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Pas de répit pour Laurence Fournier-Beaudry et Nikolaj Sorensen

Pas de répit pour Laurence Fournier-Beaudry et Nikolaj Sorensen
Photo d'archives AFP

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Malgré l’arrivée de la belle saison, les patineurs artistiques Laurence Fournier-Beaudry et Nikolaj Sorensen continuent de travailler sans relâche dans la fraicheur de l’aréna du complexe Gadbois, à Montréal. La prochaine saison s’annonce riche en défis pour le nouveau couple de danseurs canadiens, qui est bien déterminé à saisir sa chance.

Après avoir représenté le Danemark pendant plusieurs années, Fournier-Beaudry et Sorensen ont complété, en janvier, la pause d’un an de compétitions internationales imposée par l’ISU avant de poursuivre leur carrière sous les couleurs canadiennes. C’était pour eux la seule façon de garder leur rêve olympique vivant puisque le Danemark a refusé la demande de citoyenneté de la Québécoise de 26 ans.

Le Canada s’est montré plus accueillant envers Sorensen, qui obtiendra sa nouvelle citoyenneté en 2020. Le couple doit néanmoins se maintenir parmi les trois meilleurs au pays pour avoir la chance de patiner sur la scène internationale. Une tâche qui ne s’annonce pas de tout repos.

«Quand on patinait pour le Danemark, il n’y en avait pas de compétition à l’intérieur du pays, a raconté Sorensen dans un français impeccable. Au Canada, il y a plus de clubs de patinage [2200] qu’il y a de patineurs au Danemark [1700].»

La profondeur de son sport au Canada, il l’a constatée aux derniers championnats nationaux, qui ont eu lieu en janvier à Saint John.

«Ça a été le choc de la réalité. C’est une grosse compétition et le feeling était comme quand on faisait les championnats européens, a confié l’athlète de 30 ans. Pour tous les deux, ç’a été la compétition la plus stressante de notre vie. Je suis tombé malade deux semaines avant, j’avais mal au bras, tout allait mal. Mais ça s’est bien passé.»

Fournier-Beaudry et Sorensen ont gagné leur pari en terminant troisièmes, derrière les Ontariens Kaitlyn Weaver et Andrew Poje, et Piper Gilles et Paul Poirier. Deux mois plus tard, à Saitama au Japon, ils ont réussi leur meilleure performance en carrière aux Mondiaux en se classant 10e.

Maintenir le cap

Malgré leurs débuts remarqués avec l’équipe nationale canadienne, Fournier-Beaudry et Sorensen ne tiennent rien pour acquis. Ils savent que tout sera à recommencer dans quelques mois, aux Championnats canadiens, où la lutte sera féroce pour l’obtention d’un des trois laissez-passer pour les prochains Mondiaux. C’est pourquoi ils veulent profiter de cet élan pour préparer leur prochaine saison et élaborer leurs nouveaux programmes.

«On est très excités en vue des Mondiaux qui auront lieu à Montréal pour la première fois depuis 1932. Et comme on s’entraîne ici, beaucoup de gens pourront venir nous voir. Peu d’athlètes ont cette chance», a dit Sorensen.

Pour mériter leur place, une chaude lutte est à prévoir entre eux et deux autres couples québécois en pleine progression. Il s’agit de Carolanne Soucisse et Shane Firus, quatrièmes aux derniers championnats nationaux, et Marjorie Lajoie et Zachary Lagha, qui ont été sacrés champions du monde chez les juniors en 2018.

Une inspiration

C’est le départ à la retraite de Tessa Virtue et Scott Moir qui a libéré une place sur l’équipe nationale et ouvert la porte à Fournier-Beaudry et Sorensen, qui rêvent de représenter le Canada aux Jeux olympiques de Pékin en 2022. Ces derniers ont tout de même eu un pincement au cœur en voyant partir le couple canadien le plus décoré de l’histoire, avec qui ils s’entraînaient depuis deux ans au complexe Gadbois, sous la supervision de Marie-France Dubreuil et Patrice Lauzon.

«Ils étaient pour nous une inspiration, a raconté Fournier-Beaudry. De voir leur comportement ensemble, comment ils travaillaient, leur éthique de travail... Ils étaient souriants et encourageaient tout le monde. Ils nous ont inspirés et nous ont aidés à mieux travailler ensemble.»