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Ça tourne au Québec

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L’industrie de la production cinématographique et télévisuelle du Québec a enregistré en 2017-18 sa meilleure performance à vie alors que la valeur des projets produits en sol québécois atteignait 1,92 milliard $, soit 9,3 % de plus que la précédente année.

Selon l’Observatoire de la culture et des communications de l’Institut de la statistique du Québec, ce record québécois a été rendu possible grâce à deux facteurs, soit une forte hausse de la production télévisuelle en d’autres langues que le français (+107 millions ou 261 %) et une hausse de 30 % (+167 millions $) du côté des productions étrangères.

Le Québec consolide ainsi son troisième rang dans la production audiovisuelle canadienne, étant cependant largement devancé par la Colombie-Britannique (3,6 milliards $) et l’Ontario (2,9 milliards $).

UN BÉMOL

Côté production audiovisuelle en langue française, c’est moins reluisant.

Pour la deuxième année de suite, l’Observatoire note une baisse de 3 % (-11 millions $) de la valeur de la production de fictions, variétés et magazines télévisuels en français.

Pire encore, la baisse de la valeur de la production des documentaires en français atteint les 12 % (-14 millions $).

Heureusement, on a légèrement corrigé le tir avec la production au Québec de longs métrages en langue française : l’Observatoire de la culture rapporte à ce chapitre une augmentation de 3 millions $ de la valeur des productions de films en français.

Autre constat peu flatteur pour les productions en français : le devis moyen des productions télévisuelles en français est à son plus bas niveau des cinq dernières années, soit 1,6 million $ par projet.

Pendant ce temps-là, ajoute l’Observatoire, le devis moyen des productions dans une autre langue est en forte hausse depuis trois ans, passant de 2,6 millions $ en 2014 - 2015 à 3,4 millions $ en 2016 -2017... Puis à 7,1 millions $ en 2017-2018. Donc 4,4 fois plus élevé que le devis des productions en français.

COUPES À RADIO-CANADA

L’Observatoire note une forte baisse de 17 % (63 millions $) au chapitre de la production réalisée à l’interne chez les télédiffuseurs québécois, le volume de production d’émissions étant tombé à 308 millions en 2017-18.

Le gros de cette baisse est attribuable à la Société Radio-Canada qui a réduit son volume de production de 47 millions $ en 2017-18, voire de 25 millions $ au niveau des services de l’information et de 22 millions au niveau du secteur des sports.

REVENUS EN BAISSE

Par rapport à l’année précédente, les télédiffuseurs au Québec ont vu leurs revenus chuter de 6 % (-106 millions $), bouclant l’année 2017-18 avec des revenus de 1,57 milliard.

La grande portion de cette baisse de 107 millions $ provient de Radio-Canada, dont les revenus ont chuté de 79 millions, tombant ainsi à 390 millions pour l’année 2017-18.

Les revenus des télédiffuseurs généralistes privés ont diminué de 12 millions, reculant ainsi à 350 millions. C’est 86 millions de moins qu’en 2012.

La télé payante a elle aussi perdu du terrain pour une cinquième année de suite, les revenus baissant à 121 millions $ (-16 millions $).

Seule la télévision spécialisée s’en est sortie kif-kif à comparer à la précédente année, affichant des revenus de 705 millions $.