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Le gouvernement fédéral doit en faire plus pour aider les médias

Les mesures d’Ottawa jugées discriminatoires envers certaines entreprises

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Le plan d’aide aux médias annoncé par le gouvernement Trudeau ne suffit pas, a tranché hier un groupe d’experts, qui demande à Ottawa de le bonifier substantiellement.  

Prise à la gorge par des « médias numériques appartenant à des intérêts étrangers comme Google et Facebook », l’industrie des médias a besoin de davantage d’aide, tranche le Groupe indépendant d’experts sur le journalisme et la presse écrite.    

Dans un rapport remis aux ministres du Patrimoine et des Finances, ce panel demande à Ottawa de revoir à la hausse les crédits d’impôt sur la masse salariale des entreprises médiatiques, et ceux pour les citoyens qui s’abonnent à des publications numériques.    

Il juge également qu’Ottawa doit revoir ses pratiques d’achat publicitaire pour consacrer jusqu’à 50 % de son budget aux médias de nouvelles écrites canadiennes.    

« Le gouvernement consacre peu d’argent à ces plateformes, tout en allouant des fonds à des entreprises numériques étrangères qui ne financent pas les salles de presse canadiennes », a déploré le groupe d’experts.    

Surprise, la loi adoptée récemment empêche par ailleurs des fondations charitables indépendantes comme celle du quotidien Le Devoir de remettre des reçus fiscaux.    

Au Québec, un seul média, La Presse, serait ainsi admissible à la remise de reçus fiscaux.    

S’exprimant en entrevue jeudi, le directeur du quotidien Le Devoir, Brian Myles, était furieux    

« Tant mieux si La Presse peut avoir un pied dans la philanthropie, on ne peut pas leur en vouloir. Mais j’en ai contre le gouvernement qui a accouché d’un système qui nous écarte. C’est contraire à toutes les assurances que l’on avait eues. Ça favorise un seul média et ça exclut tous les autres. »    

  

La direction de Québecor, qui édite Le Journal de Montréal, Le Journal de Québec ainsi que le 24h, a quant à elle souhaité « prendre connaissance du rapport » avant de se prononcer.    

Rien avant les élections  

Face aux critiques, un porte-parole du ministre du Patrimoine Pablo Rodriguez a cherché à se faire rassurant.    

« Le panel nous demande d’avancer rapidement pour appuyer le journalisme. C’est ce qu’on va faire. Cette recommandation (d’inclure les fondations comme celle du Devoir) à plus long terme demande un nouveau projet de loi, alors on va prendre le temps de l’analyser », a indiqué Simon Ross.    

Dans les faits, toutefois, rien ne pourra être fait avant les élections générales d’octobre, ce qui repousse encore pendant de nombreux mois l’aide attendue par l’industrie de la presse en crise.