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La prochaine mission Apollo 11

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C’était il y a 50 ans, mais je m’en souviens comme si c’était hier.

Mademoiselle Lalonde, ma prof de 2e année que j’adorais, s’était arrangée pour que l’école soit ouverte, même si c’était le 21 juillet.

Tous les élèves qui faisaient du balconville à Verdun sont allés regarder l’alunissage à l’école Notre-Dame-de-la-Paix.

Sur une télé noir et blanc.

Vous vous souvenez des petites télés d’école montées sur des chariots à roulettes, avec des portes en métal de chaque côté de l’écran ?

UN ANTIHÉROS

Ce dont je me souviens le plus, ce sont les photos officielles des trois astronautes avec un agrandissement de la Lune derrière eux.

Neil Armstrong me semblait le gars le plus cool de la planète.

Encore aujourd’hui, je voue un culte à Armstrong.

Le gars était le premier homme (après Tintin, bien sûr) à marcher sur la Lune !

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Or, c’était l’un des hommes les plus humbles et les plus discrets de la planète.

Aujourd’hui, il y aurait 25 000 gadgets avec la face de Neil Armstrong dessus. Et il animerait probablement un talk-show sur les heures de grande écoute.

Il y aurait des restos Neil Armstrong, la sauce à spaghetti Neil Armstrong, la bière Neil Armstrong...

Mais à l’époque, il a tout refusé.

Il a enseigné à l’université de Cincinnati. Puis il est devenu porte-parole pour certaines entreprises.

Il ne s’est jamais considéré comme un héros. Juste comme un fonctionnaire qui a fait sa job.

Savez-vous combien il existe de photos de Neil Armstrong sur la Lune ?

Une. Une seule.

Alors que Justin Trudeau va manger dans un resto indien et prend 67 selfies.

LA SUITE DE E.T.

Trump, qui n’est jamais à court d’idées pour montrer à quel point les Américains sont les plus forts, veut relancer le programme spatial et envoyer d’autres Américains sur l’astre lunaire.

Vraiment ?

Pour moi, c’est comme faire une suite à E.T.

Et si on s’intéressait à notre planète, au lieu de retourner photographier des roches sur la Lune ?

On veut organiser un projet rassembleur, capable de faire vibrer l’humanité ? Qu’on demande aux plus grands cerveaux de la planète de mettre leurs connaissances en commun pour inventer une source d’énergie renouvelable et non polluante.

Si nos génies ont été capables d’inventer la bombe A et la bombe H, ils sont certainement capables de faire ça...

Ça serait aussi important — sinon plus — que la mission Apollo 11.

On dit que le mouvement écologiste est né le jour où l’on a publié la première photo de la Terre prise de l’espace.

Une petite boule bleue, qui flotte dans le vide intersidéral. Fragile, vulnérable...

Eh bien, ça serait un juste retour des choses.

SI ON S’Y METTAIT

Imaginez...

On prend les plus grosses bolles de la planète, on les réunit dans un désert (comme on l’a fait à Los Alamos dans les années 40) et on leur donne un chèque en blanc avec une seule et unique consigne : inventez un moteur non polluant.

Qui roule au jus de pomme, à la salive ou à l’urine de cheval.

Ça serait aussi excitant que la mission d’Armstrong, Collins et Aldrin.

Il suffit de s’y mettre. Et d’y consacrer les ressources nécessaires.