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Reprendre sa vie en main après une mission qui a viré au cauchemar en Afghanistan

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QUÉBEC | À l’été 2009, tout comme des milliers de militaires canadiens, Étienne Aubé était en mission en Afghanistan. Le 16 juillet, alors qu’il était tout près de Kandahar, il a posé le pied sur un engin explosif improvisé, un moment qui a changé à jamais sa vie.

Capture d'écran TVA

Il se souvient de chaque seconde, du moment où il a entendu un «clac» et où il a ensuite été projeté dans les airs. 

La déflagration lui a arraché une partie de la jambe droite, sa jambe gauche a été lourdement endommagée et il a aussi perdu deux doigts. 

 

Capture d'écran TVA

 

«Je sentais que le bas de mon corps était en feu», a-t-il raconté jeudi à TVA Nouvelles. 

Un premier transport en hélicoptère l’a mené d’urgence à Kandahar, où il a subi une première amputation. Quelques jours plus tard, il a fallu l’amputer une seconde fois, cette fois-ci, en Allemagne. 

À son retour au pays, il savait qu’une longue réadaptation l’attendait. 

Étienne Aubé a passé plus de deux ans à guérir son corps, notamment au Centre François-Charron – Institut de réadaptation en déficience physique de Québec pour réapprendre à marcher et apprivoiser sa prothèse. 

Il a toutefois «oublié» les blessures invisibles et psychologiques, qui ont tout de même fini par le rattraper. Il a développé des dépendances aux drogues, puis à l’alcool. 

«Je me suis rendu compte que la morphine soulageait mes douleurs, mais ça mettait aussi un voile sur mes émotions. La colère que j’avais, je la tolérais, la tristesse aussi, je la tolérais. J’ai abusé beaucoup», a confié Étienne Aubé. 

Il lui aura fallu plusieurs thérapies pour venir à bout de ses dépendances. 

Étienne Aubé a été libéré des Forces armées canadiennes en 2015. Il a alors dû faire un autre deuil. 

Se cherchant un nouveau défi, il a décidé de mettre à profit tout ce qu’il a appris. Il travaille désormais dans un centre de thérapie, la Maison d’aide Villa Saint-Léonard, à Saint-Raymond, comme intervenant en toxicomanie. 

Il aide ainsi des gens qui ont eu un parcours semblable au sien. 

Il est fier de lui aujourd’hui et du chemin parcouru. «Ça n’a pas été facile. Je suis fier d’avoir demandé de l’aide à temps. Fier d’avoir appris à écouter et à parler», a-t-il conclu.