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Aide aux médias par Ottawa: les crédits d’impôt sont insuffisants selon un comité d’expert

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Les crédits d’impôt prévus par le gouvernement Trudeau dans son dernier budget sont insuffisants pour empêcher l’érosion des médias et l’État devrait notamment dépenser davantage de son budget de publicité dans les médias canadiens, a conclu un comité d’expert mandaté par Ottawa.

Dans un rapport envoyé mardi au ministre du Patrimoine canadien et à celui des Finances, le Groupe indépendant d’experts sur le journalisme et la presse écrite a affirmé que la presse «est en crise» et que «les médias numériques appartenant à des intérêts étrangers, comme Google et Facebook, priveront l’économie canadienne de sept milliards de dollars provenant de la publicité cette année».

Le programme de crédits d’impôt sur la masse salariale des entreprises médiatiques et pour les citoyens qui s’abonnent à des publications numériques «ne suffira pas à lui seul à empêcher la disparition de nombreuses sources d’information essentielles, en particulier les petits médias locaux qui ne sont pas visés par les mesures du budget 2019 et qui sont extrêmement vulnérables», ont averti les experts. Ces crédits d’impôt devraient aussi être bonifiés.

Publicité de l’État

Face aux revenus publicitaires des quotidiens qui «sont deux fois moins élevés qu’il y a une décennie», ce comité montre du doigt l’État qui boude les médias imprimés et numériques du pays.

«Le gouvernement consacre peu d’argent à ces plateformes, tout en allouant des fonds à des entreprises numériques étrangères qui ne financent pas les salles de presse canadiennes», a indiqué le groupe d’experts.

Il ne comprend pas pourquoi les enveloppes publicitaires publiques ne sont pas davantage versées aux médias canadiens. Il souligne que ces médias «touchent un public plus vaste que jamais», qu’ils «parviennent de manière efficiente à joindre les Canadiens et constituent un moyen efficace de communiquer des messages publics importants».

«Bien que l’aide gouvernementale soit la bienvenue, elle ne remplace pas la publicité gouvernementale et ne compense pas sa disparition. Nous exhortons le gouvernement à prendre l’engagement de consacrer une part substantielle de son budget annuel de publicité aux organes d’information écrite, comme il le faisait auparavant», a écrit le groupe d’experts formé de membres de l’industrie et des syndicats.

Contributions

Ce comité a aussi déploré que «les entreprises numériques étrangères ne financent aucunement de façon significative la création de contenu de nouvelles canadien, même si elles bénéficient du travail effectué par les médias traditionnels».

Par conséquent, «les organisations qui bénéficient du contenu de nouvelles canadien devraient être tenues de participer à son financement. À moins de remédier à cette situation, de nouveaux modèles d’affaires ne verront pas le jour pour soutenir le journalisme indépendant au Canada, et en conséquence le public sera moins informé et moins engagé».

Ce groupe de réflexion suggère donc des réformes fiscales et réglementaires pour assurer la viabilité de l’industrie de l’information.

Quelques propositions clés

  • Hausser à 85 000 $ le plafond salarial applicable au crédit d’impôt et à 35 % le pourcentage du salaire admissible au crédit d’impôt.
  • Augmenter de 15 % à 25 % le crédit d’impôt pour les abonnements aux nouvelles numériques.
  • «Modifier la Loi de l’impôt sur le revenu afin que les placements publicitaires dans les médias étrangers diffusés par Internet ne soient plus considérés comme des dépenses déductibles.»
  • «Modifier la Loi sur le droit d’auteur de manière à ce que les médias d’information d’origine soient correctement rémunérés pour la création de nouvelles protégées par le droit d’auteur qui sont reproduites sur des plateformes numériques.»