On risque fortement de se retrouver avec des cabanes à cigarettes et des cabanes à pot à l’entrée d’Oka. On n’en veut pas », a lancé M. Quevillon sous un tonnerre d’applaudissements. 

Pascal Quevillon, Maire d’Oka
Photo collaboration spécial, Stéphane Sinclair 
Pascal Quevillon, Maire d’Oka

 Le maire de cette ville des Laurentides craint de voir les maisons d’Oka être dévaluées. Il demande au gouvernement fédéral d’impliquer la municipalité dans les négociations avec le conseil de bande de Kanesatake. 

 « C’est une séance d’information, mais c’est aussi un message important qu’on lance au gouvernement fédéral », a-t-il dit. 

 Bruno Hervieux, un restaurateur d’Oka, partage les craintes de plusieurs de ses concitoyens. 

 « Pour le moment, dans l’état actuel des choses, la rétrocession de ces terres est inquiétante. » 

 Même l’ancien maire d’Oka, Yvan Patry, a donné son appui à M. Quevillon. 

 À l’extérieur de l’église, une dizaine de Mohawks manifestaient pacifiquement en chantant et en jouant du tambour. Ils arboraient un drapeau à l’effigie de leur communauté. 

Des Mohawks ont manifesté pacifiquement devant le lieu culte. 
Photo collaboration spécial, Stéphane Sinclair 
Des Mohawks ont manifesté pacifiquement devant le lieu culte. 

 La nation mohawk revendique des territoires qui leur reviendraient de droit depuis 150 ans. Ces terres ont plutôt été vendues à des Blancs par les frères sulpiciens. 

 Le fédéral a reconnu l’injustice et déposé une offre de 128 millions $ aux Mohawks afin de régler une partie des revendications territoriales. 

 Réunion du grand chef 

 Or, un propriétaire okois, qui possède 95 % des lots vacants du territoire, a récemment accepté de mettre à la disposition des Mohawks – par la vente ou la cession – l’ensemble de ses terrains, ce qui fait craindre à certains habitants d’Oka l’enclavement de leur ville. Une partie du territoire éventuellement transféré était au centre de la crise d’Oka de 1990. 

 Le grand chef Serge Simon, de Kanesatake, a lui aussi tenu une session d’information qui visait à rassurer les citoyens d’Oka, plus tôt dans la journée. 

 « On veut être en harmonie avec vous. Je rêve du jour où mes enfants joueront avec les vôtres », a-t-il lancé. 

 Ils étaient une centaine à assister à la réunion organisée par M. Simon.