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[PHOTOS] Voici 10 célèbres navires de passage à Québec

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Le port de Québec n’est pas banal. Au fil du temps, il a été le port d’une capitale coloniale et d’une métropole. Au XIXe siècle, il était le sixième en importance au monde. Il a longtemps été la porte d’entrée du continent. Il n’est donc pas étonnant que de célèbres navires aient été amarrés à ses quais, qu’ils aient été de passage ou même construits à Québec. Voici 10 de ces célébrités.

1. L’Orignal

Chantier naval du Cul-de-Sac
Photo Musée de la Civilisation
Chantier naval du Cul-de-Sac

Sous le Régime français, quelques bateaux sont construits à Québec, mais il y en a un en particulier qui est passé à l’histoire. 

En 1746, les autorités coloniales demandent à l’ingénieur militaire Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry d’aménager un chantier naval à l’anse du Cul-de-Sac située sur le site de l’actuel terminal du traversier Québec-Lévis. 

De Léry n’est pas d’accord. Il considère que l’endroit est mal choisi, étant exposé aux vents et aux marées. Les autorités insistent et l’ingénieur doit se soumettre. 

La suite des événements lui donnera raison. En 1750, le maître constructeur de bateaux René-Nicolas Levasseur y construit un premier bateau, l’Orignal

Le 2 septembre, à l’occasion de son lancement, il vient se fracasser contre de puissantes vagues et il coule à pic. Il aura navigué moins d’une minute.

2. Le Lowestoft

Combat de la Pomone contre deux frégates anglaises face à Neuville le 16 mai 1760, par Auguste Etienne François Mayer. Ces frégates étaient semblables au Lowestoft.
Photo Wikimedia Commons
Combat de la Pomone contre deux frégates anglaises face à Neuville le 16 mai 1760, par Auguste Etienne François Mayer. Ces frégates étaient semblables au Lowestoft.

Le 13 septembre 1759, les troupes d’invasion du général James Wolfe remportent la bataille sur les plaines d’Abraham aux dépens des hommes du marquis de Montcalm. Les Français se replient et, le 18 septembre, Québec capitule. 

Pour les Britanniques, la Nouvelle-France n’est pas acquise pour autant. 

Le printemps suivant, le chevalier de Lévis et ses hommes se présentent devant Québec et, le 28 avril 1760, ils remportent la bataille de Sainte-Foy. Les Britanniques retraitent dans la ville fortifiée et le siège débute. 

En réalité, Murray et Lévis ont tous les deux les yeux rivés sur le fleuve puisque le vrai gagnant sera celui qui recevra du ravitaillement. 

Le 9 mai suivant, on aperçoit des voiles à l’horizon. Ce seront celles de la frégate britannique Lowestoft, commandée par le capitaine Deane. 

Jamais l’arrivée d’un navire à Québec n’aura eu autant d’importance.

3. Le Royal-William

Le lancement du Royal-William en 1831
Aquarelle de James Pattison Cockburn
Le lancement du Royal-William en 1831

Au moment de l’apparition des bateaux à vapeur, cette technologie n’était pas au point. C’est pourquoi ces navires étaient toujours munis de mâts et de voiles. Le plus célèbre de ces bateaux hybrides a probablement été le Royal-William

Construit à Québec au chantier de George Black, situé à l’anse du Cap près du Cap-Blanc, il est lancé le 27 avril 1831 en présence du gouverneur Lord Aylmer et d’une foule imposante. Un congé public avait été décrété pour l’occasion. 

Il est passé à l’histoire pour avoir été le premier bateau à avoir traversé l’Atlantique à l’aide de la vapeur seulement, sans l’aide de voiles. 

Parti de Pictou en Nouvelle-Écosse le 18 août 1833, il a mis 25 jours pour atteindre Gravesend sur la Tamise.

4. Le Columbus et le Baron of Renfrew

Le Baron of Renfrew
Photo Bibliothèque et Archives Canada, Collection Peter Winkworth.
Le Baron of Renfrew

Au XIXe siècle, le commerce du bois bat son plein au port de Québec. L’appât du gain pousse le constructeur de navires Charles Wood à imaginer un stratagème pour éviter de payer les tarifs douaniers à l’entrée du bois canadien en Angleterre. 

En 1824, il construit à son chantier de Sainte-Pétronille le Columbus, un quatre-mâts jaugeant 3690 tonneaux. Le navire moyen alors construit à Québec faisait 200 tonneaux. Construit en bois équarri, il devait être démonté une fois arrivé, évitant ainsi les droits de douane, le bateau proprement dit n’étant pas taxé. 

Une fois le navire déchargé, on décide de tenter un nouveau voyage, mais le Columbus était conçu pour n’effectuer qu’une seule traversée. C’est sans surprise qu’il coule en arrivant au Nouveau-Brunswick l’année suivante. 

En 1825, Wood récidive en construisant le Baron of Renfrew. Cette fois-ci, il jauge 5294 tonneaux. Un mastodonte. 

Une fois de plus, c’est l’échec. Il fait naufrage face à Gravelines, sur les côtes françaises. 

Le Baron of Renfrew aura été le plus grand voilier de bois à avoir été construit au XIXe siècle.

5. La Capricieuse

La Capricieuse
Photo Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Fonds l’Action catholique
La Capricieuse

Le 13 juillet 1855, la foule se masse sur la terrasse Durham et sur les quais du port de Québec pour accueillir en grande pompe l’arrivée de la corvette française La Capricieuse

Commandée par le capitaine Paul-Henry de Belvèze, il s’agissait du premier navire de la Marine française à remonter le fleuve Saint-Laurent depuis la chute de Québec survenue près de 100 ans plus tôt. 

Sa venue est l’occasion de grandes fêtes patriotiques dans la capitale et elle marque la reprise des relations diplomatiques entre la France et le Canada. 

Quelques jours plus tard, des restes des soldats qui s’étaient affrontés sur les plaines étaient inhumés à l’endroit qui allait devenir le parc des Braves. Un monument commémoratif en leur souvenir allait y être construit.

6. Le Great Eastern

Le Great Eastern à Milford Heaven, Pays de Galles, dans les années 1870
Photo Wikimedia Commons
Le Great Eastern à Milford Heaven, Pays de Galles, dans les années 1870

Le 6 juillet 1861, le Great Eastern se présente au port de Québec. Sa visite attire des milliers curieux. Il demeure amarré à Québec jusqu’au 6 août suivant et la population peut ainsi le visiter. 

Avec ses six mâts, il s’agissait du plus gros navire jamais construit. Il mesurait 211 mètres de longueur et il était propulsé par deux roues à aubes et une hélice actionnées par un moteur à vapeur. Il pouvait accueillir 4000 passagers et plus de 400 membres d’équipage. 

Il détiendra le record du plus grand bateau de tous les temps jusqu’en 1901. 

En 1864, il est réaménagé pour une mission tout à fait différente. C’est lui qui, en 1866, déroule le premier câble transatlantique entre l’Irlande et le Canada. 

Par la suite, il déroulera cinq autres câbles semblables avant d’être démoli en 1889-1890. Il aura été le premier paquebot à visiter le port de Québec.

7. L’Empress of Ireland

L'Empress of Ireland quittant le port de Québec.
Photo Musée maritime du Québec
L'Empress of Ireland quittant le port de Québec.

Le 26 janvier 1906, l’Empress of Ireland était baptisé dans son chantier naval de Glasgow, en Écosse. 

La même année, son propriétaire, la Canadian Pacific Steamship Company, décidait de faire de Québec le port d’attache de ce nouveau paquebot transatlantique. 

Le 28 mai 1914, l’Empress of Ireland quittait Québec à destination de Liverpool en Angleterre. Quelques heures plus tard, dans la nuit, au large de Sainte-Luce-sur-Mer, il était éperonné par le charbonnier norvégien Storstad

Il coule complètement en 14 minutes; 840 personnes périssent, ce qui en fait une tragédie beaucoup plus importante que celle du Titanic.

8. L’Aleksandr Pushkin

Le Aleksandr Pushkin en 1966
Photo RIA Novosti Archive, Vladimir Perventsev
Le Aleksandr Pushkin en 1966

En 1964, l’Union soviétique lance le paquebot transatlantique Aleksandr Pushkin. Il est construit dans un chantier naval de l’Allemagne de l’Est. 

Le 26 avril 1966, à l’occasion de son voyage inaugural, le Pushkin accostait au port de Québec. Il assurait alors la liaison Leningrad-Montréal, avec escales à Copenhague puis à Londres. 

Arrivé à Québec le matin, le capitaine Aram Oganov rencontre le maire Gilles Lamontagne. Le soir même, il part pour Montréal. C’était la première fois qu’un paquebot russe s’arrêtait à Québec. 

En pleine guerre froide, il avait bénéficié d’une conception particulière. Il était plus puissant que des navires de taille comparable et ses réservoirs de carburants étaient surdimensionnés pour lui donner une plus grande autonomie. En cas de conflit, il aurait servi au transport de troupes et de l’équipement. 

Avec l’éclatement de l’URSS, l’Aleksandr Pushkin a été rebaptisé Marco Polo. Devenu un paquebot de croisière bahamien, il est toujours en service aujourd’hui.

9. Le France

Le paquebot Le France
Photo d'archives de la Compagnie Générale Transatlantique
Le paquebot Le France

Dans le cadre d’Expo 67, le port de Québec accueillait, le 9 mai 1967, le paquebot Le France. Tôt le matin, des milliers de Québécois s’étaient donné rendez-vous sur les plaines d’Abraham pour le voir arriver et s’amarrer au quai de l’anse au Foulon. 

Avec ses 316 mètres, il s’agissait d’un géant. Seul le Queen Mary 2 l’a dépassé. 

Il avait été accueilli par tout le gratin de Québec et par la fanfare du Royal 22e Régiment qui avait interprété La Marseillaise et le Ô Canada

Durant son séjour, 3000 Québécois ont eu la chance de le visiter. Il y aura encore plus de spectateurs pour son départ le 14 mai suivant. 

Lancé en 1962 à Saint-Nazaire, en France, pour le compte de la Compagnie Générale Transatlantique, il aura été le plus beau paquebot de son époque. 

En 1979, il est rebaptisé Norway, puis Blue Lady en 2006. Il est finalement démantelé en Inde en 2007.

10. Le Queen Mary 2

Le Queen Mary 2 à Québec en 2018
Photo d'archives, Didier Debusschère
Le Queen Mary 2 à Québec en 2018

Le RMS Queen Mary 2 est un paquebot transatlantique britannique appartenant à la Cunard Line. Il a été construit aux Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire en France. Sa hauteur équivaut à un édifice de 23 étages. 

En 2004, au moment de son lancement, il s’agissait du paquebot à plus fort tonnage au monde. Depuis, quatre paquebots de la Royal Caribbean Cruise Line l’ont surpassé. Néanmoins, avec son profil classique, il se démarque. 

Le 21 septembre 2004, le Queen Mary 2 honorait le port de Québec de sa présence. Comme c’est toujours le cas dans de telles circonstances, le quartier du port avait été envahi par des dizaines de milliers de curieux. Depuis ce jour, il est revenu à quelques reprises chez nous.

Un texte de Jean-François Caron, historien

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