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Un amuse-gueule avant l’océan Atlantique

Heidi Levasseur fera la traversée aller-retour du lac Saint-Jean avant de plonger à la mer

Heidi Levasseur entreprendra une épreuve colossale en décembre, alors qu’elle tentera de traverser l’Atlantique entre le Sénégal et le Brésil.
Photo courtoisie Heidi Levasseur entreprendra une épreuve colossale en décembre, alors qu’elle tentera de traverser l’Atlantique entre le Sénégal et le Brésil.

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La nageuse Heidi Levasseur n’a jamais eu peur des défis. Elle en fera une autre éloquente démonstration à partir de vendredi soir quand elle sautera dans les eaux du lac Saint-Jean dans le but d’effectuer la traversée aller-retour du plan d’eau, un exploit qui n’a pas été accompli depuis 30 ans.

Descente du fleuve Saint-Laurent entre Montréal et Québec, descente de la rivière Saguenay et 24 h de nage dans le bassin versant de la rivière Saint-Maurice, sans compter ses nombreuses participations à des événements internationaux... Levasseur a vécu toutes sortes d’aventures au fil de sa carrière.

Un hommage à Amyot

Mais la Trifluvienne reconnaît que la distance de 52 km entre Roberval et la plage de Vauvert avant de retourner au point de départ n’aura rien d’une partie de plaisir. Elle a choisi cet endroit pour se préparer à sa grande traversée de l’Atlantique qui doit s’amorcer en décembre prochain afin de rendre hommage à un pionnier de la nage en eau libre au Québec, Jacques Amyot, décédé en septembre 2018. En 1955, il était devenu le premier vainqueur de la Traversée internationale du lac Saint-Jean.

« Le lac, c’est un peu comme une boîte à surprises. On ne sait pas comment le lac va se comporter. Des fois, ça peut être presque une mer tranquille, d’autres fois une mer agitée. Il y aura peut-être des orages, de la pluie, des vents. C’est un défi qui va me permettre de faire face à mes peurs et d’aller plus loin avec moi-même », soutient en entrevue téléphonique la nageuse extrême et conférencière qui a l’intention de boucler l’aller-retour en une quinzaine d’heures.

La native de Cap-Rouge ne sera en effet pas en terrain totalement inconnu puisqu’elle a participé à l’événement annuel regroupant la crème des spécialistes de longue distance en 1996 (40 km). Vingt ans plus tard, elle a complété le tour du Piékouagami en huit jours, nageant 300 km.

« On ne peut jamais avoir une certitude entière envers ce qu’on a fait dans le passé. Il n’y a rien qui certifie que ça va être réalisable ou qu’on va réussir. Mais ça me donne aussi le carburant pour aller plus loin. C’est l’inconnu », raconte-t-elle.

Heidi Levasseur
Photo courtoisie
Heidi Levasseur

Des tests

Cette répétition sera aussi l’occasion pour la femme de 39 ans, surnommée la Sirène du Québec, de tester de nouvelles manières de s’alimenter dans l’eau pendant une longue période. Végétarienne, elle cherche à trouver le meilleur carburant pour son corps en vue du 3000 km qu’elle entreprendra entre le Sénégal et le Brésil.

« Il y a de nouvelles recettes qu’on essaie. J’aime avoir une gamme d’aliments variés que mon corps absorbe. Je peux manger différentes soupes, des chilis, des patates pilées. »

L’organisation de la Traversée internationale a même inclus l’itinéraire à sa programmation. Heidi Levasseur sera suivie par trois personnes à bord d’un zodiac tout au long de l’aventure. Son ami de cœur, Main Bergeron, la suivra pour sa part en kayak par moments.

Une cause louable derrière un défi titanesque

Au-delà de son ambition sportive de devenir la première femme à compléter la traversée de l’Atlantique à la nage, Heidi Levasseur portera un message encore plus important à ses yeux pendant qu’elle sera dans l’eau à réaliser ce défi titanesque : celui de sensibiliser la population mondiale à la protection de l’environnement marin.

La protection des océans de la pollution plastique est l’une des grandes préoccupations planétaires d’organismes environnementaux en ce 21e siècle. Levasseur veut contribuer en conscientisant les populations à cette cause. Elle souhaite amasser autant de dollars que le nombre de coups de bras qu’elle effectuera, soit l’équivalent de deux millions. L’argent serait remis aux organismes qui traitent de cet enjeu.

« J’ai été directement touchée en 2010 en étant malade dans le fleuve Saint-Laurent. On s’est retrouvé dans de l’eau chaude et dans des eaux stagnantes. Ça me laisse croire que la gastro était liée aux conditions de l’eau. Ma réflexion a cheminé et j’en suis venue à agir pour la protection des océans et des eaux », a-t-elle souligné.

Un défi ultime

S’il manque encore 250 000 $ à recueillir du million de dollars nécessaire à la réalisation du projet, Levasseur a bon espoir d’y parvenir d’ici le départ prévu en décembre, à Dakar, au Sénégal.

La Québécoise estime qu’il lui faudra entre quatre et six mois pour achever cette monstrueuse aventure marine de 3000 km jusqu’à Recife, au Brésil, en nageant entre sept et huit heures par jour. Elle sera accompagnée par un bateau à bord duquel un équipage veillera à ses bons soins, dans l’eau comme sur le bateau pendant ses périodes de repos. Une borne GPS servira à homologuer l’exploit qui sera filmé par un documentariste.

Selon les tentatives antérieures recensées sur son site internet, jamais personne n’a franchi la distance complète entre deux continents. Alors ce défi, en dépit des meilleures ambitions du monde, est-il vraiment réalisable ?

« J’ai confiance en mes capacités. Sinon, je ne me serais pas lancée dans ce défi. Je suis convaincue que je suis capable de réaliser ça avec le bon encadrement. C’est le défi ultime de ma vie et je porte une cause à travers ça. C’est ma principale source de motivation », a-t-elle juré.