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Francostalgie: un trop rare retour en arrière en français

Francostalgie déterre avec sobriété les succès qui ont fait vibrer le Québec et la France

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La nostalgie ne prend pas de vacances cet été. Après avoir remué des souvenirs en anglais des années 1970, 1980 et 1990 au Festival d’été, elle s’exprime pour une rare fois en français dans la revue musicale Francostalgie.

Présenté depuis mercredi et jusqu’au 4 août au Capitole, ce spectacle déterre avec élégance et sobriété plus d’une soixantaine de chansons qui ont fait vibrer les Québécois et les Français, de 1965 à 1995.

Verdict : de la nostalgie en français, ça fonctionne, surtout quand les chansons sont bien choisies.

Constat : Luc Plamondon a prêté sa plume à sept des pièces entendues. Un grand parmi les grands.

Le point commun de tous ces titres ? Les souvenirs du célèbre animateur Michel Drucker qui, par le truchement de la vidéo, partage anecdotes et mises en contexte, ce dernier étant depuis un demi-siècle le trait d’union entre les cultures québécoise et française.

Il faut l’entendre raconter quand il a corrigé Frank Sinatra, qui croyait que My Way était une composition de Paul Anka, alors qu’elle avait été écrite par Claude François, ou prédire que Céline Dion « ira très loin » la première fois qu’il l’a reçue à son émission Champs-Élysées, images d’archives à l’appui.

À quatre voix

C’est en racontant qu’il avait pour voisin en Provence le grand Charles Aznavour que la soirée prend son envol sur l’air de La bohème, interprétée par Maxime Landry.

Ils sont quatre voix, toutes québécoises, à entonner en solo, en duo ou en quatuor les grandes chansons de Gainsbourg, Fugain, Céline, Goldman et plusieurs autres. Outre Landry, Francostalgie mise sur les cordes vocales de Vanessa Duchel, Éléonore Lagacé et Michaël.

Si tous s’acquittent de leur tâche avec aplomb, ce sont Lagacé et Michaël qui se démarquent durant la première partie. La première a offert au piano une superbe version au plus près de l’originale d’Amoureuse, de Véronique Sanson. Quant à Michaël, il a mis le spectacle sur les rails, après un départ trop sage, en se glissant avec aisance dans la peau de Johnny sur Noir c’est noir.

Mais c’est Vanessa Duchel, au retour de l’entracte, qui a offert la performance de la soirée. Son interprétation à fleur de peau d’Une femme avec toi, de Nicole Croisille, a fait l’unanimité.

Un manque d’émotion

Livré sans fausse note et provoquant de nombreux « aaahhh » de bonheur quand une mélodie active la mémoire des spectateurs, Francostalgie manque cependant de moments de grandes émotions, en raison de l’enchaînement rapide, presque mécanique, des pièces et des apparitions de Drucker.

La production constitue cependant une formidable leçon d’histoire de la chanson francophone et ne s’attarde pas seulement aux grandes voix.

Un clin d’œil à l’avènement du hip-hop via MC Solaar, de même que des détours chez Indochine et les Rita Mitsouko rappellent avec justesse que le rock et la pop en français ont pris plusieurs couleurs au fil des ans.


► Étrenné à Montréal en 2018, Francostalgie sera présenté 20 fois à Québec avant de prendre la route en province. Il est question de lui faire traverser l’Atlantique en 2020.