/news/currentevents
Navigation

Le cri du cœur d’un père aux jeunes téméraires

Son garçon de 21 ans est décédé dans un accident de VTT lundi, en Outaouais

Kevin Lalonde, 21 ans, a toujours été un amateur de bolides et de sensations fortes, selon son père. Plus jeune, il s’intéressait beaucoup aux chevaux.
Photo tirée de Facebook Kevin Lalonde, 21 ans, a toujours été un amateur de bolides et de sensations fortes, selon son père. Plus jeune, il s’intéressait beaucoup aux chevaux.

Coup d'oeil sur cet article

Un père endeuillé tient à mettre en garde les jeunes amateurs de sensations fortes qu’ils ne sont pas invincibles, deux jours après la mort de son fils dans un accident de VTT, en Outaouais.

« Si mon message peut faire réfléchir un ou deux jeunes qui, comme mon fils, poussent toujours la machine trop loin, il ne sera pas mort en vain », lance Pascal Lalonde.

Son garçon Kevin a perdu la vie dans la nuit de dimanche à lundi, alors qu’il revenait d’un party. Le jeune homme de 21 ans roulait en véhicule tout-terrain (VTT) sur le 4e Rang, à Lac-Simon, lorsqu’il a perdu le contrôle de son bolide. Il a été retrouvé dans un fossé après qu’un passant eut découvert des débris sur la chaussée, explique le père.

La sortie de route a eu lieu à moins de 31 mètres de la résidence des grands-parents de Kevin, chez qui il allait dormir, se désole M. Lalonde.

Un casque a été retrouvé sur les lieux, mais les autorités ne sont pas en mesure de déterminer si la victime le portait au moment du drame, a indiqué la Sûreté du Québec.

Selon M. Lalonde, il ne fait aucun doute que la témérité de son fils pourrait être en cause dans cette sortie de route.

« Quand on lui parlait de sa témérité, il nous disait : “il n’y a rien là”. Il n’avait pas peur de défier la mort, il pensait qu’il ne lui arriverait rien », laisse tomber le père.

Kevin Lalonde avec son père, Pascal Lalonde, lors d’un événement de rodéo, il y a quelques années. 
Photo tirée de Facebook
Kevin Lalonde avec son père, Pascal Lalonde, lors d’un événement de rodéo, il y a quelques années. 

Facultés affaiblies ?

Selon lui, son fils pourrait même avoir conduit avec les facultés affaiblies. Les ambulanciers auraient en effet détecté une forte odeur d’alcool, rapporte-t-il.

Et d’ailleurs, si Kevin s’est rendu à son party en VTT, c’est parce qu’il savait qu’il ne pourrait pas conduire sa voiture s’il consommait. L’automobile est munie d’un antidémarreur éthylométrique, conséquence d’une condamnation pour conduite avec les facultés affaiblies en janvier.

Si M. Lalonde accepte de parler publiquement de l’accident de son fils, c’est justement pour dénoncer l’impression d’invincibilité de jeunes hommes comme lui.

« J’ai l’impression qu’il n’y aura jamais assez de publicité sur la drogue et l’alcool au volant. On dirait que ça ne leur entre pas dans la tête », déplore-t-il.

Kevin avait des problèmes de consommation de drogue, mais il essayait de se reprendre en main, raconte son père. Ce dernier, qui a lui-même réussi à régler des problèmes d’abus de substances il y a plusieurs années, l’encourageait constamment.

Son « Petit cowboy »

« J’allais avec lui dans les réunions, je l’accompagnais. Le meilleur que je pouvais lui donner, c’était de l’amour. Jeudi soir, il est venu me donner un coup de main au travail et je l’ai pris dans mes bras et je lui ai dit que je l’aimais », souligne-t-il, ajoutant qu’il appelait son gars « son petit cowboy ».

« C’est parce qu’il a commencé à monter des chevaux vers 5 ou 6 ans. Il était tellement petit que ses pieds ne touchaient même pas les étriers », illustre M. Lalonde, ému.

Il entend d’ailleurs rendre hommage à son fils demain, lors d’un événement rodéo auquel Kevin et lui avaient l’habitude de participer, au Festival western de Saint-André-Avellin.