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Des victimes de diffamation pourraient perdre 20 000$

Une entreprise a été victime de fausses allégations sur Facebook

Les copropriétaires de G&B Maternité, Marie Lavigne et Antoine C
Photo Amélie St-Yves Les copropriétaires de G&B Maternité, Marie Lavigne et Antoine Chouinard-Lavigne, discutent des conséquences qu’a eues la campagne de salissage sur les réseaux sociaux, au sujet du manchon d’allaitement.

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Une mère et son fils dont l’entreprise a été victime d’une campagne de salissage sur Facebook craignent de ne rien toucher des 19 500 $ que deux coupables ont été condamnées à leur payer.  

G&B Maternité, de Saint-Jean-De-Matha dans Lanaudière, bat de l’aile depuis qu’elle a englouti 25 000 $ en frais d’avocats pour faire taire ses détracteurs sur les réseaux sociaux.  

Les copropriétaires, Marie Lavigne et son fils Antoine Chouinard-Lavigne, ont eu droit à 19 500 $ en dédommagement de la part de deux femmes pour diffamation. Or, la faillite récente de l’une d’elles risque de leur faire tout perdre.  

«C’est toute l’injustice de ça qui me met hors de moi», laisse tomber Mme Lavigne en entrevue avec Le Journal, dimanche.  

Les fausses allégations devenues virales en 2016-2017 soutenaient que G&B Maternité contrevenait à la Loi sur les brevets en vendant des manchons d’allaitement semblables à ceux de Justine Claveau, une autre artisane québécoise. Ces objets permettent à une mère de glisser son bras dans un coussin où repose la tête du bébé lors de l’allaitement.  

Critiques non fondées  

Mme Claveau et son amie Annie Cantin ont tour à tour écrit leur frustration sur Facebook, accusant plus ou moins directement G&B Maternité de ne pas respecter la loi, selon un jugement rendu en janvier.  

Des mères se sont ainsi mises à critiquer publiquement la compagnie sur les réseaux sociaux, de même que les boutiques qui vendaient les manchons controversés. L’entreprise s’est même vu refuser le droit de vendre ses produits à un salon de la maternité.  

Or, Justine Claveau n’a jamais été détentrice d’un brevet pour ses innovations, selon le jugement qui a condamné les deux femmes pour diffamation.  

«Les notifications n’arrêtaient plus. Tu ne dors pas et tu te demandes : “Demain matin, de quoi ça va avoir l’air ?”», se souvient Antoine Chouinard-Lavigne.  

Il ne croit pas avoir directement perdu beaucoup de contrats, mais il a passé des heures au téléphone à rassurer les clients, et des journées entières sur les réseaux sociaux à tenter d’expliquer la situation.  

Justine Claveau a fait faillite en mai selon des documents obtenus par Le Journal. Ce nouveau rebondissement fait craindre à Mme Lavigne et son fils de ne jamais voir la couleur de leur argent.  

Douteux  

Justine Claveau avait fait affaire avec Christian Varin, de la Fédération des inventeurs du Québec, pour faire breveter son innovation. Elle a affirmé au Tribunal qu’elle croyait vraiment être titulaire d’un brevet. Christian Varin fait d’ailleurs l’objet d’un recours collectif actuellement pour avoir présumément fraudé des inventeurs québécois.  

«Peut-être a-t-elle effectivement été victime des agissements frauduleux de monsieur Varin, mais cela n’explique pas tout», a souligné le juge Jimmy Vallée.  

Justine Claveau et Annie Cantin n’ont pas souhaité commenter.