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Omnium britannique: plan de match parfait

J.B. Holmes sort des blocs en force au Royal Portrush

J.B. Holmes a visiblement bien saisi les subtilités des verts du Royal Portrush, lors de la ronde initiale.
Photo AFP J.B. Holmes a visiblement bien saisi les subtilités des verts du Royal Portrush, lors de la ronde initiale.

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PORTRUSH, Irlande du Nord | Si quelqu’un avait prédit que J.B. Holmes serait aux commandes de l’Omnium britannique après la première ronde, on l’aurait accusé de délire. C’était pourtant le portrait du tableau principal, jeudi soir au Royal Portrush.

L’Américain de 37 ans n’est pas dans son assiette cette année alors qu’il est passé sous le couperet à cinq de ses six derniers tournois en plus de déclarer forfait au Championnat Wells Fargo après une ronde initiale de 80 au début de mai. C’est pourquoi ce soudain regain de vie dans un endroit redoutable est si surprenant.

Jeudi, il a devancé la compétition grâce à une carte initiale de 66 (-5) dans des conditions climatiques imprévisibles. Il détient une priorité d’un coup sur l’Irlandais Shane Lowry et de deux coups sur 14 golfeurs partageant le troisième rang.

Shane Lowry est bon deuxième à -4, un coup derrière le meneur.
Photo AFP
Shane Lowry est bon deuxième à -4, un coup derrière le meneur.

« C’est une saison très difficile, probablement la pire de ma carrière malgré ma victoire à l’Omnium Genesis en février. J’ai connu des ennuis avec mon élan depuis ce temps. Il est toutefois sous contrôle depuis deux semaines », a-t-il relaté.

« Aujourd’hui [jeudi], je n’ai pas manqué mes coups souvent. Quand j’ai raté, c’était aux bons endroits. J’ai bien fait avec mon fer droit. J’ai collé à mon plan de match en l’exécutant à la lettre. Je devais accepter les conditions et ne pas forcer le jeu en attaquant les fanions. Il fallait viser le centre du vert et espérer réussir les roulés », a ensuite expliqué l’auteur de six oiselets et d’un boguey.

Rory McIlroy a connu une ronde pénible. Il s’est d’ailleurs retrouvé en mauvaise posture au 18e trou.
Photo AFP
Rory McIlroy a connu une ronde pénible. Il s’est d’ailleurs retrouvé en mauvaise posture au 18e trou.

La catastrophe pour Mcilroy

On ne sait pas si Rory McIlroy, le grand favori pour remporter cet Omnium britannique, s’est levé du mauvais pied ou du mauvais côté du lit à quelques heures de prendre le départ jeudi matin. Le Nord-Irlandais a amorcé sa ronde avec un pointage de 8 au premier fanion, une normale 4 de 421 verges.

Nerveux sur le tertre, il a poussé sa balle hors limite à la gauche de l’allée. Les piquets blancs de chaque côté de l’allée font jaser cette semaine, car ils sont inhabituels pour délimiter une zone interne appartenant au club de golf. Quoi qu’il en soit, ils y sont depuis belle lurette. McIlroy le savait, lui qui a grandi dans la région.

Tiger Woods a trouvé la journée longue, ayant dû se contenter d’une ronde de 78.
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Tiger Woods a trouvé la journée longue, ayant dû se contenter d’une ronde de 78.

Ce quadruple boguey en ouverture a fait écho à son double boguey sur la redoutable et longue normale 3 de Calamity Corner au 16e ainsi qu’à son triple boguey au 18e fanion. Résultat final : une carte de 79 (+8) le reléguant au 150e rang. Difficile à avaler.

« Je crois qu’un rendement combiné de +7 sur deux trous, c’est mal amorcer un tournoi. Et ce coup de départ, c’est le pire que je pouvais faire », a relativisé la vedette.

Si c’était quasi un billet direct pour un retour prématuré à la maison de West Palm Beach Gardens, en Floride, c’était aussi une entrée automatique au Kelly’s, ce sympathique bar situé tout juste de l’autre côté de Bushmills Road. Question d’oublier ses péchés sur le Dunluce Links avec cet élixir irlandais foncé mieux connu sous l’appellation de Guinness !

Brooks Koepka est encore au plus fort de la lutte, accusant seulement deux coups de retard sur J.B. Holmes.
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Brooks Koepka est encore au plus fort de la lutte, accusant seulement deux coups de retard sur J.B. Holmes.

Rester positif

« Rory » a toutefois préféré rester positif. Du 2e au 15e fanion, il a retranché un coup à la normale. Il a finalement bousillé son travail par une bête et inexcusable gaffe en manquant un très court roulé au 16e. Et un terrible coup de départ au 18e l’a achevé.

« C’est décevant. Je n’ai cessé de répéter cette semaine qu’il faut mettre la balle dans l’allée sur ce parcours si tu veux bien jouer. Je ne l’ai pas fait », a signalé celui qui a trouvé huit des 14 allées.

« Si je peux le faire en deuxième ronde, je vais peut-être pouvoir éviter le couperet pour rester ici ce week-end », a ajouté le champion de l’édition 2014 qui raté les rondes finales une seule fois à ses 11 participations à l’Open.

« Évidemment, je suis persuadé que quiconque démarre avec un 79 ne croit pas gagner. Mais si je ramène une carte de 65 ou 68, je vais pouvoir rester et essayer de créer une étincelle ce week-end. »

L’histoire mentionne que la pire ronde par un éventuel champion de l’Omnium britannique est celle du Nord-Irlandais Fred Daly avec son 78 en deuxième ronde de l’édition 1947 au Royal Liverpool. Et la pire ronde initiale d’un champion, un 74, appartient à Phil Mickelson (2013) et Padraig Harrington (2008).

Emiliano Grillo a réalisé le coup du jour sur la normale 3 du 13e trou. Avec son fer 9 à 194 verges, l’Argentin a réussi un trou d’un coup ; le premier à l’Open depuis celui de Louis Oosthuizen en 2016.

En direct de portrush

Un 14 et un 91 pour un ancien champion

Deux oiselets en démarrant une ronde de championnat majeur n’est pas gage de réussite. Parlez-en à David Duval, qui a vécu un cauchemar en inscrivant un 14 sur une normale 5.

Il n’y a aucun mot assez puissant pour qualifier ce score. Le champion de l’édition 2001 n’est certainement plus le golfeur qu’il était, blessé à un bras, mais un 14 sur l’un des trous les plus faciles du Dunluce Links, le septième, n’est pas digne d’un ancien gardien de la Claret Jug. Pas plus que sa carte de 91 (+20) ponctuée d’un quadruple boguey (au 5e), ce « nonuple » boguey, son triple boguey (au 17e) et ses six autres bogueys.

Une véritable humiliation sur l’une des scènes les plus prestigieuses du golf.

De mauvaises langues s’amusaient à dire que Duval n’était pas sur les ondes de Golf Channel cette semaine, car il devait se concentrer sur l’Open et briser le 90. D’autres racontaient que ses compagnons Corey Conners et Zach Johnson avaient joué une première ronde de pro-am. Le malaise était énorme quand Conners a dû effleurer l’un des sujets chauds de la journée survenu au 7e trou.

En égarant trois balles depuis le tertre, Duval s’est mêlé dans l’ordre de ses balles provisoires. Il a ensuite poussé la mauvaise balle jusqu’au vert, une Titleist 2, sans vérifier la couleur des marques, ce qui lui a valu deux coups de pénalité et un retour au tertre en exécutant son... huitième coup. Six coups plus tard, sa balle était enfin au fond de la coupe. Au moment de signer sa carte, même les officiels tentaient encore de déterminer son score réel.

Ce 14 devient la nouvelle marque à battre, alors que quatre golfeurs partageaient l’ancien pire score de 11.

L’an dernier, Duval avait plié bagage après une ronde initiale de 80 (+9) à Carnoustie. Depuis 2009, celui qui est assuré d’une participation à vie à l’Open n’a résisté au couperet qu’en 2015 à St Andrews. À deux de ses trois plus récentes sorties au Royaume-Uni, il a déclaré forfait. À deux de ses quatre dernières rondes, il n’a pu briser le 80.

Bien qu’on ne peut lui enlever son titre de 2001, il serait temps que l’ancien meneur mondial accroche son sac et ses crampons plutôt que de se couvrir de ridicule en prenant la place d’un jeune golfeur ou d’un professionnel cherchant désespérément à se qualifier. Il est bien meilleur à l’analyse, confortablement assis dans son fauteuil à Golf Channel.