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Tensions à Oka: «Il joue avec un revolver chargé et ne sait pas comment s’en servir»

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OKA | Les tensions entre le maire d’Oka et le grand chef de la communauté mohawk de Kanesatake ne semblaient pas s’estomper jeudi.

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Au cœur du litige, des territoires revendiqués par la nation mohawk. Le propriétaire Grégoire Gollin, qui possède 95 % des lots vacants dans ce secteur, a décidé de céder aux Mohawks l’ensemble de ses terrains. 

Certains habitants d’Oka craignent que leur ville devienne enclavée au milieu du territoire mohawk et que des «des cabanes à cigarettes et des cabanes à pot» se retrouvent aux abords de la ville, une perspective qui déplaît au maire, Pascal Quévillon. 

Mercredi, le maire de la municipalité des Laurentides a convié ses concitoyens à une réunion dans l’église locale. Environ 400 personnes ont répondu à l’appel. 

En entrevue avec TVA Nouvelles jeudi matin, le maire d’Oka est catégorique : «On voit un peu ce qui se passe présentement à Kanesatake, et on ne veut pas que ces choses-là descendent chez nous à Oka». 

 

 

Pour sa part, le grand chef Serge Simon déplore qu’Oka se serve des problèmes sociaux vécus par sa communauté et de l’inaction du fédéral pour «promouvoir son développement et les intérêts de sa communauté». 

«On parle de réconciliation, on parle de développement commun, et lui parle de déclencher une crise d’Oka», a-t-il affirmé, assurant vouloir développer ces terrains en harmonie avec son voisin. 

Une partie du territoire qui pourrait être transféré était au centre de la crise d’Oka de 1990. 

Revolver chargé

Le chef Simon demande d’ailleurs à son voisin okois de «faire un pas en arrière» dans ce dossier. 

«Là, t’es sur le bord du précipice, a-t-il dit. Ne fais pas un autre pas. La prochaine marche va être basse. Il peut déclencher quelque chose qu’il n’avait pas l’intention de faire. Il joue avec un revolver chargé et il ne sait même pas comment s’en servir.» 

Pour le principal intéressé, il serait important de «changer la mire de place». «Le vrai coupable dans ce dossier, c’est le gouvernement fédéral et son inaction depuis plusieurs années, a ajouté Pascal Quévillon. On essaie de me faire porter le chapeau, mais depuis plusieurs années, j’essaie de discuter avec le gouvernement fédéral, le gouvernement provincial, et on n’a aucune écoute.» 

Selon lui, au niveau provincial, le dossier des terres d’Oka est une «grosse patate chaude dont personne ne veut s’occuper». 

«On est un peu laissé à nous-mêmes dans ce dossier-là et c’est très malheureux, a-t-il ajouté. Moi, Pascal Quévillon, je suis le maire d’Oka et je vais représenter mes citoyens, je vais faire respecter leurs droits, aujourd’hui en 2019. Personne ne peut me reprocher ça.» 

 

 

Dialogue?

Pour sa part, la ministre québécoise des Affaires autochtones, Sylvie D'Amours, a demandé au maire Quévillon de modérer ses déclarations et d’éviter de dire certaines choses publiquement. 

Le maire assure avoir invité le grand chef Simon à dîner la semaine prochaine, «quand bon lui semblera». 

Pour le représentant de Kanesatake, il est important d’arriver à se parler, mais le ton doit changer. «Si on garde le dialogue ouvert entre les deux communautés, on va trouver une solution éventuellement, croit-il. Parler comme le maire fait, c’est absolument irresponsable.»

«Irresponsable de faire planer le risque d’une autre crise»

L’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) a lancé jeudi un appel au calme et appelle les protagonistes des tensions à Oka à donner une chance au dialogue.

Le chef de l’APNQL, Ghislain Picard, croit qu’il est «irresponsable à ce moment-ci de faire planer le risque d’une autre crise d’Oka».

L’Assemblée a salué dans un communiqué la décision du propriétaire du domaine des Collines, Grégoire Gollin, «qui, dans un esprit d’ouverture et de réconciliation, a convenu de céder une partie des terres qui étaient au cœur de la crise de 1990».

Ghislain Picard a aussi souligné «l’ouverture du grand chef Serge Simon» tout en jugeant «préoccupante la situation qui oppose le maire de la municipalité d’Oka et la communauté de Kanesatake».