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Le code vestimentaire au travail durant l’été fait des malheureux

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Si marcher pieds nus, sans costume, vêtu seulement d’un vieux jean est une tenue rêvée dans cette chanson évoquant le mode de vie sur la plage à Saint-Tropez, il y a de fortes chances que votre employeur voit d’un autre œil une telle allure au sein de son entreprise.

Dans l’optique où un code vestimentaire est en vigueur, le travailleur doit y obéir et ne peut décider, sans autorisation, d’alléger son habillement pour s’adapter à la météo estivale.

Jouant à la police du style, examinons si des employeurs ont eu raison d’imposer une mesure disciplinaire face à ces diverses tenues vestimentaires.

Le short et le capri

Deux cols bleus reçoivent un avertissement verbal pour s’être présentés au travail revêtus d’un pantalon capri et d’un bermuda, contrevenant ainsi à l’interdiction de porter des pantalons courts.

Dès le lendemain, les deux employés se présenteront au travail avec les mêmes fringues. L’employeur décide, cette fois, de leur remettre un avis disciplinaire écrit.

Or, l’arbitre de grief reproche à l’employeur de ne pas avoir porté clairement le nouveau code vestimentaire à la connaissance de tous les employés, en diluant son importance parmi une panoplie de sujets abordés lors des rencontres d’équipe. L’avis écrit était donc prématuré et est remplacé par un avis verbal.

La veste polaire

Frileuse de nature, une assistante-gérante dans une épicerie enfila une veste noire en laine polaire. Immédiatement, son employeur l’avertit qu’elle contrevenait à sa politique imposant le port du polo de la bannière.

Quelques jours plus tard, la salariée sera aperçue à nouveau avec la même veste. Elle refusera de l’enlever, malgré l’ordre donné par la directrice.

L’arbitre estime que l’employeur était justifié de retourner à la maison une employée qui refuse de se conformer à sa politique et, par le fait même, de retrancher de sa paie les heures non travaillées.

Se dévêtir

N’étant pas à son premier avertissement, un préposé à l’entretien dans une halte routière a été surpris par son supérieur à exécuter ses tâches sans son chapeau, sa veste et ses bottes de sécurité.

Son explication voulant que la rosée du matin eût mouillé ses chaussettes, rendant nécessaire de retirer tous ses vêtements de sécurité en plein après-midi, n’a pas été jugée crédible par le décideur. Celui-ci a confirmé la suspension d’une journée imposée par l’employeur.

Rappels

  • Rien n’empêche l’employeur d’assouplir son code vestimentaire en saison estivale ou lors de vendredis décontractés, sous réserve des contraintes en matière de santé et sécurité ou d’hygiène. À ces occasions, il aurait intérêt à tracer des balises claires.
  • Selon le Code de sécurité pour les travaux de construction, il est interdit de travailler torse nu sur un chantier puisqu’un chandail doit couvrir entièrement le torse et le dos du travailleur.
  • Lorsque l’employeur rend obligatoires des vêtements identifiant le salarié à son entreprise, il doit les fournir gratuitement.
  • De plus, l’employeur ne peut pas imposer l’achat de vêtements ou d’accessoires dont il fait le commerce.
  • En milieu syndiqué, il demeure possible de déposer un grief contestant la validité d’un code vestimentaire, si celui-ci porte atteinte, par exemple, à la liberté d’expression ou au droit à la vie privée des salariés de façon injustifiée.