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Une veuve n’aurait pas peur de voler encore

Son mari a péri dans l’écrasement à Chibougamau

JACQUES BISSONNETTE
Photo courtoisie

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LA MINERVE | La veuve d’un des passagers décédés dans l’écrasement survenu vendredi à Chibougamau ne craindrait pas de reprendre un hydravion.

« Ça ne me fait pas peur, mais ça m’attriste qu’il y en ait autant [d’écrasements d’avions] dernièrement. Il faut s’assurer du système météo et se donner les conditions gagnantes [pour voler] », laisse tomber Jocelyne Bissonnette.

Son mari Jacques a péri il y a moins d’une semaine, lorsque l’avion dans lequel il prenait place avec trois autres hommes s’est écrasé près de Chibougamau, dans le Nord-du-Québec.

Dévastée

Rencontrée mardi soir à sa résidence de La Minerve, dans les Laurentides, la sexagénaire faisait preuve d’une grande résilience. Celle qui a déjà embarqué dans un petit avion aux côtés de son époux a confié au Journal qu’elle ne craindrait pas se retrouver à nouveau dans un tel appareil.

« Nos heures sont calculées, philosophe-t-elle, tout de même dévastée par la perte de celui qu’elle surnomme affectueusement “mon homme”. Il faut que j’accepte l’inacceptable. Je ne sais pas comment je vais le vivre, plus tard. »

Vendredi dernier, le conseiller municipal de 69 ans et trois de ses amis devaient se rendre au lac Wakewatin pour un week-end de pêche. M. Bissonnette devait revenir au plus tard lundi, pour célébrer son 47e anniversaire de mariage avec sa douce.

Mais la température changeante a réservé aux voyageurs une fin tragique en fin d’après-midi. Claude Laplante et le pilote James Duggan ont aussi péri lors du crash.

Seul Mark D. Goldman a survécu à cet accident, survenu près du lac Boulène.

Une belle vie

Réveillée dans la nuit par un appel de la Sûreté du Québec, Mme Bissonnette a vite compris que quelque chose de grave venait de se produire. Sous le choc, elle a peiné à composer le numéro de rappel.

« Je me suis dit : ‘‘prépare-toi’’. Je savais que la nouvelle allait être désastreuse », souffle-t-elle, bouleversée.

Deux jours après le drame, M. Goldman lui a détaillé ce qu’il a vécu.

« Ce qui m’aide à l’accepter, c’est que Jacques a fait une belle vie. On a eu 15 années de retraite », relativise Mme Bissonnette. 

Cette dernière a retenu du témoignage du survivant que son mari avait le visage serein, dans la carcasse du Beaver.

« C’était la première fois qu’il prenait un appareil aussi gros et sécuritaire, ironise-t-elle. J’avais vu la météo. Je me disais qu’ils n’auraient pas beaucoup de temps. Ils n’ont même pas pu pêcher. »

« Peut-être qu’il avait fini sa mission ici », conclut la veuve de celui qui aidait toute la municipalité.