/travel/autres-destinations
Navigation

Nxai et Makgadikgadi: Inondations du passé et plaines d’aujourd’hui

Guépard dans le pan de Nxai.
Photo courtoisie, Benjamin Dy Guépard dans le pan de Nxai.

Coup d'oeil sur cet article

Au coeur de l’Afrique australe, au nord-est du Botswana, s’étendent à perte de vue de grands territoires sauvages, parfois sous la forme de vastes étendues de sel ­complètement désertiques.

On y retrouve notamment le pan de Makgadikgadi (8000 km2) et, dans une moindre mesure, de Nxai (3000 km2). Ces déserts de sel se sont formés il y a quelques milliers ­d’années à partir des dépôts salins d’anciens lacs ­alimentés par le fleuve Okavango.

Depuis, ce fleuve n’atteint plus ces lacs et se jette dans un delta intérieur situé plus au nord-ouest. Cependant, la rivière Boteti, qui est un des affluents de l’Okavango, coule à ­nouveau lors de ses crues depuis une ­dizaine ­d’années sur la limite ouest du parc national ­Makgadikgadi.

Éléphants d’Afrique dans la savane de Makgadikgadi.
Photo courtoisie, Benjamin Dy
Éléphants d’Afrique dans la savane de Makgadikgadi.

Dans cette zone de grandes plaines se rassemblent, selon les saisons, des milliers d’herbivores, ­principalement des zèbres et des gnous. Du bush plus dense émergent également de nombreux dos ­d’éléphants ainsi que des têtes de ­girafes ­venues profiter de cette ­renaissance ­végétale. ­Ainsi, de grandes voies ­migratoires sont encore utilisées par la faune sauvage entre le delta de l’Okavango et ces régions où abondent sporadiquement les pâturages.

À ce titre, comme un secret bien ­gardé, environ 25 000 zèbres y effectuent chaque saison des pluies l’une des plus grandes migrations ­d’herbivores du continent africain.

Ces troupeaux, qui entraînent dans leur sillage de nombreux groupes de lions, remontent ensuite ­rapidement vers le nord et les sources d’eau continues de l’Okavango et du Kwando. En effet, après les pluies, la valeur ­nutritive des premières repousses s’amenuise rapidement et ne comblent plus les besoins alimentaires massifs du troupeau de zèbres.

Piste dans la savane de Makgadikgadi.
Photo courtoisie, Benjamin Dy
Piste dans la savane de Makgadikgadi.

PARADIS FAUNIQUE

Dans la région immédiate de ces pans ­désertiques, de nombreuses « mares ­salées » de plus petite taille forment des pans de savane séparés les uns des autres par un désert de sable.

Le pan de Nxai, situé plus au nord que ­Makgadikgadi, est une alternance de ­magnifiques étendues de savane très­ planes et de zones de bush.

Ces plaines sont un véritable paradis pour les ­guépards qui y trouvent un terrain de chasse idéal, car ils peuvent pourchasser les springboks, une antilope sauteuse, sur de grandes distances sans obstacle de végétation pour gêner leur course.

Zèbres dans le pan de Nxai.
Photo courtoisie, Benjamin Dy
Zèbres dans le pan de Nxai.

On peut aussi apercevoir le caracal, furtif félin, en ­lisière de ces ­différents milieux.

À la fin de la saison des pluies en avril et mai, la végétation est encore abondante et les springboks, mais aussi les impalas, sont relativement nombreux.

Même les ­éléphants trouvent encore à cette période de l’année l’eau nécessaire à leur ­subsistance dans des accumulations naturelles ­disséminées à travers le bush.

Éléphant d’Afrique se projetant de la poussière à la tombée du jour.
Photo courtoisie, Benjamin Dy
Éléphant d’Afrique se projetant de la poussière à la tombée du jour.

Certaines parties de ces pans sont toujours ­recouvertes d’une fine pellicule d’eau où se reflètent, comme dans un miroir, le ciel et les baobabs millénaires présents sur certaines rives.

Cependant, en avril, il est alors déjà trop tard pour admirer les milliers de ­flamants roses qui sont venus se reproduire en ces lieux, déjà repartis vers d’autres contrées ­africaines. Ils ne séjournent en effet ici que durant les mois les plus pluvieux, soit de décembre à mars, mais à cette période, les pistes sont ­difficilement praticables et ­pénétrer dans ces étendues sauvages relève de ­l’expédition. Les probabilités ­d’enlisement de véhicule sont alors ­infiniment plus ­importantes qu’au début de l’automne et de la saison sèche.

Outarde kori au petit matin.
Photo courtoisie, Benjamin Dy
Outarde kori au petit matin.

DÉSERT ARIDE

Dès juin, l’hiver ­austral et l’aridité s’installent, et les temps d’abondance et de luxuriance végétale ne seront plus qu’un souvenir jusqu’à ­décembre.

Ces espaces arides et semi-arides aux mille teintes, en plus d’être un paradis pour la faune, appellent d’eux-mêmes à la méditation.

Girafe dans le pan de Nxai.
Photo courtoisie, Benjamin Dy
Girafe dans le pan de Nxai.

L’étendue des territoires et la silhouette des troupeaux d’éléphants qui passent dans ces paysages de bout du monde font de cette expérience une ­véritable communion avec ce patrimoine naturel africain hors norme.

Les cycles ­naturels de la vie sauvage semblent s’y organiser chaque jour comme ils le font depuis des temps ­immémoriaux.

La ­fréquentation humaine des lieux est minime et la ­solitude devient une expérience ­quotidienne. Il est rare d’y croiser d’autres véhicules.

C’est là que réside la grande ­richesse d’un voyage de découverte des zones sauvages botswanaises !


► Benjamin Dy est biologiste et ­photographe de faune sauvage. Il prend plaisir à parcourir des territoires peu explorés.

Conseils

Comme très souvent dans ce pays, en plus de prendre plus d’eau et de vivres que prévu pour vos immersions dans le bush, pensez également à emmener non pas un, mais deux GPS routiers programmés avec les excellentes cartes T4Africa. Un téléphone satellite est également indispensable pour se lancer plus sereinement dans une immersion en autonomie complète dans ces immensités africaines.