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Des sinistrés craignent une infestation de rats

Les résidents veulent qu’on fasse le ménage avant que la vermine ne s’installe

Inondations 2019
Photo Stéphane Sinclair Des citoyens de Sainte-Marthe-sur-le-Lac s'inquiètent de l'apparition de rats depuis les inondations qui ont frappé la municipalité en avril dernier. Sur la photo : le 20 juillet 2019 STÉPHANE SINCLAIRLE JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI Sur la photo Doris Plante

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SAINTE-MARTHE-SUR-LE-LAC | Des résidents craignent d’être envahis par des rats et la vermine si les maisons mobiles abandonnées depuis les inondations d’avril ne sont pas détruites et que les matériaux ne sont pas jetés rapidement.  

«Ma femme a vu passer trois gros rats et ce n’est pas la seule qui en a vu. Si la municipalité ne vient pas s’occuper des maisons abandonnées, on risque d’avoir un gros problème», assure Robert Pépin, un résident du parc de maisons mobiles. 

Des amoncellements de débris jonchent plusieurs terrains depuis les inondations du 29 avril. Ces scènes de désolation ont aussi attiré les voleurs.
Photo Stéphane Sinclair
Des amoncellements de débris jonchent plusieurs terrains depuis les inondations du 29 avril. Ces scènes de désolation ont aussi attiré les voleurs.

 

Le sexagénaire fait partie des 6000 personnes inondées en avril dernier, mais l’intérieur de son domicile a été épargné. Il a pu le réintégrer comme quelques autres voisins dans sa situation. Cependant, il craint maintenant d’être infesté de rats.  

«On n’a pas besoin de ça après ce qu’on a vécu», lance-t-il.  

André Poitras a lui aussi pu regagner sa maison après le retrait des eaux en mai. Il patrouille dans le parc de maisons mobiles régulièrement.  

«L’autre soir, il y en avait plusieurs qui déambulaient ensemble sur ce terrain. On en voit de plus en plus», dit-il.  

Plusieurs sinistrés ont abandonné de la nourriture, attirant les rongeurs et les mouches.  

Plus d’électricité  

«Il y a des réfrigérateurs qui ont été renversés. Il n’y a plus d’électricité depuis les inondations», explique-t-il. 

Doris Plante montre le trou béant où était installé son climatiseur avant le passage de pillards­­­.
Photo Stéphane Sinclair
Doris Plante montre le trou béant où était installé son climatiseur avant le passage de pillards­­­.

Doris Plante, une sinistrée, nous a montré la nourriture qui est restée dans son frigo depuis le 29 avril.  

Avec la chaleur accablante des derniers jours, les animaux indésirables y ont flairé la bonne affaire.  

Les résidents espèrent que les autorités vont venir vite détruire les maisons abandonnées et ramasser les détritus par la suite. Lors du passage du Journal hier, des amoncellements de débris jonchaient des terrains.  

La municipalité a mentionné à M. Pépin qu’elle commencerait les travaux après les vacances de la construction.  

1000 bébés par année  

«J’espère qu’il ne sera pas trop tard. Une femelle peut avoir une portée tous les 28 jours», lance-t-il avec inquiétude.  

«Une femelle peut avoir plus de 1000 bébés par année, confirme Bernard Meilleur, exterminateur chez Extermination Rive-Nord. Ça donne une idée des problèmes à venir si la Ville attend trop».  

Ce dernier explique qu’il est impératif de tout ramasser, de détruire les maisons rapidement et de nettoyer les terrains avant même de pouvoir penser à exterminer les rats.  

Il rappelle que les rats sont porteurs de maladies et de parasites nuisibles aux humains.  

Les voleurs sont d’autres bêtes indésirables  

Il n’y a pas que les rats qui dérangent à Sainte-Marthe-sur-le-Lac. Des pilleurs ont profité de l’absence des propriétaires pour venir se servir dans les résidences des sinistrés.  

Doris Plante n’en revenait pas lorsqu’elle est rentrée dans son ancien domicile du parc de maisons mobiles.  

«Regardez le trou dans le mur, ils ont arraché mon climatiseur. Ils ont volé ma vieille radio antique et ils sont partis avec le lavabo de la salle de bain. Ça prend des sans-cœur pour faire ça. Mais je ne comprends pas pourquoi ils n’ont pas pris le four et le micro-onde, ils n’ont jamais touché à l’eau. C’est spécial», lance la dame, qui a habité dans cette maison pendant 38 ans. 

André Poitras. Citoyen
Photo Stéphane Sinclair
André Poitras. Citoyen

André Poitras, un résident du secteur depuis 1977, a décidé de monter la garde. Il patrouille avec une voiturette de golf électrique et il avise les policiers lorsqu’il voit quelque chose de louche.  

«L’autre jour, on a intercepté une femme qui sortait du métal d’une maison. Elle nous a dit qu’elle faisait ça pour nourrir ses deux enfants. La maison appartient toujours à son propriétaire. C’est du vol», se désole-t-il.  

Le retraité a contacté la police qui est rapidement intervenue.  

Laissez-les tranquilles  

«Ils nous ont demandé si on voulait porter plainte. On ne l’a pas fait cette fois-ci parce qu’elle nous a eus avec les sentiments en nous parlant de nourrir ses deux enfants», explique l’homme.  

Cependant, il jure que cela ne marchera pas avec les autres.  

«Il y a plein de gens qui se sont fait voler dans le secteur. Est-ce possible d’avoir un peu d’humanité? demande Robert Pépin, qui est lui aussi intervenu. On a vécu un drame, il y a des familles brisées, des divorces, des faillites, des dépressions, des gens mal en point qui étaient heureux avant le 29 avril. Pouvez-vous les laisser tranquilles en ne venant pas voler dans leur maison?»  

La Régie de police du Lac des Deux-Montagnes n’a pas constaté une augmentation des vols.  

«Il faut que les propriétaires portent plainte, et il faut aussi qu’ils sachent qu’ils ont été volés. Plusieurs ne sont pas revenus depuis des semaines», a expliqué le porte-parole, Christopher Harding.