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Un retour en région bien pensé

Une travailleuse sociale et son mari ont créé leur propre ferme maraîchère biologique

Denis Morais et Marie-Hélène Côté avec leurs trois enfants, Élie, Jeanne et Rachel, qui montrent fièrement quelques légumes produits sur leur ferme, Les Potagers Mycobio.
Photo courtoisie Denis Morais et Marie-Hélène Côté avec leurs trois enfants, Élie, Jeanne et Rachel, qui montrent fièrement quelques légumes produits sur leur ferme, Les Potagers Mycobio.

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Marie-Hélène Côté et son mari, Denis Morais, travaillaient à Québec quand ils ont décidé de démarrer une ferme maraîchère biologique, Les Potagers Mycobio, dans le Bas-Saint-Laurent.

Un projet d’affaires, cela se prépare. Surtout quand il implique de déménager ses pénates.

« Tous les deux, nous avions la passion de l’agriculture et un désir profond de revenir dans notre région natale. Avoir notre entreprise, c’est un projet que l’on a mûri pendant quelques années avant de trouver le bon moment pour foncer », explique Marie-Hélène Côté

L’occasion s’est présentée en 2011 quand ils ont déniché une ferme à vendre à Saint-Luc, un village situé près de Matane. Ils ont alors vendu leur maison et démissionné de leur poste respectif, elle comme travailleuse sociale à l’Hôtel-Dieu de Lévis, et lui comme agronome au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ).

« Cela a été un changement de vie drastique. On se retrouvait les deux sans emploi avec une ferme à mettre en culture », raconte Marie-Hélène.

Ils savaient quand même un peu dans quoi ils s’embarquaient. En tant qu’agronome, Denis Morais pouvait mettre ses connaissances en pratique. Le couple s’était aussi déjà lancé dans la production maraîchère à petite échelle en cultivant un jardin communautaire. Une expérience qui leur avait prouvé qu’ils étaient sur la bonne voie.

Lui a pu profiter du programme Soutien au travail autonome d’Emploi Québec pour monter le plan d’affaires. Quant à Marie-Hélène, elle a travaillé à temps partiel comme postière pendant quelques années avant de se consacrer à 100 % aux travaux de la ferme. Ils ont aussi eu l’aide de la Financière agricole pour la construction de bâtiments.

Nourrir les familles

C’est ainsi que depuis 2012, Les Potagers Mycobio pratique l’agriculture soutenue par la communauté. L’entreprise offre des paniers de légumes certifiés biologiques, frais et variés, avec une formule d’abonnement. La première année, elle a desservi 25 familles, ce qui était l’objectif de départ.

« Les gens ont tout de suite embarqué dans notre projet alors que la distribution de paniers n’était pas un concept encore très répandu. Ils sont de plus en plus soucieux de la provenance et de la qualité des produits qu’ils achètent. On leur apporte une solution. »

Un succès qui ne s’est jamais démenti depuis. Cette année, 70 familles sont abonnées aux paniers de Potagers Mycobio qui sont distribués pendant 15 semaines, de juillet à octobre. Le couple vend également ses produits au marché public et à des restaurants de la région.

Il cultive plus d’une cinquantaine de légumes et de fines herbes sur près d’un hectare et demi. En 2019, il veut accroître la culture de pousses en serre grâce à de nouvelles installations.

Il y a toutefois un projet que les deux maraîchers n’ont pu réaliser encore : se lancer dans la production de champignons.

« C’est notre objectif depuis le début. C’est d’ailleurs ce qui a inspiré le nom de la ferme. Mais pour le moment, on est trop accaparé par la production de légumes. Il y a aussi que c’est une culture qui n’est pas facile, elle se prépare sur plusieurs années », explique Marie-Hélène.

En attendant, ils font la cueillette de champignons forestiers sur leur propre terre.

Une aventure familiale

Après sept ans, ils sont toujours aussi heureux de leur décision de se lancer en affaires.

« Cela comble nos aspirations de départ. On fait tout de A à Z, et on en retire beaucoup de satisfaction. Nos enfants ont la chance de grandir sur la ferme, ils nous aident dans certaines tâches comme la vente au marché. »

« Le défi, c’est de produire une grande diversité de légumes dans le climat de la région. La période estivale est courte, les semaines de travail sont intenses à l’été », explique Marie-Hélène qui apprécie le soutien de l’écosystème entrepreneurial de la région, un élément qui fait une différence, selon elle.

Marie-Hélène Côté, 38 ans

  • Baccalauréat en Service social, Université Laval, 2002
  • Travailleuse sociale, Hôtel-Dieu de Lévis, 2002 à 2011
  • Factrice, Postes Canada, 2012 à 2014
  • Cofondatrice de Potagers Mycobio, 2011

UNE DE NOS MEILLEURES DÉCISIONS

« De démarrer l’entreprise. C’est devenu une aventure familiale. »

UNE DE NOS PIRES DÉCISIONS

« Si c’était à recommencer, on s’établirait sur un terrain plat. Notre ferme est tout en pente. Le panorama est exceptionnel, mais c’est un défi supplémentaire de cultiver nos terres. »